Le boxeur de Baie-Saint-Paul a fait plaisir à ses partisans locaux en coupant le souffle à son rival avec un puissant crochet de gauche dans les côtes. Il avait affaibli son adversaire avec un coup identique dans le round précédent.

10e victoire d'affilée pour Sébastien Bouchard

Même s'il a patienté jusqu'à 23h09 avant de se pointer entre les câbles du Centre Vidéotron, Sébastien Bouchard a mérité sa 10e victoire d'affilée en prenant la mesure du Salvadorien Vitor Jones Freitas par arrêt de l'arbitre au troisième round.

Le boxeur de Baie-Saint-Paul a fait plaisir à ses partisans locaux en coupant le souffle à son rival avec un puissant crochet de gauche dans les côtes. Il avait affaibli son adversaire avec un coup identique dans le round précédent.

«Ç'a valu la peine d'attendre, je suis bien content. On s'y attendait un peu, on nous avait mis au courant dans la journée qu'on pouvait passer après Marie-Ève. En même temps, on a fermé le Centre Vidéotron et le monde était là pour nous», disait celui qui a porté sa fiche à 18-1.

Il livrait son quatrième combat dans le nouvel amphithéâtre de Québec et n'y a jamais perdu. En fait, il est 11 en 11 dans des combats disputés dans la capitale depuis le début de sa carrière professionnelle.

«C'est le combat auquel on s'attendait. Il était un ancien 135 livres, on savait qu'il était très rapide avec une bonne feuille de route. Dans la chambre, on se disait qu'il se pouvait que je me fasse déborder, mais que je devais mettre de la pression et qu'il finirait pas casser, c'est un peu ça qui s'est passé quand je l'ai frappé au corps au deuxième», expliquait le boxeur de 31 ans à propos de celui qui perdait pour la troisième fois en 18 combats.

Bouchard et son équipe ont alors perçu une fragilité devant lui et il a continué à le travailler au corps. «L'objectif n'était pas de l'envoyer au tapis dès le troisième round, mais plutôt de le ralentir et de marcher dedans. Finalement, ça s'est passé au troisième.»

Bouchard avait vécu une déception dans la dernière semaine en sachant qu'il ne se battait pas pour une ceinture, samedi, en raison d'un changement d'adversaire. En fin de compte, il n'a rien perdu au change.

«S'il y a de quoi, celui-ci était plus dangereux que [Ali] Funeka même si ce dernier était un ex-champion du monde. Je crois qu'il serait venu ici pour faire des rounds, pour ne pas se faire mettre en danger, il aurait voulu gagner sans prendre de risque. Freitas est un ancien espoir, il avait beaucoup de talent, il venait d'une famille de boxe et son oncle a été un grand champion du monde. On savait qu'on avait de l'adversité», notait celui qui travaille au Port de Québec.

Il s'agissait donc d'un combat important pour lui, malgré l'enjeu moins grandiose que prévu.

«Je n'ai pas de problème avec un gars qui cogne fort, qui est fort physiquement. J'ai plus de difficulté avec ceux qui me battent de vitesse. J'ai commencé ma carrière chez les super-lourds à 203 livres, j'ai fait toutes les catégories en descendant. Je suis habitué avec les gars plus forts et plus lents. Ma nouvelle réalité, c'est de me battre chez les 147 livres, où les gars sont plus rapides. On a vu que par ma force physique, j'étais capable de les ralentir, mais s'ils sont plus rapides que moi, qu'ils ont plus de volume et de meilleures mains que moi.»

D'ici peu, Bouchard avisera «officiellement» son employeur actuel qu'il se consacrera à temps plein à la boxe, en 2019. Le contrat qui l'attache au groupe GYM prend fin en février, mais celui-ci détient une option d'un an. 

«On a parlé un peu avec Yvon cette semaine, on va s'asseoir ensemble pour voir ce qui s'en vient. Je laisse un peu aller ça, je ne suis pas un gars stressé, je navigue bien avec ça. Avec les années, j'ai appris à laisser aller. Comme avec les changements d'adversaires et d'heures, le monde capotait autour de moi, sauf moi...»