Le juge de lignes natif de Beauport Jonny Murray a fait ses débuts dans la LHN à l'âge de 24 ans.

17 saisons comme un éclair

Pour le juge de lignes Jonny Murray, Noël arrivera quatre jours après tout le monde, cette année, puisque c'est le 29 décembre que le natif de Beauport officiera dans un 1000e match dans la LNH et sera honoré avant la rencontre qui opposera le Canadien aux Panthers, en Floride.
C'est donc après 17 ans de service dans le circuit Bettman, ou comme il le dit si bien lui-même «dans sept dodos», que le juge de lignes au chandail numéro 95 atteindra la marque significative des 1000 matchs.
«Habituellement, c'est plutôt 15 saisons, mais à cause des lock-out et d'une opération au dos qui m'a fait manquer une saison il y a deux ans, je suis arrivé à mon 1000e match à ma 17e année. Ça reste un chiffre qui est le fun à atteindre. Quand j'ai commencé, je voyais ça tellement loin!» s'est rappelé le francophone d'origine, malgré un nom à consonance anglaise.
Aujourd'hui âgé de 42 ans,  Murray admet ne pas avoir vu passer ce millier de rencontres, qui ont filé à la vitesse de l'éclair, depuis son embauche dans la LNH, à 24 ans.
«Ç'a passé très vite! Mais 1000 matchs, ça ne me fait pas seulement penser aux matchs que j'ai passés dans la LNH, mais à tout le travail que j'ai fait les huit années avant d'être engagé, les efforts, les entraînements... Parce que moi, c'était mon but de me rendre là. Eh bien là, je me dis que ç'a payé!»
En famille
Si Murray peut célébrer ce jalon, il le doit notamment à son père Albany, qui l'a encouragé dès le début, puis à son épouse Julie, son fils Dale et sa fille Laynee, qui font des sacrifices quotidiens pour qu'il puisse vivre de sa passion pour le hockey. Ils seront tous là avec lui sur la glace du BB&T Center, à quelques kilomètres à peine de sa résidence, jeudi.
«Ça fait deux mois que je suis au courant que je fais ce match-là et ça fait deux mois que mon père a acheté l'ensemble qu'il va porter sur la glace! Pour eux, la famille, des gens qui ne sont pas habitués à des réceptions de cette ampleur-là, c'est gros. Pour mon père, qui passe le prochain mois avec nous, c'est gros. Pour lui, d'être sur la glace, en plus avec le Canadien et la télé, c'est stressant. Et pour moi, de voir l'excitation qu'il a autour de cet événement-là, ça ajoute un petit côté le fun», a-t-il confié.
Il entend également partager cette journée spéciale avec des collègues de la première heure. Comme le veut la tradition, il a lui-même choisi ses partenaires de travail pour l'occasion et a arrêté son choix sur un trio québécois, soit les arbitres Eric Furlatt et Marc Joannette, ainsi que le juge de lignes Pierre Racicot.
«La veille, j'invite mes confrères de travail et leurs familles au restaurant pour qu'on puisse passer du temps plus intime ensemble. Parce que les gens avec qui je vais travailler ce match-là, ça fait 30 ans que je les connais. Quand j'ai commencé à arbitrer, on a fait notre chemin ensemble dans les ligues provinciales, la LHJMQ et la Ligue américaine. Ça va donc parler en français sur la glace ce soir-là!» a-t-il lancé, ajoutant qu'il allait également recevoir une centaine de personnes à la maison après la rencontre.
Souvenirs
À cette occasion, il se ressassera sans doute beaucoup de souvenirs. Les plus beaux de Murray remontent à ses premières armes dans la LNH, alors qu'il côtoyait des idoles comme Mario Lemieux et Joe Sakic sur la patinoire.
«Aujourd'hui, la fierté que j'ai, c'est le succès que j'ai eu dans les dernières années avec mes participations à deux finales de la Coupe Stanley [2012 et 2014] et à la Coupe du monde. Pendant l'hymne national du match préparatoire entre le Canada et les États-Unis à Ottawa, ça m'a d'ailleurs frappé. Je voyais le dos des chandails des joueurs, sur la ligne bleue, et je me suis dit : "Wow! Je suis rendu là!"»
Sur la glace jusqu'à 55 ans?
S'il n'en tient qu'à lui, Jonny Murray patrouillera les patinoires de la LNH pendant encore 13 autres saisons, ce qu'il estime possible dans la mesure où il se tient loin des blessures. Mais cette réalité le guette toujours. À preuve, sept officiels sur 85 sont présentement hors de combat dans la LNH. Et puis, il y a les jeunots qui poussent en arrière... «J'ai 42 ans. J'aimerais terminer ma carrière à 55 ans. Tout dépendant de ce qui arrive, parce que le hockey change. Il est devenu tellement rapide! Ce que je faisais il y a 15 ans n'est plus bon. Il faut donc que je m'ajuste au hockey d'aujourd'hui si je veux rester, alors je fais ces efforts-là à l'entraînement pour rester le plus jeune possible physiquement», a raconté le juge de lignes.
Faut-il comprendre qu'il ait la marque des 2000 matchs dans le collimateur? «Ça va m'amener près de là, mais je ne crois pas me rendre là. Parce que rendu là, ce n'est plus un but. Avec ce que j'ai vécu avec ma blessure au dos, le but, c'est plutôt de rester en santé et de rester le plus longtemps possible. Parce que j'aime le hockey. Quand j'embarque sur la glace, c'est facile pour moi. C'est mon lieu de travail. C'est là où je me sens bien.»