En trois jours, les inscriptions ont bondi, passant de 303 à 469, ce qui a permis de fracasser le record de 320 inscriptions.

À défaut de Montréal, les marathoniens se tournent vers Rimouski

C'était «inconcevable» pour Marie-Josée Poulin de ne pas courir son premier marathon de 42,2 km cette année. À la suite de l'annulation de l'épreuve reine du Marathon de Montréal, elle s'est rabattue sur celui de Rimouski qui se tiendra dans une semaine. Et elle est loin d'être la seule à avoir trouvé ce plan B.
Cette résidente de Québec ne se voyait pas du tout courir un 11e demi-marathon à Montréal.
«Je me suis entraînée depuis janvier, a-t-elle expliqué en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne. Je me suis intégrée à un club de course. Mon focus, c'était le Marathon de Montréal.»
Dès l'annonce de l'annulation de l'épreuve à Montréal, les organisateurs du Marathon de Rimouski n'ont pas perdu de temps et ont publicisé leur événement sur les réseaux sociaux.
«La publication a été vue par près de 55 000 personnes, a affirmé le coordonnateur de l'événement, Sébastien Bolduc. Depuis ce temps-là, on a de trois à quatre fois plus de courriels et de demandes sur Facebook qu'à l'habitude.»
Les coureurs affluent. En trois jours, les inscriptions ont bondi, passant de 303 à 469, ce qui a permis de fracasser le record de 320 inscriptions.
Les organisateurs de l'événement qui accueille près de 5000 participants au total ont multiplié les efforts pour obtenir des chandails et des médailles supplémentaires, notamment.
«Dès le mercredi soir, on était en contact avec nos fournisseurs, qui sont en Asie pour la plupart», a raconté M. Bolduc.
Mais le véritable problème est celui du logement. Le taux d'occupation des établissements hôteliers de cette ville de 37 000 habitants «frôle les 99 %», prévient Tourisme Rimouski. L'organisme indique aux coureurs de qu'il y a «des possibilités d'hébergement dans un rayon d'une heure de route».
C'est la solution choisie par Mme Poulin pour elle et sa famille qui l'accompagnera. Elle a loué un chalet à Métis-sur-Mer à 40 km de la ligne de départ, a-t-elle précisé, mais elle ne compte toutefois pas courir un marathon supplémentaire.
Christophe Chession, un coureur de Montréal, qui a découvert l'épreuve de Rimouski par la publication Facebook des organisateurs, craint même de ne pas pouvoir rendre au marathon.
«Ça va être difficile de participer tout simplement si je n'ai pas le covoiturage et je n'ai pas le logement, explique-t-il. À mon avis, ce sera une préparation pour rien.»
Quant à Pascal Gagnon, de Saint-Hyacinthe, qui n'avait jamais entendu parler du marathon de Rimouski avant de chercher une solution de rechange à Montréal, il a trouvé un motel à 25 km de la ville.
M. Gagnon est heureux malgré tout de courir son premier marathon, bien qu'il se vît déjà dans sur la mythique ligne de départ du pont Jacques-Cartier.
L'homme était «en colère» en apprenant l'annulation de l'épreuve, mais se dit que ce n'est que partie remise.