L'aréna Elger Petersen, domicile des Broncos de Humboldt, s'est transformé en lieu de recueillement au lendemain de l'effroyable tragédie.

Accident d’autocar en Saskatchewan: «on ne dort pas bien»

«Bénis». «Chanceux». «Choyés». Plusieurs athlètes et entraîneurs de Québec savent devoir à leur bonne fortune d’avoir évité le pire, pendant toutes ces années sur la route. Et leur sommeil demeure léger.

La communauté sportive est ébranlée par l’accident d’autocar qui a décimé une équipe de hockey junior, vendredi, en Saskatchewan. Durant une saison, nombre de nos clubs d’élite passent autant de temps sur le bitume de la chaussée, sinon plus, que sur la glace de la patinoire ou le plancher de bois franc du gymnase.

À rouler pour se rendre aux quatre coins du Québec, dans les Maritimes, en Ontario et même aux États-Unis afin d’aller à la rencontre d’adversaires à la hauteur. Des voyages routiers qui se font souvent dans les conditions hivernales qui sont les nôtres quatre à cinq mois par année.

Entraîneur-chef en volleyball depuis 33 ans, Pascal Clément dirige l’équipe masculine du Rouge et Or depuis 26 ans, à l’Université Laval. À la tête d’un effectif d’une douzaine de joueurs, il a conduit des fourgonnettes à 15 passagers genre Econoline sur des milliers de kilomètres, dans plusieurs pays. Mais surtout au Québec, pour aller jouer à Montréal ou à Sherbrooke, et parfois plus loin, comme au Nouveau-Brunswick ou en Ontario.

Bathurst, il y a 10 ans

La mort de sept joueurs de basketball d’une école secondaire de Bathurst montés à bord du même type de fourgonnette, il y a 10 ans, a changé la donne, se souvient Clément.

«Après cette tragédie, notre conseil d’administration a voté pour qu’on prenne dorénavant de plus gros transporteurs avec chauffeur. Ça arrive encore que les entraîneurs conduisent, comme au début d’octobre quand on est allés à Guelph, mais pas l’hiver», explique-t-il.

La facture s’avère salée. Plus du double pour un gros autocar avec chauffeur comparé à la location de deux véhicules de 15 et 7 places en gestion autonome. Mais Clément et sa bande ont parcouru autour de 8000 km, d’octobre à mars. La stabilité et la sécurité du gros véhicule rassurent, bien que ce soit le même type de véhicule impliqué dans l’accident de vendredi.

De retour des Maritimes, de nuit, dans certains coins plus isolés et vallonnés, «on ne dort pas bien», admet Clément, identifiant la route comme «une source de stress et de fatigue».

À la tête d’un effectif d’une douzaine de joueurs de volleyball, Pascal Clément a conduit des fourgonnettes à 15 passagers genre Econoline sur des milliers de kilomètres, dans plusieurs pays.

Plus de 25 000 km par saison

En plus de deux allers-retours par année en Abitibi et autant dans les provinces atlantiques, dont une fois aussi loin que Sydney au Cap-Breton, les Remparts ont ajouté fin mars un périple à Charlottetown, sur l’Île-du-Prince-Édouard, en première ronde éliminatoire.

Sans oublier les matchs réguliers à Baie-Comeau, à Gatineau, à Saguenay. Les joueurs et entraîneurs du club de hockey junior majeur de Québec s’enfilent de 25 000 à 27 000 km chaque campagne!

Les Remparts ont publié un communiqué de condoléances à l’attention des familles éprouvées par la tragédie chez les Broncos de Humboldt.

«Nous sommes tous sous le choc, car comme toutes les organisations de hockey au Canada, saison après saison, notre équipe parcourt des milliers de kilomètres pour permettre à nos joueurs de performer, mais aussi pour une seule et unique raison, soit la passion du hockey qui nous habite tous», a commenté le président des Remparts, Jacques Tanguay.

Les joueurs et entraîneurs des Remparts de Québec s’enfilent de 25 000 à 27 000 km chaque campagne!

Inquiétants soirs de tempête

Entraîneur dans la LHJMQ durant 14 ans, entre autres avec les Remparts, Martin Laperrière est dorénavant à la barre de l’équipe de hockey midget AAA du Séminaire Saint-François.

S’il fait moins de route avec le Blizzard qu’à ses années chez les juniors, Laperrière reconnaît que les soirs de tempête soulève leur part d’inquiétude, lui qui est assis à l’avant de l’autocar. Il souligne de plus que les chauffeurs comptent leurs heures pour répondre à la réglementation en vigueur, ce dont il se dit très heureux.

Le plus long voyage du Blizzard en saison régulière les amène à Amos, mais seulement une année sur deux. Sinon, Gatineau s’avère la destination la plus éloignée.