Football

Encore Brady et Gronkowski!

PITTSBURGH — Le quart Tom Brady et l’ailier rapproché Rob Gronkowski ont refait le coup aux Steelers de Pittsburgh. Brady a rejoint Gronkowski à plusieurs reprises pour mettre la table au touché victorieux de Dion Lewis avec 56 secondes à écouler au quatrième quart et les Patriots de la Nouvelle-Angleterre ont défait les Steelers 27-24, dimanche.

Les Patriots (11-3) ont maintenant le bris d’égalité pour l’avantage du terrain dans la Conférence américaine si les deux équipes venaient qu’à présenter la même fiche en fin de saison. Les Steelers (11-3) ont vu leur séquence de huit victoires prendre fin.

Brady a lancé deux passes de touché et pour des gains de 298 verges. Il a été victime d’une interception. Gronkowski a quant à lui conclu l’affrontement avec neuf réceptions pour des gains de 168 verges, dont quatre attrapés lors de la série à l’attaque victorieuse.

«C’était un match serré. Nous avons simplement fait un jeu de plus qu’eux, a observé Brady. Ils tentaient de nous défier et Rob a réalisé plusieurs bons jeux. D’autres joueurs ont aussi réalisé de bons jeux, mais quand il est libre, il capte le ballon.»

Les Steelers semblaient toutefois avoir repris les devants avec 28 secondes à jouer, quand Ben Roethlisberger a repéré l’ailier rapproché Jesse James pour un touché de 10 verges. Le jeu a toutefois été annulé parce que l’arbitre en chef Tony Corrente a jugé que le ballon avait bougé quand James a étiré les bras jusque dans la zone des buts. JuJu Smith-Schuster avait franchi 69 verges lors du jeu précédent. «Il a complètement perdu la maîtrise du ballon», a mentionné Corrente devant les journalistes.

Cette décision a laissé James bouche bée. «Je ne dois pas connaître beaucoup le football dans ce cas. Je ne peux prendre la décision, évidemment. Les arbitres estiment avoir rendu la bonne décision. Nous allons revoir cette séquence lors des prochains jours.»

Avec encore quelques secondes à écouler, Roethlisberger a rejoint Darrius Heyward-Bey pour un court gain, mais ce dernier n’est pas sorti hors des limites du terrain. Le quart des Steelers s’est amené derrière son centre. Il a fait mine de lancer le ballon au sol et il a décoché une passe vers un de ses receveurs.

Eli Rogers a touché au ballon et le demi de sûreté des Patriots, Duron Harmon, a cueilli l’objet au vol avant de déposer le genou au sol. Une tentative de botté de placement des Steelers aurait pu envoyer ce duel en prolongation.

«Nous n’allons pas remettre en question qui que ce soit ou quel jeu que ce soit, a soutenu Roethlisberger. Nous avons perdu et j’ai lancé une interception dans la zone des buts pour mettre fin au match.»

Antonio Brown blessé

Roethlisberger a complété 22 de ses 30 passes pour des gains de 281 verges. Il a lancé deux passes de touché en plus de son interception en fin de rencontre. Le porteur de ballon Le’Veon Bell a récolté 117 verges au sol et il en a ajouté 48 par la passe. Les Steelers ont cependant perdu les services du receveur Antonio Brown, qui mène la NFL au chapitre des verges. «Je ne cherche pas de victoires morales, a affirmé Roethlisberger. Nous avons perdu et c’est difficile à digérer. La saison n’est toutefois pas terminée.»

Les Patriots ont battu les Steelers pour une cinquième fois de suite.

NFL

Les Panthers à vendre après les allégations concernant le propriétaire

CHARLOTTE, N.C. - Le propriétaire des Panthers de la Caroline, Jerry Richardson, a décidé de vendre l'équipe alors qu'il fait l'objet d'une enquête de la NFL concernant des allégations d'inconduite sexuelle et d'utilisation de propos raciste au travail.

L'équipe de football a publié un message sur Twitter dimanche, accompagnée d'une lettre du propriétaire de 81 ans.

Le seul propriétaire de la franchise a écrit qu'il croyait qu'il était temps de vendre l'équipe, ajoutant que les démarches et les discussions ne débuteraient qu'après la saison.

