Thomas Fafard a enregistré dans les dernières semaines des records personnels autant sur 5000 mètres, son épreuve fétiche, que sur 1500 m. Sur 5000 m, il a franchi la barre cruciale des 14 minutes, arrachant une stupéfiante troisième position au championnat canadien.

À 20 ans, le coureur Thomas Fafard fait déjà trembler les chronos

Étoile montante de l’athlétisme québécois, Thomas Fafard fait écarquiller les yeux depuis le début de l’été. Le coureur de demi-fond de 20 ans établi à Québec a même une petite chance de participer aux Jeux olympiques dès l’an prochain.

Arrivé de Repentigny à la fin de l’hiver, Fafard récolte déjà les fruits de sa nouvelle association avec l’entraîneur de Québec Félix-Antoine Lapointe, responsable du centre provincial d’excellence basé à l’Université Laval et du club de cross-country du Rouge et Or.

Fafard a enregistré dans les dernières semaines des records personnels autant sur 5000 mètres, son épreuve fétiche, que sur 1500 m. Sur 5000, il a franchi la barre cruciale des 14 minutes, arrachant une stupéfiante troisième position au championnat canadien en 13 min 58.

«Pour Tokyo, je suis encore très jeune et le standard olympique de 13 min 13 n’est pas accessible», indique-t-il d’emblée, évitant de fixer la barre trop haute.

«Mais si je réussis à être à la fois dans le top trois canadien et dans le top 75 au monde, ce qui représente un temps autour de 13 min 30, Athlétisme Canada pourrait me sélectionner pour aller aux Jeux olympiques de 2020», explique Fafard, qui avoue néanmoins ne pas fonder trop d’espoir là-dessus.

«Je vise plus 2024, à Paris. Mais en cinq ans, il se passe beaucoup de choses. Alors mon seul objectif dans les prochaines années sera d’améliorer mes temps sans me blesser», résume le jeune homme.

Mo Farah et Chuck PT

Fafard est devenu le 11e Québécois dans l’histoire à courir 5000 m en moins de 14 min, mais le seul à avoir réussi l’exploit sur une piste du Québec! Et deux fois plutôt qu’une, en juin. D’abord en 13:59,68 à Québec au championnat provincial, puis au championnat canadien, à Montréal, en 13:58,75.

Il se classe au 10e rang québécois, juste derrière les 13:56,43 enregistré en juillet en Belgique par Jean-Simon Desgagnés, ancien rival devenu bon ami et précieux partenaire d’entraînement pour Fafard au sein du groupe rattaché à l’Université Laval.

En chemin, Fafard a aussi amélioré sa marque sur 1500 m de sept grosses secondes, passant de 3 min 49 à 3 min 42. Ce qui lui donne également une place parmi les 10 meilleurs temps de l’histoire au Québec sur cette distance.

«Passer sous 14 minutes était mon objectif principal de l’été. Mais plus que le temps, c’est mon podium au championnat canadien qui a marqué, alors que je visais un top cinq ou même top huit dans cette course. Maintenant, c’est sûr que les attentes deviennent plus élevées, mais je ne ressens pas plus de pression», assure celui qui dit s’inspirer de Charles Philibert-Thiboutot, demi-fondeur de Québec aussi protégé de Lapointe ayant participé aux JO de 2016, sur 1500 m. Philibert-Thiboutot détient trois records québécois, dont celui sur 1500 m.

Sur la scène internationale, Fafard a toujours admiré Mo Farah. Surtout dans sa période de demi-fond, quand le Britannique a été champion olympique sur 5000 et 10 000 m aux JO de 2012 et de 2016. Toujours détenteur des records européens sur 1500 et 10 000 m, Farah est depuis passé au marathon, distance de 42,2 km où il a aussi établi le meilleur chrono de l’histoire pour un Européen, l’an dernier.

Plus motivé à Québec

Après avoir fait un peu de cross-country à l’école primaire, c’est son inscription au programme athlétisme-études mené par Dany Allard à l’école secondaire L’Horizon de Repentigny qui l’a convaincu de laisser tomber les autres sports. Il s’est ensuite joint au club d’athlétisme Lanaudière olympique sous l’égide d’Allard et d’Ariane Bouchard.

Jusqu’à l’hiver dernier, quand ses besoins d’athlète d’élite l’ont poussé vers Québec et la cellule d’entraînement formée autour de coach Lapointe, avec Desgagnés et Nicolas Morin comme références de haut niveau.

«Ça fait une bonne différence entre m’entraîner seul à Repentigny ou ici avec eux. Les matins où je n’ai pas le goût de me lever, ça me motive de les retrouver sur la piste», explique Fafard, qui entrera officiellement à l’université en janvier prochain.

D’ici là, il travaille au Coureur nordique et trouve un bon boss en Jimmy Gobeil, propriétaire de la boutique et lui-même excellent coureur qui adapte l’horaire de sa nouvelle recrue en fonction des compétitions.

Fafard sera du championnat québécois de 10 km sur route, à l’UL, le 8 septembre. Mais sa grosse étape cet automne s’avérera le championnat canadien civil de cross-country, tenu le 30 novembre à Abbotsford, en Colombie-Britannique. Il espère ensuite démarrer sa saison intérieure du bon pied à l’Université de Boston, le 7 décembre, avec le Sharon Colyear-Danville Season Opener. C’est à partir de là qu’il se lancera, ou pas, à la poursuite d’un billet pour Tokyo.