Le 3 octobre 2010, alors qu'il avait 16 ans, l'attaquant Andrew Zaccardo a perdu l'usage de ses jambes après avoir été mis en échec par derrière par le défenseur Ludovic Gauvreau-Beaupré.

8 M$ de dommages pour un jeune hockeyeur plaqué de dos

Un jeune joueur de hockey devenu tétraplégique après une mise en échec violente a gagné en cour et s'est vu accorder une somme de 8 millions $ en dommages.
<p>Andrew Zaccardo a gardé de nombreuses séquelles de la violente mise en échec. </p>
Une somme qui pourrait être un record pour une telle cause, croit Stuart Kugler, l'un des avocats de la victime.
Depuis cette partie de hockey tragique en 2010, Andrew Zaccardo, qui n'avait alors que 16 ans, ne peut plus marcher, doit se déplacer en fauteuil roulant et a un usage limité de ses mains.
Dans une décision sévère et précise, le juge Daniel W. Payette écrit qu'«une patinoire de hockey n'est pas une zone de non-droit».
Faute civile
Il estime que le jeune Ludovic Gauvreau-Beaupré, aussi âgé de 16 ans, qui a fait une mise en échec par en arrière, a commis une faute civile.
Le juge Payette écrit que les mises en échec sont «catégoriquement défendues» par les règles du sport et ne sont pas des risques inhérents au jeu.
Le geste du joueur a été volontaire, car il n'a même pas tenté de l'éviter: au contraire, note le juge, il a utilisé son avant-bras pour projeter son adversaire contre la bande et a même accentué son geste en sautant.
Ludovic a admis connaître les règles de Hockey Québec et de Hockey Canada qui interdisent de telles mises en échec. Il avait déjà été sanctionné deux ans auparavant pour un geste similaire.
«Ni crédible ni fiable»
Le jeune a déclaré qu'il s'agissait d'un accident. Il a dit n'avoir alors d'yeux que pour la rondelle, et avoir réalisé trop tard qu'Andrew se trouvait dans son chemin. Il n'a pu s'arrêter avant d'entrer en contact avec lui, a-t-il relaté au procès.
Le juge, qui a visionné le jeu puisqu'un parent l'avait filmé, a déclaré que cette version n'était «ni crédible ni fiable».
«Le geste n'a rien d'accidentel», a-t-il tranché. Il a ainsi condamné Ludovic Gauvreau-Beaupré et la société d'assurance à payer 8 millions $, plus les intérêts et les frais de cour.