Les Panthers, qui ont perdu le Super Bowl il y a deux saisons, seront de nouveau en séries éliminatoires cette année.

Jerry Richardson a écrit qu'il espère que «tous les membres de l'organisation, sur le terrain et à l'extérieur, seront concentrés sur une seule mission: jouer et gagner le Super Bowl».

La lettre de Jerry Richardson ne traitait pas directement de l'enquête ou des allégations contre lui.

Sports, etc

Martin Chouinard animé par la passion de sa jeunesse

Quand il est question de hockey, Martin Chouinard est animé par la même passion que celle qu’il avait quand il donnait ses premiers coups de patin à l’aréna de Vanier. «Je parle de hockey et j’ai des frissons, lance-t-il. Je ne pourrais pas vivre sans hockey. C’est pour cette raison que depuis que je suis à la retraite, je suis impliqué auprès des jeunes. Et je ne vois pas le jour où je ne le serai plus.»

Technicien hockey au niveau atome à Beauport depuis bientôt 12 ans, Chouinard dirige aussi une école de hockey estivale (Extreme Power Skating) en compagnie de l’ex-officiel de la LNH Jonny Murray. Pour lui, le bonheur, c’est de partager son savoir, son bagage et son enthousiasme avec des jeunes de 9 et 10 ans. «J’adore ce niveau. Quand tu parles aux jeunes, ils ont les yeux gros comme ça. Ils veulent apprendre. Et moi, j’aime enseigner.»

Même s’il n’a jamais évolué dans la LNH, Chouinard a laissé sa marque dans le monde du hockey en étant l’un des piliers ayant permis aux Prédateurs de Granby de remporter la Coupe Memorial en 1996. Mais il s’en est fallu de peu pour qu’il ne joue jamais dans le circuit junior québécois. Le petit joueur avait décidé de prendre la direction de l’Université Harvard, qui lui avait offert une bourse d’études. Il avait informé les équipes de la LHJMQ de ne pas le repêcher.

«J’étais sérieux. Comme je devais faire une 13e année avant d’entrer à l’université, j’étais allé à Hawkesbury visiter la pension où Martin St-Louis et Éric Perrin résidaient. Et j’avais passé le SAT test.»

Quand même réclamé par le Collège français de Verdun en deuxième ronde de l’encan de 1993, il a rencontré le directeur général Pierre Creamer qui l’a convaincu de jouer dans la LHJMQ... à Granby, l’équipe y ayant été vendue. «La famille ayant toujours été très importante pour moi, je me suis dit que Granby, c’était beaucoup plus proche de Québec que Boston.

«Aujourd’hui si c’était à refaire, j’emprunterais probablement le chemin des universités américaines. Un diplôme de là-bas, ça ouvre bien des portes. Mais d’un autre côté, je ne pourrais pas gagner la Coupe Memorial, un événement qui a marqué ma vie.»

Étudier dans la LHJMQ

Désireux d’obtenir un diplôme, Chouinard a poursuivi ses études parallèlement à sa carrière dans la LHJMQ. À l’époque, il pouvait compter sur les doigts d’une seule main ses coéquipiers qui étaient à l’école.

«Ce n’était pas facile. Je me souviens que l’on avait perdu un match que nous aurions dû gagner à Halifax. Michel Therrien était vraiment choqué. Lors du voyage de retour immédiatement après le match, il avait interdit que soit allumée la moindre lumière au-dessus des sièges. J’avais un examen le surlendemain. J’avais dû passer une couple d’heures embarré dans les toilettes pour étudier.»

Malgré des campagnes de 52 et 41 buts à ses deux dernières années junior, Chouinard n’a pas attiré l’attention des recruteurs de la LNH. À l’époque, les joueurs de 5’6’’ n’avaient pas leur place dans la grande ligue. «Est-ce que je regrette quoi que ce soit? Non, je suis très fier de la carrière que j’ai eue.»

Chouinard a passé trois saisons dans les circuits professionnels, son année la plus mémorable étant la première qu’il a jouée avec les Rafales de Québec, un scénario de rêve pour celui qui avait grandi à l’ombre du Colisée. Après quelques saisons aux États-Unis, il a ensuite pris sa retraite.

«J’avais 24 ans, j’étais dans la WPHL et je stagnais. Quand tu vois que tu n’iras jamais plus haut, c’est le temps d’arrêter et de penser à ton après-carrière.»

