Le directeur du club de golf Orléans, Pierre Gosselin, espère profiter du 150e anniversaire du terrain de neuf trous pour le faire connaître davantage du grand public.

150 chandelles pour le club Orléans

Le plus vieux club de golf en Amérique du Nord fête ses 150 ans cet été. Cette longévité aurait sans doute mérité feux d’artifice, tambours et trompettes, mais les temps sont encore durs pour le milieu du golf au Québec.

Dans ce contexte, le club Orléans de Sainte-Pétronille soulignera l’événement avec deux tournois dans les prochaines semaines, un premier le 6 juillet avec élus et partenaires; un deuxième les 23 et 24 août, le traditionnel tournoi du Patrimoine, destiné aux membres et à leurs amis, où s’ajouteront des activités spéciales en lien avec le 150e.

Président du club depuis deux ans, Pierre Gosselin espère voir le bucolique terrain rayonner davantage grâce à cet anniversaire. L’occasion, aussi, de chasser certains mythes entourant le petit neuf trous. «Le club n’est pas connu. C’est notre défi. Le club Saint-Laurent est fermé, alors les gens pensent souvent qu’il n’y a plus de club à l’île d’Orléans. Mais dès qu’ils viennent le jouer, ils reviennent», affirme M. Gosselin, vantant la rusticité du parcours et l’esprit de camaraderie des membres.

Un autre mythe a la vie dure, selon Pierre Gosselin : celui selon lequel l’Orléans est un club privé. Ce n’est pourtant plus le cas depuis… 1939. «Ç’a déjà été un club très sélect. Il y déjà eu 250, 275 membres. Il y a déjà eu des listes d’attente ici», rappelle-t-il, parlant d’un passé pas si lointain. «Mais là, c’est vraiment un club pour monsieur et madame Tout-le-monde. C’est un beau niveau de golf, mais c’est ouvert à tous les niveaux de joueurs.»

Plus vieux que la municipalité

Les premiers aménagements du club Orléans apparaissent en 1868, avant la création de la municipalité de Sainte-Pétronille, trois ans plus tard. Situé sur un domaine appartenant à la famille Dunn, le parcours ne compte alors que trois trous. Un membre de la famille achète en 1872 une terre de 11 arpents pour y aménager les six trous supplémentaires. Les héritiers Dunn possèdent toujours près de la moitié des terrains du Orléans; l’autre moitié appartient au club lui-même.

S’y côtoient actuellement 175 membres, dont 63 % ont 65 ans et plus. Comme la plupart de ses semblables au Québec, l’endroit cherche des moyens pour renouveler sa clientèle. «On a tous le même problème : ramener la relève. Elle n’est pas là», se désole M. Gosselin.

L’absence de transport en commun reliant Québec à l’île d’Orléans demeure un obstacle. Mais la petitesse du parcours est au contraire un bienfait, soutient M. Gosselin. «C’est avantageux parce que le temps de loisir est compté aujourd’hui. Deux heures et demi pour jouer au golf, au lieu de cinq heures, c’est un avantage. On table là-dessus. On cherche des profils neuf trous.»