Françoise Abanda assure avoir subi des pressions pour jouer, même si elle était blessée.

Abanda forcée de jouer blessée?

Françoise Abanda aurait voulu abandonner. Mais selon elle, son entraîneur l’a exhortée à continuer. Ce que ce dernier nie en bloc.

Si elle avait eu le choix, la Montréalaise avance qu’elle n’aurait même jamais affronté Sofia Kenin, jeudi soir, en deuxième ronde de la Coupe Banque Nationale de tennis de Québec. Blessée, elle en a été quitte pour une défaite de 6-4 et 6-4 et un blâme sévère à l’endroit de Sylvain Bruneau.

«Je pense qu’on devrait écouter les joueuses. C’est toi qui es sur le terrain et qui sais si tu es en forme ou pas. Moi, je ne voulais pas jouer, mais on m’a conseillé le contraire», a déballé Abanda, en entrevue d’après match.

«Malheureusement, j’ai mal au pied [droit] et je ne pensais pas jouer le match», a-t-elle d’abord répondu, concernant ses premières impressions sur la défaite aux dépens de la cinquième favorite du tournoi et occupante du 67e échelon mondial, Sofia Kenin. Abanda, elle, se classe 196e.

«À la base, je n’aurais pas dû jouer le match tout court. Je n’étais pas capable de me déplacer», a-t-elle continué, sans jamais dévier de sa version ou adoucir ses propos. «Puis à 3-0, j’ai demandé à voir mon entraîneur, Sylvain Bruneau. Je lui ai répété que je voulais arrêter, mais il m’a dit d’essayer de continuer. Il m’a conseillé de jouer dans la douleur.»

Bruneau déçu

Bruneau, qui n’avait toujours pas discuté avec sa protégée au moment de s’adresser aux médias, espère pour sa part avoir été «mal compris. Mais il me semble que j’ai été clair. Oui, elle m’a dit qu’elle pensait arrêter. Je lui ai conseillé de demander la physiothérapeute de la WTA, qui aurait peut-être pu diminuer la douleur et lui permettre de continuer à jouer», a expliqué l’entraîneur, se disant très surpris et déçu des accusations d’Abanda à son endroit.

Abanda soufre d’un ongle incarné, a indiqué la physio Marlene Nobrega, qui est au service de Tennis canada depuis 28 ans. Elle accompagnait Bruneau dans ce point de presse de fin de soirée commandé par les événements.

Nobrega dit avoir examiné Abanda dans la journée et, même si la douleur était probable, n’y voyait aucun risque important. Abanda a aussi refusé de porter un rembourrage spécial dans son soulier à cause de l’inconfort provoqué.

«On va essayer»

Pourquoi un tel acharnement, croit la joueuse? Une Québécoise dans un tournoi à Québec, l’une des rares têtes d’affiche, locale en plus, pour attirer un peu de gens dans cet amphithéâtre du PEPS de l’Université Laval qui justement était moins vide, pour la première fois de la semaine. On a estimé la foule autour de 800 spectateurs pour cette rencontre de jeudi soir.

Abanda dit avoir ressenti la pression de jouer durant la journée, alors même qu’elle songeait à se retirer de son affrontement contre Kenin. Chose sûre, si le tournoi avait été ailleurs qu’au Québec, aucune chance qu’elle aurait foulé le court, assure la principale intéressée.

«Il y a les organisateurs, les spectateurs qui se sont déplacés et moi aussi, je me suis déplacée. Alors j’ai essayé de ne pas prendre une décision égoïste, je me suis dit : “On va essayer”. Mais je n’ai pas pu performer», a résumé celle qui mettait de toute façon fin à sa saison après Québec.

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MARTIC SANS PITIÉ

Le chemin s’ouvre devant Petra Martic et la Croate s’y engouffre à pleine vitesse. Deuxième favorite du tournoi, 38e raquette mondiale et surtout joueuse la mieux classée toujours en vie à ce 26e tournoi WTA de Québec, Martic n’a fait aucun quartier à Olga Govortsova en deuxième ronde, jeudi, écartant la Biélorusse en des manches expéditives de 6-0 et 6-2. Vingt-cinq minutes pour régler le premier set, 68 minutes pour la rencontre. Martic gagne un septième match d’affilée sans même avoir alloué une manche à ses adversaires, après un parcours parfait à Chicago, la semaine passée. Jusqu’ici à cette Coupe Banque Nationale, elle n’a perdu que quatre jeux en deux rencontres, pendant que les favorites 1, 4, 6 et 7 ont plié bagage dès la première ronde. Une victoire vendredi en quarts de finale contre la qualifiée Jessica Pegula (227e) vaudrait à Martic de surpasser son sommet personnel de 34e au monde atteint en mai. La droitière de 27 ans avait auparavant percé le top 50 en 2011 et en 2012.  

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MARINO EN QUARTS DE FINALE

Dernière Canadienne en lice au tableau principal, la Torontoise Rebecca Marino (264e au monde) accède aux quarts de finale à Québec pour la troisième fois de sa carrière grâce à une victoire in extremis de 6-7 (3), 6-2 et 6-4 devant l’Espagnole Georgina Garcia Perez (142e), jeudi soir. Marino a effacé des déficits de 3-0 et 4-1 en troisième manche pour vaincre une rivale qui souffrait visiblement, ses grimaces et le haut de sa cuisse droite enrubanné fournissant des indices probants. Avec l’élimination de Leylah Annie Fernandez mercredi et de Françoise Abanda plus tôt dans la soirée de jeudi, Marino demeure la seule joueuse «locale» toujours active au PEPS. En troisième ronde, Marino affrontera vendredi soir la Britannique Heather Watson (107e), qui a jusqu’ici sorti la quatrième tête de série, Monica Niculescu, et la jeune Québécoise Fernandez.