Jacques Hérisset a regardé le match de Félix Auger-Alliassime avec des jeunes du programme Félix redonne au suivant du Club Avantage, lundi soir.

Abandon d'Auger-Aliassime: Hérisset déçu

L’excitation a fait place à l’inquiétude. Les yeux rivés à l’écran, les jeunes qui participent au programme Félix redonne au suivant ont suivi les premiers pas de Félix Auger-Aliassime dans un tournoi du Grand Chelem, lundi soir au Club Avantage, où l’on souhaitait que le malaise de leur préféré ne soit pas plus grave qu’un coup de chaleur.

«On aimerait oublier qu’il vient à peine d’avoir 18 ans. On a vu un gamin qui pleurait à chaudes larmes face à son désistement, c’est un signe qu’il est encore jeune. Il n’y avait plus de son dans le club à la fin du match. Je n’en sais pas plus que vous sur ce qui lui est arrivé, en espérant que ce ne soit qu’un coup de chaleur. Mais Félix est bien entouré, il y aura un suivi médical serré», disait Jacques Hérisset, avec un brin d’émotion, quelques minutes après le triste abandon de celui qu’il connaît depuis son enfance.

La jeunesse de Félix Auger-Aliassime est la raison principale pour laquelle on respecte l’approche prudente de la famille dans le développement du joueur de L’Ancienne-Lorette dans le monde du tennis international.

«Son père rappelle qu’il faut laisser le temps à Félix de faire sa marque avant de l’aduler, qu’il faut mettre un bémol sur les déclarations à l’effet que Rafael Nadal n’a pas fait d’aussi bons résultats au même âge. On apprécie beaucoup ce qu’il fait, c’est admirable pour un jeune de Québec d’atteindre ce niveau, mais on accepte aussi de lui laisser vivre ses expériences, de prendre le temps de s’implanter sur le circuit», expliquait Jacques Hérisset, qui avait lancé l’invitation aux jeunes du programme pour regarder le match de première ronde de Félix aux Internationaux des États-Unis contre Denis Shapovalov.

L’homme de tennis a assisté à la progression du joueur de 18 ans dans le tennis international. Le jeune tennisman a fait ses débuts à l’Académie de tennis Hérisset-Bordeleau, qui appartient depuis peu à son père, Sam Aliassime.

«Participer à un tournoi du Grand Chelem pour la première fois, c’est quelque chose d’important, c’est gros pour un jeune joueur», indiquait Hérisset, peu de temps avant d’être témoin de son abandon, lundi.

Déjà un exploit

Selon lui, Auger-Aliassime avait déjà réussi un exploit avant même de croiser le fer avec son ami Shapovalov, lundi, à Flushing Meadows.

«Il faut savoir que les qualifications d’un Grand Chelem, c’est une véritable jungle. Félix n’a pas atteint le tableau principal par la porte arrière, personne ne lui a fait de cadeau. Il a franchi les trois rondes des qualifications, c’est déjà beaucoup, ça explique peut-être son état physique. On a quand même eu le temps de voir aller chercher un set, réussir de beaux coups, il y avait de l’émotion dans l’air», disait-il, lundi soir.

Auger-Aliassime occupait le 117e rang mondial au moment de croiser le fer avec le joueur canadien ayant fait fureur l’an dernier. L’année 2018, elle, semble être celle d’Auger-Aliassime.

«Je trouve que ça commence à lui faire quelques bonnes années. Au début de 2017, il était 600e au classement de l’ATP, il a baissé jusqu’au 116e rang, la semaine dernière. Il est en train de faire de grands pas, mais on le constate, la route est plus longue pour monter encore au classement. Le chiffre magique, pour lui, c’est d’atteindre le 90e rang, comme ça, il pourrait faire les tournois du Grand Chelem sans passer par les qualifications», ajoutait le directeur de la Coupe Banque Nationale, le tournoi de tennis féminin qui se tiendra au PEPS de l’Université Laval du 8 au 16 septembre.