De retour au Québec, le petit joueur a pu faire une transition entre le hockey et sa nouvelle carrière professionnelle en jouant au hockey semi-pro. À cause de ses obligations professionnelles de représentant, il a dû accrocher ses patins en 2006. «Je ne pouvais pas me donner à 100 % au hockey et dans ma carrière.»

Chouinard reconnaît que ses débuts dans le monde du travail n’ont pas toujours été évidents. En blaguant, il raconte la réaction qu’il a eue en voyant son premier chèque de paie. «J’ai fait un saut. Je me suis dit : “J’ai travaillé deux semaines pour ça! Je joue un match de hockey de deux heures, j’ai du plaisir et ça m’en donne autant.” Mais c’est ça, la vie. Il faut commencer au bas de l’échelle. Et j’ai travaillé fort pour devenir le meilleur dans ce que je faisais.»

Aujourd’hui, Chouinard est vice-président Vente et développement des affaires chez Nirvana chauffe-piscine, une entreprise de Trois-Rivières qui a un chiffre d’affaires de 10 millions $ et des clients dans une quinzaine de pays.

«Nous offrons la thermopompe la plus écoénergétique. Elle est très en demande à cause de ses performances et parce qu’elle est très silencieuse. Je voyage beaucoup aux États-Unis, du côté de l’Europe et même en Australie. Dans mon travail, il n’y a jamais de routine. Je suis vraiment choyé, fier du chemin que j’ai parcouru. Le hockey m’a apporté beaucoup. Et il me sert encore dans ma vie de tous les jours. C’est une carte que j’ai dans mon jeu.»

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Sénateurs

Le vrai Erik Karlsson s’est levé

Après tout ce qui avait été dit et écrit, les Sénateurs ressentaient une pression énorme de gagner le match de samedi. Leur capitaine et joueur de concession a décidé de prendre les choses en main.

Erik Karlsson a fracassé deux records, samedi. Il a d’abord trouvé un moyen de rester au chaud en passant 32 minutes et 55 secondes sur la patinoire. Il a ensuite fait preuve de courage en bloquant huit lancers.

Dans tous les matches en plein air organisés par la Ligue nationale de hockey depuis 2003, personne n’en avait fait autant.

Guy Boucher, débordant d’enthousiasme, a déclaré qu’il a eu l’impression de revoir le Karlsson des beaux jours. « Il est de retour à 100 % », a-t-il affirmé.

Karlsson, à son retour au vestiaire, s’est montré un peu plus modeste. « Si c’était mon meilleur match de la saison ? Bof... Mettons que c’était mon meilleur match en plein air. Le meilleur match en plein air de toute ma vie », a-t-il dit avec un petit sourire en coin.

Il n’avait, bien entendu, jamais joué dans un stade à ciel ouvert.

Bloquer des lancers sur une patinoire extérieure, alors que le mercure se situe sous la barre des moins 15 degrés Celsius, demande une certaine dose de courage. Plus les rondelles sont gelées, plus elles sont dures. Plus elles sont dures, plus elles font mal.

« Ça ne faisait pas du bien, a réagi le défenseur qui a obtenu une mention d’aide sur le premier but de la soirée. J’aurais probablement pu choisir un meilleur soir pour bloquer huit rondelles. À la fin de la journée, j’ai simplement choisi de faire ce que j’avais à faire. Tout le monde a fait son travail dans ce match. Je n’ai pas été le seul joueur à bloquer des tirs. Certains attaquants ont pratiqué un échec-avant agressif. D’autres ont aidé la défensive lors du repli. Nos défenseurs ont été efficaces, tout au long du match, lors des sorties de zone. Nous voulions tous gagner ce match. Nous avons agi en conséquence. »

Karlsson a quand même pris soin de spécifier que cette victoire ne change pas tout. Les Sénateurs ont quand même entrepris la semaine au 28e rang du classement général de la LNH.

Un gain face à un rival de division, dans le cadre d’une soirée historique, ne peut effacer un mois complet de grosse misère.

« Nous sommes encore très loin de notre profit », reconnaît-il.

