À 6’4”, Aaron Pryor Jr domine de 10 pouces son adversaire brésilien Gilberto Pereira dos Santos.

Aaron Pryor Jr, le fils de l’unique «Faucon»

Il n’a pas la même réputation sur le ring, mais ça ne l’empêche pas de porter son nom avec respect et admiration. «Il n’y a qu’un “Faucon”, c’était lui», dit Aaron Pryor Jr en parlant de son père Aaron Pryor, l’ancien champion du monde décédé en octobre 2016.

Le boxeur de 40 ans grimpera sur le ring pour la deuxième fois seulement depuis la disparition du légendaire pugiliste ayant conservé une fiche de 39-1 au cours d’une carrière où il a détenu la ceinture WBA des super-légers de 1980 à 1983. Il avait notamment battu le Québécois Gaétan Hart, en 1980.

«J’ai l’honneur de porter son nom, mais aussi sa volonté de fer et son désir de vaincre. J’ai affronté plusieurs bons boxeurs au cours de ma carrière, j’ai tenu mon bout, et il a toujours été très fier de moi. Marcher dans ses traces n’était pas facile, bien sûr, mais personne ne pouvait se comparer à lui, il était vraiment dans une classe à part», racontait-il en marge de la pesée officielle du gala Stevenson-Gvozdyk, samedi, au Centre Vidéotron.

Pour l’occasion, Pryor n’était pas sous les projecteurs. Sur la tribune, son passage attirait moins l’attention que celui des principales têtes d’affiche de la soirée, qui ont fait le poids. Ce n’est pas sur la balance que l’on notait une différence entre lui et son adversaire, mais plutôt en grandeur, car à 6’4”, il dépasse le Brésilien Gilberto Pereira dos Santos (5’6’’) par 10 pouces.

L’ami de Stevenson

Pryor doit sa présence sur la carte de samedi à Adonis Stevenson. En plus d’être ami avec le champion mondial québécois, il lui sert aussi de partenaire d’entraînement depuis maintenant quatre ans.

«Notre amitié remonte à la suite de notre combat, l’un contre l’autre, il y a sept ans. Et lorsqu’il est devenu champion du monde, il m’a appelé pour me demander de venir travailler avec lui. Il m’avait dit : “Tu m’as tellement compliqué les choses avec ta longue portée, je veux que tu t’entraînes avec moi”», confiait le boxeur originaire de Cincinnati.

Il s’agit de son second combat au Canada, le premier étant celui contre Stevenson, au Centre Bell, à Montréal en 2011, où Adonis l’avait emporté par K.-O. au neuvième round. «Adonis n’était pas encore un boxeur accompli comme il l’est, aujourd’hui, il n’avait pas encore le même lustre qui en a fait le champion qu’il est devenu.»

Il prédit d’ailleurs que Stevenson l’emportera à l’intérieur des cinq premiers rounds contre l’Ukrainien Oleksandr Gvozdyk. «Son adversaire est très bon, mais Adonis est en pleine forme, concentré et bien préparé. Il ne prend jamais personne à la légère, ce sera un grand combat et il va l’emporter», pronostiquait-il à propos de la 10e défense de titre de son ami.

De son côté, il pense aussi l’emporter. Il aimerait bien trouver le chemin qui pourrait lui permettre de livrer combat pour un titre mondial avant d’accrocher ses gants au clou de la retraite, d’ici deux à trois ans. «Je fais un dernier tour de piste pour l’honneur de mon père.»

Il ne mise plus sur la présence du paternel dans son coin, comme ce fut le cas à quelques occasions dans le passé, mais son âme le suit, peu importe où il se trouve.

«C’était bien de pouvoir compter sur lui, maintenant, je m’en inspire. J’ai grandi dans le monde de la boxe. Il s’agit d’un sport difficile, mais c’en est un passionnant», notait-il, en retrait des vedettes du gala qui devrait attirer sensiblement le même nombre de spectateurs que les dernières soirées de boxe présentées au Centre Vidéotron.

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UNE PESÉE RÉUSSIE

Aucune mauvaise surprise, vendredi, à la pesée officielle, où Adonias Stevenson et Oleksandr Gvozdyk ont fait le poids et profité de l’occasion pour y aller de leurs dernières réflexions sur le combat. «J’ai faim, je veux l’emporter par K.-O. Mes fans ne viennent pas ici pour me voir boxer pendant 12 rounds, ils veulent voir un corps au tapis. Tout ce que j’ai à faire, c’est de le toucher, et ce sera échec et mat», indiquait Stevenson, en précisant que son rival était un excellent boxeur et qu’il ne se laissait pas distraire par les preneurs aux livres qui lui prédisaient une défaite.

«En dépit de son âge, il est un très fort batailleur. Je sais qu’il attendra que je commette une erreur pour essayer de m’attraper, je devrai être patient, concentré à 100 % et ne pas cligner des yeux», disait pour sa part Gvozdyk à propos du champion.