En deuxième période contre les Jets, lundi soir, Alex Ovechkin a marqué son 600e but en carrière. Il est le quatrième joueur le plus rapide de l'histoire de la LNH à atteindre ce plateau.

600 buts pour Ovechkin!

WASHINGTON — Alex Ovechkin a saisi son propre retour pour pousser la rondelle au fond du filet et ainsi se joindre au club des marqueurs de 600 buts dans la LNH.

Le capitaine des Capitals de Washington, qui a marqué deux buts contre les Jets de Winnipeg lundi soir, est devenu le 20e joueur à atteindre ce plateau, à son 990e match en saison régulière. À ce chapitre, seuls trois joueurs ont réussi à faire secouer les cordages 600 fois plus vite que lui : Wayne Gretzky (en 718 match), Mario Lemieux (719) et Brett Hull (900).

«C’est une sensation vraiment fantastique», a déclaré Ovechkin pendant une entrevue après la deuxième période. «Ma femme est ici, elle vient juste d’arriver de Moscou. En arrivant elle m’a dit : ‘‘J’ai le feeling que tu marqueras ton 600e ce soir.’’»

Son 600e but était son 42e cette saison pour le Russe de 32 ans, qui tente de marquer 50 buts en une saison pour la huitième fois de sa carrière. Il est également engagé dans une lutte serrée pour l’obtention de son septième trophée Maurice--Richard, remis au meilleur buteur de la Ligue. Patrick Laine, des Jets (qui a marqué un but lundi soir), et Evgeni Malkin, des Penguins, le suivent avec 41 et 39 buts respectivement. 

Les fans des Capitals, qui applaudissent les exploits d’Ovechkin depuis 13 ans, lui ont réservé une belle ovation de près d’une minute après qu’il soit revenu au banc et qu’un montage vidéo de ses plus beaux buts était diffusé sur le tableau indicateur. «Ovi! Ovi!» scandaient les partisans, poussant le prolifique buteur à se lever pour les saluer. 

Meilleur de sa génération

Après avoir marqué «seulement» 33 buts la saison dernière, son deuxième plus bas total en carrière lors d’une saison non écourtée, Ovechkin est revenu en force cette année, au point de pouvoir devenir le premier joueur de 32 ans ou plus à mener la LNH pour les buts depuis que Phil Esposito a réussi l’exploit en 1974-1975, saison à l’issue de laquelle il avait 33 ans.

«Il est probablement le meilleur franc tireur de notre génération», a déclaré son coéquipier Tom Wilson, qui a obtenu une aide sur le but historique. «C’est plaisant de jouer avec lui, car quand tu lui fais une passe, tu sais que les chances sont bonnes qu’il envoie la rondelle dans le filet adverse.»

Avant la rencontre, Laine n’avait pas caché aux journalistes son admiration pour Ovechkin lorsque les journalistes l’ont interrogé au sujet de la course au Maurice-Richard dans laquelle les deux hommes sont engagés. 

«C’est incroyable le rythme auquel il marque des buts. Atteindre cette marque en moins de 1000 matchs, c’est vraiment remarquable», avait dit le Finlandais, qui était certain lundi matin que le Russe parviendrait à marquer au moins deux buts avant qu’atteindre les 1000 matchs joués. 

Joueur plus mature

Maintenant chez les Jets, Matt Hendricks et Mathieu Perreault ont eu la chance de jouer avec Ovechkin à Washington et n’ont pas hésité à parler du plaisir qu’ils ont eu à côtoyer le flamboyant numéro 8.

«Je voulais toujours lui donner la rondelle quand je jouais avec lui», se souvient Hendricks. «Il a la capacité de changer un match à lui seul. Il est tellement talentueux.»

Perreault, qui a aussi eu la chance de jouer avec Teemu Selanne — qui a bouclé sa carrière avec 684 buts — à Anaheim, ne s’est pas fait prier pour abonder dans le même sens que Hendricks. «La façon dont il peut marquer, de tous les angles, avec son lancer foudroyant, ça défie toute logique. Je serai fier de dire à mes enfants et mes petits-enfants que j’ai joué avec Ovechkin. C’est une légende de ce sport.»

Surtout, Ovechkin a su au fil des ans s’adapter pour pouvoir encore et encore mystifier ses adversaires qui croyaient avoir une façon de le freiner. Il a aussi peaufiné son jeu défensif pour devenir un joueur plus complet. Une transformation qui n’a pas échappé à ceux qui lui font face depuis plusieurs saisons. 

«Quand il est arrivé, il était presque exclusivement un gars qui lançait au but et qui frappait», analyse l’entraîneur-chef des Jets, Paul Maurice. «Il était un joueur très physique qui patinait un peu partout. Puis, il est devenu plus rusé, il a trouvé le moyen de se démarquer. Et il est encore très physique, c’est très très exigeant de l’affronter. 

«Surtout, je crois qu’il sait maintenant mieux tirer profit du talent des joueurs autour de lui. C’est la marque de tous les grands joueurs. Il a progressé et maturé.»

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LANCER AVEC FORCE... ET VITESSE

Alex Ovechkin a déjà inscrit son nom six fois sur le trophée Maurice-Richard, remis au meilleur buteur de la LNH depuis 1999. Pas étonnant si on considère qu’il a déjà neuf saisons d’au moins 40 buts derrière la cravate. Seuls Wayne Gretzky (13), Mario Lemieux (10) et Marcel Dionne (10) en comptent davantage que le dynamique attaquant des Capitals. «Je ne crois pas que les gens réalisent à quel point c’est difficile de marquer autant de buts», souligne l’attaquant des Maple Leafs Nazem Kadri. «En plus, ça n’a jamais l’air forçant dans son cas. Il a tout un lancer.»

Le jeune centre des Jets, Andrew Copp, croit que son coéquipier Patrik Laine pourrait devenir tout aussi redoutable qu’Ovechkin. Bien sûr, Laine n’est pas encore en mesure de marquer en effectuant des puissants tirs du centre de la glace, mais Copp lance à la blague que «ça pourrait venir un jour». En attendant, Laine, qui lutte pour l’obtention du trophée Maurice-Richard, semble développer les mêmes capacités que le vétéran des Capitals pour dégainer avec une redoutable efficacité. «Ovi a un percutant et rapide tir des poignets, mais c’est aussi incroyable de voir à quel point Patty [Laine] a parfois l’air de décocher des darts en direction du filet», indique le défenseur Ben Chiarot, des Jets. «Il n’a besoin que de donner un petit coup de poignet pour mettre la rondelle où il veut. Je crois qu’il a le lancer le plus dangereux de la Ligue.»