Des fleurs

Les Sénateurs ne pourront pas remonter le classement d’un seul coup. Pour sauver ce qu’il reste de la saison, leur capitaine devra livrer plusieurs autres performances aussi inspirées au cours des quatre prochains mois. C’est un peu ce que Guy Boucher voulait dire, très tard samedi soir, dans sa conférence de presse d’après-match.

« On regarde ce qu’Erik a vécu. Il a passé tout l’été sans s’entraîner une fois. Il n’a pas été capable de faire le moindre petit exercice. Il n’a pas eu de camp d’entraînement. Il a été obligé d’attendre. Les gens confondent parfois Erik Karlsson et Superman. Les gens pensaient qu’il serait bon en partant... »

« Je m’excuse. C’était clair pour moi et pour tout notre staff que le vrai Erik Karlsson ne remonterait pas à la surface avant Noël. C’est exactement ce qui se produit. Tranquillement, il reprend sa vitesse », a-t-il expliqué.

Boucher demeure convaincu que Karlsson a été le premier à surestimer ses propres capacités. « Erik peut rattraper le temps perdu plus rapidement que les autres, mais il y a quand même un processus normal à respecter. Je pense qu’il a récemment accepté cela. Depuis, il se frustre moins. Il est plus calme. »

Karlsson a été interviewé sur le terrain de la Place TD, après la partie. Ses commentaires ont été diffusés sur l’écran géant alors que la foule se dispersait.

« On aime nos partisans et on aime cette ville », a-t-il déclaré. Cette déclaration toute simple a fait du bien à ceux qui avaient été écorchés, vendredi, par les commentaires maladroits du propriétaire Eugene Melnyk.

« Nous avons perdu beaucoup de matches, sur la route, récemment. Nous voulions montrer aux fans que nous voulons gagner autant qu’eux », a-t-il dit.

Hockey

Gardien de but à louer

Jacques Gravel n’est peut-être pas aussi bon que Carey Price, mais ses talents de gardien de but lui ont permis de sauver plus d’une partie de hockey.

Et à 40 $ le match, M. Gravel coûte vraiment moins cher que le gardien de but du Canadien, qui a paraphé au cours de l’été un contrat de huit ans d’une valeur de 84 millions $.

Jacques Gravel fait partie du nombre croissant de gardiens de but amateurs à offrir leurs services par le biais de GoalieUp, un site Web et une application qui mettent en contact des gardiens de but avec des équipes de hockey devant trouver à la dernière minute quelqu’un pour garder leur filet.

L’homme âgé de 51 ans affirme que louer ses services comme gardien de but l’a aidé à se maintenir à flots financièrement lorsqu’il était au chômage, il y a quelques années.

«Je courais d’une patinoire à une autre, avec en moyenne une ou deux parties chaque jour, se rappelle-t-il. C’est quelque chose qui m’a permis de tenir le coup durant cette période.»

Si ce revenu d’appoint peut s’avérer pratique, Gravel soutient que sa passion pour le hockey et son désir d’aider d’autres joueurs sont de loin ses plus grandes sources de motivation.

«J’adore jouer et je n’ai jamais rencontré un groupe de joueurs qui étaient mauvais, raconte-t-il. Lorsque le gardien fait son apparition dans le vestiaire, ils sont très contents. Tu es la vedette de l’équipe et très apprécié.»

L’application a été créée par Mark Manning, un gardien de but de la région de Montréal qui a eu l’idée de louer ses services comme substitut lorsqu’il était étudiant et sans emploi.

2000 cerbères au Canada

Ce qui a commencé comme un service de messagerie texte pour les gardiens de but montréalais il y a sept ans est maintenant devenu un site Web et une application proposant quelque 2000 gardiens à travers le Canada, dont entre 700 et 800 dans Montréal et les environs.

Plusieurs ligues de hockey possèdent une liste de gardiens de but prêts à faire des remplacements. Mais les entrepreneurs comme M. Manning ont recours à la technologie pour fournir une solution pratique à l’un des éternels problèmes des équipes de hockey.

Selon Mark Manning, plusieurs ligues sont aux prises avec une pénurie de gardiens de but, surtout parce que ce rôle vient avec un lot de défis sur le plan physique et mental.

«Ce n’est pas juste se tenir debout devant une rondelle, indique-t-il. Tu dois aussi être mobile, être flexible, il y a plein de choses à considérer, incluant le coût de l’équipement.»

