Adonis Stevenson reboxerait à Québec en avril

Le prochain combat d'Adonis Stevenson pourrait encore se tenir à Québec. Dès avril, dans le vieux Colisée. Andrzej Fonfara obtiendrait un combat revanche.
C'est ce qu'a laissé entendre le promoteur Yvon Michel, tard vendredi soir, après la victoire de Stevenson (25-1, 21 K.-O.) aux dépens de Dmitry Sukhotsky (22-3, 16 K.-O.), mis hors d'état de nuire au cinquième round.
Il s'agissait d'un cinquième triomphe en championnat du monde en l'espace de 18 mois pour le roi des poids mi-lourds (175 lb) du World Boxing Council (WBC). Deux fois en à peine un an, il s'est produit dans l'amphithéâtre sexagénaire de Limoilou. Et il y prend goût.
«Après le combat, c'est Adonis lui-même qui m'a demandé si on allait revenir ici en avril», a révélé Michel. «La dernière fois, la situation était différente. Mais là, je pense qu'il ne veut plus déménager. Je ne pense pas qu'il veuille boxer ailleurs», a souri le promoteur.
Fin novembre 2013, Stevenson avait affronté Tony Bellew à Québec. Dans les jours précédant le gala, son passé de proxénète, pour lequel il a fait de la prison, avait été rebrassé à la sauce médiatique. Ce qui lui avait fait dire qu'il considérait de quitter le Québec.
Né en Haïti, le résidant de Blainville est depuis revenu à de meilleurs sentiments envers sa terre d'adoption. «J'aimerais qu'on revienne à Québec, j'aime bien la place!» a lancé Stevenson, vendredi, dans son point de presse d'après-combat. 
Les 6220 amateurs réunis au Colisée vendredi peuvent décevoir comme assistance. Mais il n'en est rien, assure Michel. «C'est autant que ce qu'on a eu à Montréal contre Fonfara», soit 6342 personnes, le 24 mai dernier.
Le président du Groupe Yvon Michel (GYM) confirme que le prochain adversaire du champion sera un aspirant optionnel à la ceinture, «le mieux classé disponible». Ce qui nous ramène au Polonais de Chicago, cinquième aspirant au trône de «Superman».
Stevenson a déjà exprimé son désir d'obtenir un succès plus franc contre Fonfara (26-3, 15 K.-O.). Le premier duel a été tranché par les juges, après 12 rounds, sa seule victoire par décision à ses 16 dernières sorties, soit depuis qu'il a défait le courageux David Whittom... en 2007!
Deux fois en 2015? 
L'imposition d'une défense obligatoire par le WBC n'atterrira pas sur le bureau de Michel avant neuf mois. Cela devrait engager le vainqueur du choc entre Jean Pascal et Sergey Kovalev, prévu le 14 mars, dans la métropole. La date du 26 septembre serait déjà réservée dans le nouvel amphithéâtre de Québec, qui sera fraîchement inauguré. Michel ne voit pas de problème à revenir dans la capitale deux fois plutôt qu'une en 2015.
Comme le Centre Bell a déjà accueilli Stevenson contre Fonfara et qu'un gala d'envergure y sera présenté le mois précédent, le plan de Stevenson-Fonfara II au Colisée en avril tient la route. Le promoteur croit même attirer une meilleure foule avec la réputation accrue de Fonfara par rapport à sa première visite en sol québécois.
Premier rendez-vous à l'aveugle avec les amateurs de boxe d'ici comme pour le Russe Sukhotsky, vendredi, et le Britannique Bellew, l'an dernier. Le gala Stevenson-Bellew avait vu 8400 personnes franchir les tourniquets du Colisée, entre autres grâce à une sous-carte relevée incluant Kovalev, le premier duel Bizier-Dan, Lemieux, Beterbiev, Bence contre Martel-Bahoéli, Zewski et Bouchard.
«On n'a rien volé à personne»
Pour lui, il s'agissait d'un «quitte ou double». S'il perdait, la retraite l'attendait au détour, mais à la suite de sa victoire par décision partagée aux dépens de Kevin Bizier, Jo Jo Dan voit désormais un combat de championnat du monde des mi-moyens de l'IBF pointer à l'horizon. Et ça n'a rien d'un mirage.
«Il s'agit du rêve d'une vie», admettait le boxeur montréalais d'origine roumaine, rencontré vendredi soir dans son vestiaire du Colisée Pepsi quelques minutes après avoir savouré un deuxième succès excessivement serré contre le favori local.
«J'ai fait de mon mieux, il s'agit d'une victoire très importante, car le prochain combat pourrait changer ma vie. J'ai une famille, je suis père de deux fils et une petite fille est sur le point de venir au monde, et tout ce que je désire, c'est leur offrir une vie confortable», ajoutait le gaucher de 33 ans.
Ionut Dan Ion (son véritable nom) est désormais l'aspirant obligatoire de l'Australien Kell Brook. Aucune date n'a été encore avancée, bien que le règlement de l'IBF obligerait ce dernier à se battre au plus tard le 19 mai. Une légère blessure pourrait retarder l'affrontement, inévitable.
En caleçons, épuisé, le corps meurtri, Dan accordait des entrevues au téléphone à des journalistes roumains. Selon lui, sa victoire ne faisait aucun doute. «Je méritais de l'emporter, j'ai contrôlé la plupart de l'action, mais comme lors du premier combat entre nous, ça ne pouvait pas être plus serré.»
Pierre Bouchard, son entraîneur, se pinçait encore à l'idée de préparer son protégé pour un combat de championnat. Mais avant de penser à Brook, il estimait que Dan pouvait marcher la tête haute à la suite de sa victoire contre Bizier. «Je pense que les deux la méritaient, on n'a rien volé à personne. Je les [les gens de l'entourage de Bizier] comprends d'être déçus, mais ce n'est pas un vol, et si Kevin avait gagné, je n'aurais pas contesté la décision. Sans avoir encore revu le combat, j'estimais que Kevin avait une légère avance après cinq rounds, et après la visite au plancher de Jo Jo [7e], il a gagné le reste, bien que chaque round a été très dur à remporter.»