Wade Phillips, 70 ans, n'envisage toujours pas de mettre fin à sa carrière d'entraîneur, lui qui dit être toujours aussi passionné par son métier.

À 70 ans, Phillips ne ralentit pas

THOUSAND OAKS, Calif. — Absents des séries lors des 13 dernières saisons, les Rams de Los Angeles comptent seulement six joueurs ayant l’expérience en éliminatoires et ils sont dirigés par le plus jeune entraîneur-chef à amener une équipe dans le tournoi d’après-saison. De l’autre côté du spectre, ils trimbalent sur leurs lignes de côté un certain Wade Phillips, qui a travaillé pour 10 équipes et compte pas moins de 40 saisons d’expérience dans la NFL.

«C’est le gars que tu aimes avoir dans ton camp lorsque tu te retrouves dans une situation comme la nôtre», assure l’entraîneur-chef Sean McVay, âgé de seulement 31 ans, lorsqu’il parle de Wade Phillips, qui a 70 ans bien sonnés.

Le vénérable coordonnateur de la défensive des Rams se retrouvera en séries de la NFL pour la 20e fois de son illustre carrière. Et c’est en grande partie redevable à l’unité que Phillips, à sa première saison avec les Rams, a dirigée avec brio.

Malgré son âge, il ne montre aucun signe de ralentissement. «Tant que tu as la passion et que tu peux contribuer aux succès de l’équipe, pourquoi ne pas continuer? J’aime ce que je fais et je dois admettre que je suis chanceux d’être où je suis en ce moment», avoue Phillips. «J’ai du plaisir et j’aime travailler avec les joueurs que j’ai présentement. C’est très gratifiant.»

Lorsque les Rams (11-5) sauteront sur le terrain samedi (20h15) contre les Falcons d’Atlanta (10-6), Phillips amorcera sa quête pour remporter un deuxième Super Bowl en trois ans, lui qui dirigeait il y deux ans la sensationnelle défensive ayant freiné la puissante attaque des Panthers de la Caroline au 50e SB. Ce titre, le premier de la carrière de l’expérimenté homme de football, lui a procuré l’énergie nécessaire pour se lancer à la quête d’un autre championnat. 

S’il est conscient que la plupart des joueurs des Rams ont peu — ou pas — d’expérience en séries, Phillips considère que ceux-ci sont tout de même prêts à relever le défi. «Compétitionner dans la même division que Seattle ou devoir vaincre le Tennessee pour se rendre en séries contribue à donner de l’expérience. Ces matchs ont placé l’équipe dans une situation qui ressemble drôlement à ce que l’on retrouve en éliminatoires.»

«Honnêtement, il n’y a pas beaucoup de différence entre un match crucial en saison ou un match de séries», ajoute-t-il. «Seul le Super Bowl représente une exception. Ce match est à un autre niveau.»

Ayant eux 10 employeurs différents dans la NFL, il y a toujours de fortes chances que Phillips se retrouve en face d’un adversaire qu’il connaît relativement bien. Ce sera d’ailleurs le cas samedi, alors qu’il a agi pour les Falcons comme coordonnateur défensif en 2002, avant d’assumer l’intérim la saison suivante à la suite du congédiement de l’entraîneur-chef Dan Reeves après 13 rencontres, alors que l’équipe présentait un dossier de 3-10.

Différence sans importance

De prime abord, McVay et Phillips forment une drôle de combinaison, particulièrement en raison de l’écart d’âge qui les sépare, mais le jeune entraîneur n’a jamais caché sa grande satisfaction de pouvoir s’appuyer sur un homme comptant sur une telle expérience, sentiment qui semble partagé. 

«La différence d’âge n’a jamais été un facteur dans la balance. J’avais plusieurs offres [d’emploi] sur la table, et c’est celle des Rams qui me semblait la meilleure.»

D’ailleurs, les deux hommes se connaissaient indirectement : le fils de Phillips, Wes, agissait comme entraîneur des ailiers rapprochés lors des trois dernières saisons où McVay dirigeait l’attaque des Redskins de Washington.

Ainsi, McVay et Phillips se sont attelés à la lourde tâche de relever une équipe qui venait de connaître une saison de 4-12. Si la transformation de l’attaque a fait la plus grande différence, la défensive a aussi eu son mot à dire dans les succès du club.

Sans améliorer grandement les chiffres de l’équipe au niveau des points et des verges accordés — les Rams ont terminé 2017 en milieu de peloton dans ces catégories, comme l’an dernier — la différence s’est fait sentir au niveau des sacs, alors que les joueurs des Rams en ont obtenu 48, le quatrième plus haut total de la NFL. 

Toutefois, Phillips refuse de prendre tout le crédit et n’hésite pas à affirmer que le joueur qui fait toute la différence est le plaqueur Aaron Donald, point de mire de l’unité défensive. «Je savais qu’il était bon, mais je ne savais pas qu’il était ce point meilleur que tout le monde.»