Les équipes qui utilisent GoalieUp doivent payer 40 $ pour la première heure, ce qui comprend des frais de réservation et une somme d’argent pour le gardien de but.

Les gardiens reçoivent un montant additionnel si la partie dure plus longtemps, plus un 10 $ supplémentaire pour un match tard en soirée ou une requête présentée à la dernière minute.

Si la plupart des demandes proviennent des ligues de garage, M. Manning affirme avoir déjà fourni des gardiens de but pour des tournois se déroulant dans des cours de résidences privées et même pour un événement au chic hôtel Le Reine Elizabeth, où deux gardiens ont dû bloquer les tirs de gens d’affaires.

Boxe

Après sa défaite contre Saunders, que réserve l'avenir pour Lemieux?

MONTRÉAL - Après la leçon de boxe qu'il s'est fait servir samedi par le Britannique Billy Joe Saunders, que réserve l'avenir pour David Lemieux?

Plusieurs seront tentés de déclarer Lemieux «fini» ou de dire qu'il ne fait pas partie de l'élite mondiale. Il faut éviter de sauter aux conclusions hâtives : Lemieux n'a perdu que deux fois à ses 15 dernières sorties, contre un extra-terrestre triple champion du monde en Gennady Golovkin et face à Saunders, lui aussi champion du monde et au style évasif qui en trouble plus d'un. Bref, il n'y a rien de honteux là-dedans.

Ceci dit, ce cinglant revers - car c'en était un - aura un effet à court terme sur les plans du clan Lemieux. Mais encore là, pas trop marqué, aux dires de son promoteur, Camille Estephan, président d'Eye of the Tiger Management.

«C'est certain qu'on s'attendait à une victoire; on est déçu, a-t-il déclaré aux petites heures du matin, dimanche, dans les entrailles de la Place Bell de Laval. Mais ça ne nous coûte pas tant : David Lemieux va toujours avoir beaucoup de chances de se remettre avec des victoires. Ça ne nous fait pas avancer, mais ça ne nous fait pas trop reculer non plus. La télévision américaine va toujours le vouloir. Il a vraiment tout tenté [samedi].»

Lemieux et son entraîneur, Marc Ramsay, ont fait état d'une blessure à l'épaule gauche après le combat. Sans chercher d'excuses, le clan Lemieux aurait bien aimé pouvoir compter sur toutes ses armes pour tenter de contrecarrer les plans de Saunders.

«Nous, on avait prévu l'attaquer au corps dès le premier round. On voulait lui couper les jambes le plus rapidement possible, mais la distance a été difficile à trouver, a expliqué Ramsay. Avec la blessure de David survenue rapidement, nous n'avons pas pu exécuter notre plan. David devait contre-attaquer son jab avec un crochet décoché un peu de côté, pour ouvrir la porte pour ses approches. Là, on n'était pas en mesure de le faire. On l'a vu : à chaque jab qu'il lançait, le bras tombait. La puissance n'était pas au rendez-vous. Ça nous a enlevé un gros outil que nous avions prévu pour ce combat.»

Autocritique

Mais l'entraîneur prend également une part du blâme.

«Quand on est au sommet de l'industrie comme l'est David Lemieux, les styles, il faut les solutionner. C'est le job de l'entraîneur et du boxeur de faire ça. En équipe, il faut réussir à faire ça. [Samedi soir], nous n'étions pas à notre meilleur. David l'a toutefois prouvé dans le passé : c'est quelqu'un qui n'a pas peur de faire de l'autocritique. Je suis capable de faire la même chose. Nous allons mettre sur la table toutes les choses qui ont fonctionné et celles qui n'ont pas fonctionné. On va regarder en avant et foncer, comme on l'a toujours fait.

«Je pense qu'on a peut-être sous-estimé les jambes de Saunders. On savait qu'il allait s'en servir : on a beaucoup travaillé là-dessus au camp d'entraînement. On voulait s'approcher de lui. Je ne pensais pas qu'il allait être en mesure de nous éviter pendant 12 rounds. Je pensais qu'on allait être capables de s'approcher de lui, de lui faire mal au corps pour lui couper les jambes et de monter ensuite à la tête pour lui faire mal. Ce n'est jamais arrivé.»

Concrètement, Lemieux doit-il faire une croix sur les gros combats pour l'instant?

