Une grue a été nécessaire afin de retirer la Mercedes de Lewis Hamilton, en fâcheuse posture encastrée dans un mur lors des qualifications du Grand Prix du Brésil. Le pilote britannique s’en est sorti indemne, mais s’élancera de la voie des stands.

Accident, braquage et tension au GP du Brésil

SAO PAULO — Stupeur et tremblements au Grand Prix de F1 du Brésil : Lewis Hamilton dernier des qualifications, son coéquipier Valtteri Bottas en pole, des employés de Mercedes braqués et Renault et Toro Rosso à couteaux tirés. Surprises et polémiques ont animé la journée de samedi.

Qui aurait pu imaginer le quadruple champion du monde s’élancer de la voie des stands sur le circuit d’Interlagos dimanche, deux semaines après son sacre? Mercedes a en effet décidé de changer plusieurs pièces de sa monoplace entre les qualifications et la course.

Image rare, Hamilton a perdu le contrôle de sa monoplace au tout début de la Q1 et heurté les barrières. S’il est sorti indemne, la partie avant-gauche de sa voiture a subi des dégâts importants. La séance s’est donc arrêtée là pour lui.

«Je ne sais pas ce qui s’est passé, mais j’en prends l’entière responsabilité. C’est arrivé très vite, je n’ai rien pu faire. Il faudra faire avec. Relever des défis est ce qui rend la vie intéressante.»

Toujours présent quand son coéquipier montre des signes de faiblesse — victoires en Russie et en Autriche, deuxième place en Azerbaïdjan —, Bottas a sauvé la mise à Mercedes en soufflant la pole à Sebastian Vettel dans son tout dernier tour. Leur affrontement promet d’être intéressant, le pilote Ferrari ne comptant que 15 points d’avance à la deuxième place du classement des pilotes, avec 50 au maximum encore à empocher.

«La motivation est de rester deuxième», a dit Vettel. «Si nous n’y parvenons pas, c’est un échec.» «Nous voulons ce deuxième rang», a répliqué Bottas, qui en est à sa troisième pole.

Une fois n’est pas coutume, on regardera donc autant à l’avant qu’à l’arrière du peloton, dimanche.

Braqué à l’arme à feu

Hors piste, il a aussi été beaucoup question de Mercedes samedi. Un mini-bus transportant du personnel de l’équipe a en effet été braqué à l’arme à feu vendredi soir en quittant le circuit de Sao Paulo. «Des objets de valeur ont été dérobés, mais le plus important est que personne n’a été blessé», a indiqué un porte-parole de l’écurie allemande.

«Des coups de feu ont été tirés, une arme a été pointée contre des têtes. C’est affligeant», a déploré Hamilton sur Twitter. «Cela arrive tous les ans ici. La Formule 1 et les équipes doivent faire plus, il n’y a pas d’excuse!»

Des membres de l’écurie Williams et de la Fédération internationale de l’automobile ont également échappé de peu à des braquages, a ajouté sur Twitter le journaliste de la BBC Andrew Benson.

La criminalité est un problème récurrent au GP du Brésil, où le Britannique Jenson Button avait échappé à une attaque à main armée en 2010, mais aussi au Mexique, où un membre de Mercedes avait été braqué l’an dernier.

Cet incident très médiatisé intervient au plus mauvais moment, alors que le futur de la course brésilienne au-delà de 2020 est incertain, le circuit d’Interlagos étant en vente.

La tension grimpe

La tension a par ailleurs grimpé entre Renault et Toro Rosso. En cause, les récentes défaillances du moteur français équipant l’écurie italienne, qui accumule du coup pénalités sur la grille, manque de roulage en essais et abandons en course.

Si le directeur général de Renault Sport Racing, Cyril Abiteboul, a admis des difficultés logistiques dans la production de pièces de remplacement, il a aussi sous-entendu que Ferrari avait une part de responsabilité dans ces pannes à répétition. Réponse de la Scuderia par communiqué : «N’oublions pas que Renault se bat contre Toro Rosso pour une meilleure place au classement des constructeurs, comme le dit M. Abiteboul, cette situation n’est probablement pas le fruit d’une coïncidence, mais elle n’est certainement pas due à notre voiture».

Si Alain Prost et Helmut Marko, ambassadeurs de Renault et de Red Bull, la grande sœur de Toro Rosso, ont ensuite tenté d’éteindre l’incendie, une chose est sûre : le divorce entre l’écurie italienne et son motoriste français est bel et bien consommé.