9 histoires de sport à découvrir

En l’absence d’événements sportifs à couvrir, les différents médias québécois ont fouillé dans leurs archives et débordé d’imagination pour dénicher des histoires à raconter pendant que tout le monde était confiné en raison de pandémie de la COVID-19. Le Soleil n’a pas fait exception à la règle.

À la fois confiné et en convalescence une bonne partie du printemps, et en attendant la relance des différents événements sportifs, j’ai ainsi pu visionner plusieurs documentaires sportifs offerts par les réseaux de télévision et des services en ligne. J’y ai fait beaucoup de rattrapage et quelques belles découvertes. Plusieurs sont doublés ou sous-titrés en français.

Diego Maradona

1. Diego Maradona

Super Écran

La carrière de Diego Maradona, le légendaire numéro 10 de l’équipe nationale de l’Argentine, a été grandiose, mais une partie de sa vie n’a guère été exemplaire. Surnommé El Pibe de Oro (le gamin en or), Maradona fait partie de l’équipe d’étoiles de tous les temps. Il a mené son pays au sommet du monde en 1986, son but marqué par «la main de Dieu» ayant propulsé l’Argentine en finale restant encore controversé à ce jour.

Les auteurs du film ont fouillé dans des archives inédites, rencontré des acteurs de l’époque, notamment pour résumer son passage à Naples, où il a mené le club au championnat italien à plus d’une reprise.

En même temps, on ne cache pas les liens de Maradona avec la mafia napolitaine, son enfant illégitime, sa dépendance à la cocaïne, sa suspension et ses problèmes avec la justice. Il est aujourd’hui entraîneur d’une équipe en Argentine.

2. Michael Jordan : La dernière danse

Netflix et ABC

Diffusée deux mois plus tôt que prévu, cette série de 10 épisodes est un véritable trésor. Les caméras avaient suivi les Bulls de Chicago tout au long de la saison 1997-1998, qui allait être la toute dernière de la fabuleuse carrière de Michael Jordan et de la dynastie de l’équipe de basketball. En raison de la décision de Jerry Krause, un directeur général aussi brillant qu’entêté, la belle machine bien huilée des Bulls allait amorcer sa «dernière danse», thème donné à cette croisade par l’entraîneur-chef Phil Jackson, qui revenait à la barre pour une dernière saison.

Jordan avait juré qu’il ne jouerait jamais pour un autre coach. Mais avant, les Bulls avaient une mission à accomplir, soit de remporter leur sixième championnat en sept ans. On y découvre l’intensité de Jordan, autant dans les matchs qu’à l’entraînement, son exigence envers ses coéquipiers, sa responsabilité à répondre aux (très) nombreux journalistes qui le suivent pas à pas. Jordan y commente les différentes étapes de sa carrière, parle de ses coéquipiers et ses adversaires. Même s’il a eu son mot à dire sur le contenu, La dernière danse est une œuvre à voir. Ne serait-ce que pour revoir les manœuvres incroyables d’Air Jordan avec un ballon sur le court de basketball.

3. Sunderland : Envers et contre tous

Netflix

Je ne connaissais pas ce club anglais d’une ville portuaire ni ses partisans. Non, mais, quels fans! «Sunderland jusqu’à la mort», chantent-ils dans la victoire. «Vous n’êtes pas dignes de porter ce chandail», hurlent-ils aux joueurs en chœur dans la défaite. Ils sont fidèles au poste depuis plus de 140 ans, affichant la même passion envers leur équipe, et ce, malgré les insuccès de l’équipe.

Les caméras suivent la saison 2017 après sa relégation en seconde division de la «Premier League» anglaise. On assiste à la chute d’un monument. La seule victoire de l’année 2017 aura lieu à la fin du mois de décembre, le club se retrouvera en troisième division au terme de cette campagne difficile marquée par le congédiement de deux entraîneurs et un changement de propriétaire. «Tu n’as aucune idée de ce que tu fais», lancera un fan au coach, qui restera disponible et généreux envers les amateurs en dépit des insuccès de son club. Captivant, tout comme la version du même genre consacrée au FC Barcelone.

4. Les adorables bâtards du baseball

Netflix

Affecté à la couverture des Capitales de Québec depuis plus de 20 ans, je ne suis pas resté indifférent en visionnant ce film datant de 2014 consacré à un club indépendant des années 1970. Après le départ d’un club de niveau AAA à Portland, en Oregon, l’acteur d’Hollywood Bing Russell, le père de l’acteur Kurt Russell, a eu l’idée de former un club indépendant pour jouer dans la Ligue Northwest (A) contre les filiales des Dodgers, des Padres, etc., de 1973 à 1977.

Sans affiliation, les Mavericks de Portland ont innové et ouvert leurs portes à des personnages. Plus de 300 joueurs ont participé à leur camp d’essai, quelques-uns ont eu la chance de réaliser leur rêve. Ils ont aligné le premier receveur gaucher, embauché la première femme directrice générale, offert un contrat à l’ancien lanceur des Yankees Jim Bouton, à la retraite depuis cinq ans, etc. Au sommet de leur gloire, les Mavericks ont attiré plus de 200 000 spectateurs en une saison. Ils ont même failli remporter le championnat de leur ligue, mais le club adverse avait profité de la présence de quelques joueurs supplémentaires rétrogradés dans le A juste pour les en empêcher. Les Mavericks sont disparus au terme de la saison 1977 en raison du retour d’une équipe AAA à Portland, club qui n’attirera même pas la moitié de fans des adorables bâtards du baseball…

5. Formula 1 : Pilotes de leur destin

Netflix

Au cours des dernières années, j’avais un peu décroché de la Formule 1. L’arrivée du Québécois Lance Stroll n’avait pas ravivé la même passion qu’à l’époque de Gilles Villeneuve, et ensuite, de son fils, Jacques. Mais voilà, cette incursion dans les «paddocks» de la Formule 1 est fort intéressante.