«Je l'ai déjà vécu avec d'autres boxeurs : le soir d'une défaite, ç'a toujours l'air dramatique. Mais nous ne sommes qu'à une victoire de relancer le train, a philosophé Ramsay. C'est comme ça la boxe : tu es toujours aussi bon que ta dernière performance.»

«Évidemment, une victoire nous aurait permis d'affronter un gars comme "Canelo" [Alvarez] tout de suite, a commenté Estephan. Là, ce sera un peu plus tard. Pour moi, ce n'est pas un désastre. C'est un petit recul.»

Sports

Erik Guay souffre d’une hernie discale au bas du dos

Les choses vont de mal en pis pour le skieur alpin Erik Guay. Au lendemain de sa décevante 32e place en descente à la Coupe du monde de ski alpin de Val Gardena, le vétéran âgé de 36 ans a indiqué sur son compte Twitter officiel dimanche qu’il avait rencontré les spécialistes d’un hôpital d’Innsbruck, en Autriche. Et les nouvelles sont mauvaises.

«Je rentre à la maison!, a d’abord indiqué Guay. J’ai subi un test d’imagerie par résonance magnétique hier (samedi) à Innsbruck. Je souffre d’une rupture de l’anneau fibreux de la quatrième vertèbre lombaire (L4). Merci au Sanatorium Kettenbrück pour le test d’imagerie par résonance magnétique.

Sports

Harvey chute et termine 9e

Parti quatrième, Alex Harvey a chuté à 500 m de l’arrivée et a dû se contenter du neuvième rang, dimanche, à la poursuite de 15 km de Toblach, en Italie.

Le Finlandais Matti «Heikkinen, qui a fini cinquième, a piqué son bâton sur ma spatule de ski. Je suis tombé. Ce n’est pas de sa faute ni de la mienne, tout le monde se bat à la fin et ça arrive», a expliqué le fondeur de Saint-Ferréol-les-Neiges, au téléphone.

À ce point de la course, le podium était déjà l’affaire du Norvégien Johannes Hoesflot Klaebo (33 min 31,1 s), du Russe Sergey Ustiugov (+ 1,9 s) et du Kazakh Alexey Poltoranin (+ 4,5 s). Le Québécois de 29 ans luttait pour conserver sa place parmi les cinq meilleurs de cette épreuve courue en style classique. Sa chute l’a plutôt relégué en queue du peloton de tête, franchissant le fil d’arrivée à 16,3 s du vainqueur.

Autrement, Harvey a été «dans le coup tout le long», naviguant toujours entre les deuxième et sixième positions. Il a de plus accompagné le Français Maurice Manificat dans sa poussée hâtive au départ, mais sans succès. Encore une fois, Klaebo s’est révélé trop fort pour la ligue.

Sans doute fouetté par sa «défaite» de la veille, samedi étant la première fois cette saison qu’il ne terminait pas en tête d’une course dont il prenait le départ (10e), le Norvégien de 21 ans raflait ainsi déjà sa septième victoire du calendrier de Coupe du monde 2017-2018.

«Il est vraiment, vraiment fort», ne peut que constater Harvey, ajoutant que le style classique sied en plus mieux à Klaebo. «Et il est tellement jeune qu’il s’améliore encore très vite. Chaque année, tu vois la différence.»

Héritier d’une longue lignée de domination norvégienne où il succède aux Petter Northug et Martin Johnsrud Sundby, Klaebo (752 points) mène déjà le classement général de la Coupe du monde par 324 points sur son plus proche poursuivant, Manificat (428). Pas mal, quand l’on considère que 322 points séparent le deuxième du... 23e!

Au sixième échelon (343), Harvey fait belle figure à ce palmarès. Dimanche s’avérait déjà son cinquième top 10 de la présente campagne amorcée le 24 novembre. «C’est mon meilleur début de saison en carrière. Plein de top 10, des top cinq, mais sans jamais de podium», fait-il remarquer.

«Si par exemple j’avais eu deux victoires, ç’aurait quasiment été plus inquiétant, indique Harvey. Mais ma forme est stable et il me reste à aller chercher ce petit cinq secondes pour grimper sur le podium.»

