Les joueurs des Eagles de Philadelphie sont bien soudés entre eux, faisant passer les succès du groupe avant les statistiques individuelles, une approche qui a bien servi les hommes de Doug Pederson.

À Philadelphie, l'équipe passe avant tout

BLOOMINGTON, Minn. — Bill Belichick, avec cinq bagues du Super Bowl en main, peut facilement s’imposer auprès de ses joueurs et les enjoindre à garder la tête froide et à rester humble.

Doug Pederson, lui, n’a pas ce luxe.

Malgré ce, l’entraîneur des Eagles de Philadelphie n’a pas à lever le ton à ce sujet, lui qui peut compter sur un groupe formé d’individus qui font passer les succès de l’équipe avant les objectifs personnels. 

«Les joueurs ne se soucient pas de l’identité de celui qui touchera ou non au ballon. Tout ce qui importe pour eux, c’est la victoire», explique Pederson. «Je n’ai pas à gérer les ego dans le vestiaire.»

Les joueurs des Eagles, eux, semblent totalement en accord avec leur patron.

«Je me souviens qu’à nos premiers entraînements ensemble, en avril, les gars parlaient déjà d’objectifs d’équipe et d’un but commun : participer au Super Bowl et le gagner», se souvient le demi de sûreté Malcolm Jenkins.

«L’organisation a fait un bon travail en amenant ici des joueurs qui font passer l’équipe avant tout, et qui incitent les jeunes à penser de cette façon.»

Par exemple, LeGarrette Blount, qui a mené la NFL en 2016 avec 18 touchés au sol avant de remporter le Super Bowl avec les Patriots, ne s’est pas plaint une seule fois pendant et après la défaite des Eagles à Kansas City à la deuxième semaine de la saison, match au cours duquel il n’a pas porté le ballon une seule fois. Même chose pour Alshon Jeffery, receveur numéro 1 des Bears de Chicago la saison précédente, qui n’a pas capté un seul ballon cet après-midi-là.

«On s’en fiche de savoir qui captera combien de passes et qui obtiendra le plus de verges au sol ou par la passe», confie Blount. «C’est difficile, voire impossible de se plaindre de sa production individuelle quand on voit que tout le monde dans l’équipe est prêt à faire des sacrifices pour le bien du groupe. Ç’a été notre mentalité pendant toute la saison.»

Même un souper avec le botteur de dégagement!

Dès le camp d’entraînement, Pederson a donné le ton en parlant de cet objectif commun à ses joueurs, puis Carson Wentz a pris le flambeau bien en main en mettant de l’avant une approche qui exclut toute pensée orientée vers le rendement individuel. L’attitude du jeune quart de deuxième saison s’est immédiatement répandue chez ses coéquipiers.

«C’est un gars incroyablement humble. Tout ce qu’il fait, il le fait strictement pour l’équipe», souligne Pederson en parlant de son quart numéro 1, qui est malheureusement tombé au combat à la 14e semaine et qui ne sera donc pas à son poste dimanche. 

Même après la blessure de Wentz, rien n’a changé, Nick Foles étant un vétéran respecté, qui aime prêcher par l’exemple. 

«Je n’avais joué dans une atmosphère semblable auparavant», constate l’ailier rapproché Zach Ertz. «Les gars se fichent totalement des statistiques. Tout ce qu’ils veulent, c’est gagner.»

«Quant tu vois des joueurs d’une unité se tenir en dehors du terrain avec ceux d’une autre unité, c’est une preuve de la chimie qui règne par ici», ajoute l’ailier défensif Fletcher Cox. «J’irais même souper avec Donnie Jones! Pourtant, d’habitude, personne ne veut aller souper avec le botteur de dégagement!» lance-t-il avec un grand sourire.

Finalement, si les Eagles veulent gagner des championnats, ils ont compris qu’ils doivent mimer la méthode on ne peut plus éprouvée des Patriots : la victoire avant l’individu.

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UN ANCIEN EAGLES AU TEMPLE DE LA RENOMMÉE

L'ancien demi de sûreté des Eagles Brian Dawkins fera son entrée au Temple de la renommée. Il était devenu en 2002 le premier joueur de l’histoire à réussir dans un même match un sac, une interception et un touché sur une réception, tout en récupérant un échappé. Il sera fort bien accompagné à Canton, en Ohio, alors que les secondeurs Ray Lewis et Brian Urlacher ainsi que les receveurs de passes Randy Moss et Terrell Owens ont aussi appris qu'ils seraient intronisés parmi les grands de la NFL. Lewis, Urlacher et Moss ont été élus dès leur première année d’admissibilité, tandis qu’Owens a vu les portes de l’illustre enceinte s’ouvrir à sa troisième année. Moss a mené la NFL pour les passes de touché à cinq reprises, dont en 2007, l’année au cours de laquelle il a établi un record (23). Quant à Owens, il se classe deuxième derrière Jerry Rice pour le plus de verges par la passe (15 934) et il est troisième dans l’histoire de la NFL pour les touchés (153).