On y découvre la course de l’intérieur, la stratégie des équipes, la rivalité entre les pilotes, leur fragilité, les décisions menant aux changements derrière les volants. On fait aussi la connaissance plus intime des principaux acteurs de ce riche milieu. Les images des courses et des différents circuits sont à couper le souffle. On y vit les saisons 2018 et 2019, en espérant que l’on puisse avoir droit à la saison 2020 et aux suivantes. Une belle occasion de renouer avec la F1 ou, pour les passionnés, d’y découvrir l’envers du décor.

6. Derek Jeter : A night 2 remember

Sportsnet

«DE-REK-JE-TER… DE-REK-JE-TER...» Merci au Bon Dieu d’avoir créé Derek Jeter, pouvait-on lire sur l’affiche d’un partisan. RE2PECT, indiquait une autre en référence à la publicité en hommage au célèbre numéro 2 des Yankees, qui a disputé son dernier match au Yankee Stadium le 25 septembre 2014. Une soirée inoubliable, puisque le dernier grand capitaine des Bombardiers du Bronx avait réussi sa sortie en produisant le point vainqueur à l’aide d’un coup sûr à l’occasion d’une victoire de 6-5 arrachée aux Orioles de Baltimore en fin de neuvième manche.

Toute la journée, les amateurs avaient souhaité que la pluie persistante qui tombait depuis le matin n’empêche pas la tenue de ce match historique. Ils ont été exaucés, car il y a eu une éclaircie et un arc-en-ciel juste avant sa première présence. «Je ne peux pas y croire moi-même», dira-t-il de ce dernier rendez-vous avec ses fans. Ce documentaire de 30 minutes laisse place aux actions, qui parlent d’elles-mêmes. Une demi-heure de frissons pour les admirateurs de celui qui est devenu, en 2020, le 23e joueur de l’histoire des Yankees à être élu au Temple de la renommée du baseball.

7. Dans la roue de l’équipe Movistar 2019

Netflix

En version espagnole sous-titrée en français, on y suit l’équipe la plus vieille du Pro Tour dans les trois plus importantes courses de la saison 2019, la Vuelta (Espagne), le Giro (Italie) et le Tour de France. Au-delà de l’infopub, on assiste notamment aux controverses entre les (trop) nombreux leaders de la formation, dont l’Espagnol Mikel Landa et le Colombien Nairo Quintana, qui devaient enfiler de nouvelles couleurs en 2020.

Mais on est aussi témoin de conflits internes, des réactions animées des directeurs sportifs dans la voiture de l’équipe, des réunions avant les courses et des repas souvent tendus après les étapes des différentes épreuves. La visite en Colombie chez Richard Carapaz, vainqueur-surprise du Giro, démontre l’ampleur de l’exploit. Une invitation intéressante dans un univers plus méconnu en Amérique du Nord.

8. Imperfect : The Roy Halladay Story

Sportsnet

«Je déteste le mot parfait», dira son épouse, donnant le ton à ce documentaire sur l’ancien lanceur des Blue Jays et des Phillies ayant perdu la vie à l’âge de 40 ans lorsque l’avion qu’il pilotait s’est écrasé dans le golfe du Mexique. Bien sûr, on revient sur les exploits de sa carrière, où il a été le lanceur des ligues majeures ayant cumulé le plus de victoires, de matchs complets et de blanchissages de 2002 à 2011, de son match parfait en 2010, de son match sans point ni coup sûr en séries éliminatoires, la même année.

Mais surtout, on découvre l’envers de la médaille, les problèmes d’anxiété, de dépression et de santé de celui ayant été intronisé au Temple de la renommée à titre posthume. On y explique sa dépendance aux drogues et on y apprend qu’il était intoxiqué le jour de son écrasement. Un documentaire qui fait réfléchir.

9. Dans la tête d’Aaron Hernandez

Netflix

Comment une vedette de la NFL peut-elle en venir à commettre un meurtre? C’est la question que l’on se pose dans ce thriller à caractère psychologique, où l’on tente de comprendre ce qui a bien pu se passer pour que l’ancien ailier rapproché des Patriots de la Nouvelle-Angleterre en arrive à ce moment fatidique où il commet l’irréparable.

Champion universitaire en Floride, Hernandez venait à peine de signer un lucratif contrat avec les Patriots avant d’être accusé de meurtre en 2013. Sur le terrain, il formait un incroyable tandem d’ailiers rapprochés avec Ron Gronkowski, cible régulière du quart-arrière Tom Brady pendant longtemps. Condamné à la prison à vie, Hernandez s’est suicidé trois jours après avoir été acquitté dans un autre dossier, emportant avec lui tous ses secrets.

À VOIR aussi

Ma banque de documentaires sportifs n’est pas épuisée. Il m’en reste encore plusieurs à découvrir, comme ceux sur Gilles Villeneuve, Michael Vick, la famille Steinbrenner, la carrière de Lance Armstrong, la victoire improbable de James «Buster» Douglas contre Mike Tyson en 1990, l’histoire de la USFL et plusieurs autres. Bref, en l’absence de matchs en direct, il ne manque pas de sports à regarder!