Il y travaille. Depuis mardi dernier, il suit un plan d’entraînement spécifique en préparation du Tour de ski, cette compétition phare de la saison avec sept épreuves en neuf jours. Ce bloc d’entraînement d’une dizaine de jours se terminera juste à temps pour Noël, alors que Harvey prendra «un ou deux jours de congé», sa première véritable pause «depuis un bout».

«Faire mieux»

L’équipe canadienne est basée à Davos, en Suisse, et son amoureuse l’y rejoindra pour un peu de ski alpin. Davos n’est qu’à quelques kilomètres de Lenzerheide, en Suisse, où s’amorcera le Tour de ski, le 30 décembre.

L’objectif principal pour tous, cet hiver, demeure les Jeux olympiques, en février. «À moins d’être Klaebo, tout le monde peut faire mieux», résume en riant Harvey, avant de passer en revue l’état des forces canadiennes.

Len Valjas soigne une blessure à l’épaule et se montre plus prudent que d’ordinaire avant de revenir en course pour s’assurer d’être en santé à PyeongChang. Le vétéran de bientôt 35 ans Devon Kershaw, 33e dimanche, connaît lui son meilleur début de calendrier en plusieurs années avec entre autres une 19e position à Lillehammer.

Boxe

Saunders sert une leçon de boxe à Lemieux

LAVAL — Billy Joe Saunders a imposé sa loi. Le champion en titre des moyens de la WBP a servi une leçon de boxe à David Lemieux, qui n’a rien pu faire face à l’agilité du Britannique.

Saunders (26-0, 12 K.-O.) l’a emporté par une décision unanime sans équivoque. Les trois juges lui ont octroyé l’avantage 120-108, 117-111 et 118-110 pour lui permettre de réussir une troisième défense de ce titre acquis en décembre 2015, face à son compatriote Andy Lee.

«Je savais ce que ça prenait, et je ne suis pas facile à vaincre», a dit Saunders. «On ne peut pas m’atteindre.» Sur le ring, Saunders a lancé un défi à Gennady Golovkin, qui détient les trois autres ceintures de la division. «Affronte-moi maintenant!»

Pour Lemieux (38-4, 33 K.-O.), il s’agit d’un premier revers depuis qu’il s’est incliné devan Golovkin, en octobre 2015. À l’image de ce revers face au Kazakhe, Lemieux s’est fait servir toute une leçon.

«Je n’étais pas à mon mieux ce soir», a laissé tomber Lemieux. «À partir du deuxième round, je n’ai pas pu utiliser ma main gauche comme je le voulais. Je n’ai pas pu faire ce que je voulais.»

Dès le premier round, Saunders a établi son jab et esquivé tout ce que Lemieux a lancé, se permettant même un bon uppercut de la droite qui a touché le menton du Québécois. Ça s’est poursuivi tout au long des assauts suivants, avec peut-être une légère exception au sixième, alors que Lemieux a semblé toucher la cible plus souvent. Mais encore. Il en aurait fallu beaucoup plus pour que l’aspirant obligatoire s’en tire avec la victoire.

Après avoir été vertement sermonné par son entraîneur Marc Ramsay à l’issue du 10e assaut, Lemieux a bien tenté de renverser la vapeur dans les deux derniers rounds, mais en vain.

La haine entre les deux adversaires a été palpable tout au long de l’affrontement. Saunders a souvent nargué Lemieux en fin de round. Ce dernier a même tenté de lui passer un soufflet après le 11e, également en vain.

Après le combat, Lemieux n’a pas immédiatement serré la main de son adversaire. Il a pris le temps de faire enlever ses gants et de décompresser un peu avant de finalement enlacer le champion, qui a fait honneur à son surnom, «The Superb» dans cet affrontement.

Lemieux était par contre en désaccord. «J’imagine que c’est sa stratégie de gagner en se sauvant; il a fait ça du premier au 12e round. Si c’est de cette façon que tu veux gagner, alors, félicitations.» 

Ulysse domine

Avant le combat principal de la soirée, Yves Ulysse (15-1, 9 K.-O.) a répondu de brillante façon à ceux qui doutaient le lui à la suite de sa défaite — contestable, il est vrai —face à Steve Claggett, en servant une leçon de boxe à Cletus Seldin (21-1, 17 K.-O.). Il a outrageusement dominé, signant une victoire par décision unanime à sens unique.

