dette Lapierre, qui détient le record pour le chrono le plus rapide pour une femme au 10 km de l’Université Laval, a dominé la scène de la course à pied à Québec et au Québec pendant plusieurs années. Elle a cependant troqué ses espadrilles pour un vélo il y a quelques années.

10 km de l’Université Laval: des records difficiles à battre

Associé à l’épreuve de course à pied des 10 km de l’Université Laval depuis 50 ans, Richard Chouinard estime que les records de John Halvorsen (28 minutes 55 secondes) et son ancienne protégée Odette Lapierre (33 minutes 45 secondes), qui tiennent depuis presque 30 ans, risquent fort d’être encore en place encore après le cinquantième de l’épreuve qui sera disputé dimanche.

«Durant les 50 années où j’ai été associé de près ou de loin à cette course, ce qui m’a marqué le plus, ce sont ces deux records», raconte Chouinard en entrevue avec Le Soleil. En 1990, Halvorsen, un Norvégien qui avait fini 16e sur 10 000 m aux Jeux olympiques de Séoul deux ans plus tôt, résidait à Ottawa, car son père était diplomate au Canada. L’athlète de 24 ans s’était amené à Québec pour participer à l’épreuve de 10 km. «Il pleuvait cette journée-là et je l’avais suivi à vélo quand il a réalisé cet excellent chrono», se souvient encore Chouinard. Halvorsen a ensuite participé aux Olympiques de Barcelone et fait carrière dans le domaine de la course à pied, étant devenu jusqu’à tout récemment PDG du Marathon d’Ottawa.

Difficile à battre

Pour Chouinard, le record d’Halvorsen sera difficile à battre. «Il n’y a à peu près personne au Québec qui réalise de tels chronos. Il faudrait des coureurs de l’international, des Kényans ou des Éthiopiens résidant à Ottawa par exemple. Je sais qu’en plus de la bourse de 1000 $ au gagnant, les organisateurs en ont ajouté une autre de 1000 $ si le record est battu. Je ne sais pas si ce sera suffisant pour attirer d’autres coureurs capables d’abaisser cette marque», poursuit-il.

Les meneurs du circuit de la Coupe Québec Viens Courir, dont les 10 km de l’Université Laval sont la dernière étape, seront tout de même à surveiller : le champion provincial des 21,1 km sur route François Jarry et deux anciens de l’équipe d’athlétisme du Rouge et Or Anthony Larouche et Alexis Lavoie-Gilbert, respectivement vice-champion sur 5 km et champion québécois aux 5000 m senior en 2018.

La marque de 33:45 d’Odette Lapierre est cependant plus «accessible», selon le vétéran des 10 km. «L’an dernier, la gagnante était à un peu moins de 30 secondes du record», fait remarquer Richard Chouinard. La championne provinciale aux 21,1 km Meggie Dargis, la championne provinciale senior sur 10 000 m Sabrina Saint-Gelais et Anne-Marie Comeau, qui a pris part aux Jeux olympiques de PyeongChang en ski de fond, seront les noms à surveiller.

Une partie de sa vie

Pour Richard Chouinard, qui n’a toujours pas l’intention de s’éloigner de cette épreuve à 68 ans, les 10 km représentent une bonne partie de sa vie d’adulte. «J’ai couru le premier en 1967. Vous voyez que ça fait 52 ans et non 50 ans. C’est parce qu’il y a eu deux années où l’épreuve n’a pas eu lieu : 1976 alors que le campus était fermé durant quatre mois à cause de la grève des professeurs, et 1981, alors que l’armée canadienne avait tenu un marathon au PEPS en association avec l’Université Laval à la place des 10 km», se souvient-il.

Malgré tout, Richard Chouinard allait courir seulement un autre 10 km de l’Université Laval par la suite puisqu’il a plutôt collaboré étroitement à l’organisation de l’épreuve dont il est devenu le grand responsable en 1982, un rôle qu’il allait jouer pendant 33 ans. «Maintenant, je demeure associé à l’épreuve, mais je m’occupe seulement des parcours, des corridors, en plus de participer aux réunions de sécurité avec l’Université Laval et la Ville de Québec», enchaîne-t-il. À travers les années, il aura vu les 10 km être courus dans presque toutes les conditions possibles et imaginables. «Chaud, froid, pluvieux, venteux... Je me rappelle surtout des chaleurs extrêmes où on vait cinq ou six ambulances pour aller chercher les coureurs déshydratés, mais aussi des pluies torrentielles avec des températures de 10 à 12 °C. On a aussi eu du beau temps!», conclut celui qui sera sûrement heureux des 18 °C et seulement 30 % de probabilités de précipitations prévues dimanche par Environnement Canada.