Le 31 mai 2011, les fans de Winnipeg étaient en délire en apprenant le retour de la LNH dans leur ville, au détriment d'Atlanta, qui perdait une franchise pour la deuxième fois. Ce printemps, le parcours des Jets en séries a ravivé l'amertume des anciens partisans des Thrashers.

À Atlanta, c'est n'importe qui, sauf les Jets

ATLANTA — Le fantastique parcours des Jets de Winnipeg en séries a rouvert des cicatrices chez les fans de hockey d’Atlanta.

Oui, il y a toujours des amateurs de hockey à Atlanta, et ceux-ci sont encore amers d’avoir vu les Thrashers filer vers le Manitoba il y a sept ans. Qui plus est, c’était la deuxième fois que la LNH quittait la capitale de la Géorgie. 

Ce printemps, ces gens ont choisi leur camp : n’importe qui, sauf les Jets. 

«Je suis incapable de prendre pour les Jets,» avoue par courriel l’ancien fan des Thrashers Fred Johnson, avant d’ajouter : «Même que, j’aimerais voir leurs fans souffrir davantage que nous l’avons fait.»

Pire, les succès des Golden Knights de Vegas viennent aussi leur rappeler que les Thrashers ont connu une entrée beaucoup moins éclatante dans la LNH, en 1999-2000, alors que l’équipe n’avait remporté que 14 victoires. 

«C’est difficile d’oublier que nous avions à Atlanta une équipe d’expansion il n’y a pas si longtemps», rappelle une autre fan, Tiffany Burns. «Ça aurait aidé de connaître du succès aussi rapidement.»

Malheureusement pour Tiffany Burns et les autres, pendant que l’équipe piétinait, le groupe de propriétaires était davantage occupé à se chicaner qu’à se préoccuper des succès sur la patinoire. 

Quatre petits matchs

Au bout du compte, le seul moment de gloire de l’équipe est survenu en 2006-2007, seule saison où Atlanta s’est qualifié pour les séries. Le parcours éliminatoire a toutefois pris fin en quatre petits matchs contre les Rangers de New York. 

Cette élimination rapide marquait le début de la descente aux enfers. 

L’administration de l’équipe, frugale de nature, a préféré échanger le joueur vedette Marian Hossa à Pittsburgh, afin d’éviter le perdre comme agent libre à l’issue de la saison 2007-2008. Le retour pour Hossa? Un choix de premier tour, investi sur un certain Daultan Leveille, et quelques espoirs, dont un probablement plus connu à Québec qu’à Atlanta : Angelo Esposito. 

Hors de la glace, les Thrashers ont toujours fait parler d’eux pour les mauvaises raisons, pensons notamment à l’accident de la route de Dany Heatley en 2003, qui a entraîné la mort de son coéquipier Dan Snyder. 

Bref, les Thrashers n’auront été qu’une mauvaise suite à l’histoire des Flames d’Atlanta, qui ont tiré le diable par la queue pendant huit saisons avant, eux aussi, de prendre la route du Canada. 

Johnson, l’ancien fan des Thrashers, se remémore la douleur qu’il a ressentie lorsque l’équipe a quitté pour Winnipeg à l’issue de la saison 2010-2011. Surtout, il se souvient des quolibets subis par les fans d’Atlanta de la part de ceux de Winnipeg, ces derniers avançant notamment que l’équipe aurait enfin de vrais partisans.

«Ces gens n’avaient aucune idée à quel point la franchise était mal gérée. Ce n’était pas nous le problème», explique Johnson. 

Bien conscients qu’Atlanta n’obtiendra sans doute jamais une troisième chance dans la LNH, il ne reste plus qu’un «plaisir» à ces fans du sud-est des États-Unis : encourager tous les adversaires des Jets.