Jo Jo Dan célèbre sa victoire contre Kevin Bizier, après une longue bataille serrée de 12 longs rounds.

À quand un Bizier-Dan III ?

Un troisième affrontement entre Kevin Bizier et Jo Jo Dan aura sûrement lieu. Les boxeurs le veulent, la télé le veut.
«Nous sommes ouverts à ça. Kevin a encore beaucoup de bonne boxe», a confirmé l'entraîneur d'Ionut Dan Ion (34-2, 18 K.-O.), dit Jo Jo Dan, après le combat de vendredi encore gagné par son protégé. «Mais avant, on va faire un détour», a poursuivi Pierre Bouchard, à propos du duel à venir contre le champion du monde des 147 livres de l'International Boxing Federation (IBF), Kell Brook (33-0, 22 K.-O.).
«Pourquoi pas?» s'est pour sa part exprimé Bizier (23-2, 16 K.-O.), se demandant comment il avait pu encore perdre par une marge aussi faible. Deux décisions partagées en moins de 13 mois à l'avantage de Dan, celle-ci aux pointages de 115-112, 113-114 et 114-113. Le seul juge québécois, Benoît Roussel, a donné Dan gagnant 114-113.
«Showtime nous a déjà demandé si on voulait un rematch», a indiqué l'entraîneur de Bizier à Québec, Samuel Décarie-Drolet. «On ne dit pas non à ça, jamais deux sans trois. Les deux fois, ç'aurait pu aller d'un côté comme de l'autre.»
Sauf que chaque fois, la balance a penché en faveur du Roumain résidant de Laval aux dépens de la fierté de Saint-Émile. «Ça va être dur pour lui», a reconnu le promoteur Yvon Michel, à propos de son protégé Bizier.
«Il avait le combat en poche après sept rounds et il a laissé filer la victoire. On devra essayer de comprendre ce qui s'est passé. Kevin était le meilleur boxeur des deux, mais aujourd'hui [vendredi], il n'a pas performé comme il aurait dû le faire pour aller chercher la victoire», a tranché l'homme de boxe.
Baisse de régime
De l'avis de tous, le tournant du combat est survenu à la septième reprise, où Dan a posé un genou au sol et reçu un compte de huit. Bizier a ensuite tenté de l'achever, sans succès, y laissant beaucoup d'énergie.
L'entraîneur-chef Marc Ramsay, basé à Montréal, parlait des cinq derniers rounds perdus. «Techniquement, Kevin a connu un meilleur début que la dernière fois, Samuel a fait du bon travail là-dessus. Mais il a eu une baisse de régime après le septième. On avait l'impression d'avoir remis le tape du premier combat.»
Une décision partagée, «c'est le résultat le plus décourageant pour un boxeur et un entraîneur», a fait valoir Ramsay. «Tu réalises qu'il manque un petit morceau du casse-tête, mais l'erreur numéro un, ce serait de tout défaire ça.»
Comme l'an dernier, l'accrochage était l'honneur entre les deux pugilistes. Bizier portait trois entailles au-dessus de l'oeil droit pour en témoigner. Douze points de suture. «Regarde-moi la face. Des coups de tête, j'en ai reçu en maudit!» a-t-il fustigé, dans le vestiaire.
Plus qu'en 2013, Bizier croyait cette fois avoir eu raison. «Même dans l'autre coin, ils pensaient avoir perdu», a-t-il insisté. Mais la précision de Dan a fait mouche auprès des juges, dont deux étaient Américains, comme l'avait exigé son promoteur, le New-Yorkais Lou DiBella.
«Mettons que les Fêtes vont être moins l'fun», a conclu l'athlète de 30 ans, papa de deux enfants, qui était entouré de sa conjointe, ses parents, ses frères et sa soeur, au Colisée.
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