Jamais Seldin a eu l’occasion d’utiliser son puissant crochet de droite, qui lui a valu le surnom de «Marteau hébraïque». C’est le cas de le dire, le marteau a perdu la tête et la face dans ce combat.

Le super léger québécois a envoyé le New-Yorkais au tapis trois fois dans les trois premiers rounds, toujours avec des coups en puissance en contre-attaque. Sans douter de la force de frappe de Seldin — ses 17 K.-O. sont là pour le prouver — , on peut douter de la vitesse de ses 21 adversaires précédents. Les journalistes couvrant le gala estiment qu’Ulysse n’a pas reçu 20 coups francs en 10 rounds.

Pour Ulysse, il s’agit de tout un énoncé après avoir subi sa première défaite en carrière. Il a par ailleurs prouvé à HBO que le réseau a eu raison de lui donner une chance après une performance en demi-teintes.

Une ceinture pour Clayton

Custio Clayton (13-0, 9 K.-O.) l’a finalement sa ceinture. Après avoir quitté Groupe Yvon Michel parce qu’il estimait que sa carrière ne progressait pas assez rapidement, le mi-moyen s’est retrouvé chez Eye of the Tiger management et à son premier combat, il a affronté l’Argentin Cristian Rafael Coria (27-6-2, 11 K.-O.) pour le titre WBO international.

Méthodique et chirurgical, le boxeur de la Nouvelle-Écosse, maintenant établi à Montréal, a servi une leçon de boxe à son adversaire. Coria a bien tenté de riposter — il a notamment «explosé» le nez de Clayton à l’aide d’un bon direct au septième —, mais il a été déclassé par le 15e aspirant de la World Boxing Organization.

De son côté, Batyr Jukembayev (11-0, 9 K.-O.) a beaucoup appris dans sa victoire par décision unanime face au pugnace Wilberth Lopez (20-9, 14 K.-O.). Le protégé de Stéphan Larouche lui a envoyé toutes les bombes de son arsenal, sans que l’Américain ne bronche. Au troisième notamment, il a touché son adversaire de six crochets consécutifs, tous des coups qui ont fait reculer Lopez.

Quant à Steven Butler (21-1-1, 18 K.-O.), il a offert une solide prestation face au vétéran Lanardo Tyner (32-12-2, 20 K.-O.), qu’il a terrassé dès le deuxième round. Il a livré un combat sans tâche et a surpris Tyner d’un solide uppercut de la droite. Tenant encore debout simplement par d’inexplicables lois de la physique, il eut été préférable que Tyner tombe après ce premier coup, puisque Butler a eu le temps de placer un autre uppercut, qui a achevé le boxeur de 42 ans après 2:26 d’action.

Combat facile pour Kean

Le poids lourd de Trois-Rivières Simon Kean (12-0, 11 K.-O.) a lancé les hostilités de ce gala chargé en prenant la mesure de l’Américain Mike Sheppard (25-22-2, 11 K.-O.) après 39 secondes au deuxième round. Un direct de la droite a envoyé Sheppard au tapis pour une deuxième fois dans cet affrontement. Kean n’a jamais été testé dans ce duel.

Finalement, en demi-finale, l’Irlandais Gary O’Sullivan (27-2, 19 K.-O.) a terrassé l’Américain Antoine Douglas (22-2-1, 16 K.-O.) au septième round pour mettre la main sur le titre WBO intercontinental des moyens. Voilà un boxeur que le vainqueur du combat principal pourrait retrouver bientôt sur sa route.

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LNH

Québec instrumentalisée par les proprios de la LNH?

Québec ne serait-elle devenue qu’«une arme» pour les propriétaires de franchise qui cherchent à se négocier de meilleures conditions dans leur propre marché de la Ligue nationale de hockey (LNH)? La question se pose, selon Frank Pons, spécialiste en marketing sportif.

Suffit qu’une équipe soit en difficulté financière ou qu’un propriétaire évoque la vente ou le déménagement de son club pour que la machine à rumeurs s’emballe sur le retour des Nordiques à Québec. 

Après les Panthers de la Floride, les Coyotes de l’Arizona et les Hurricanes de la Caroline — on pourrait aussi ajouter les Flames de Calgary dans une moindre mesure —, ce sont les Sénateurs d’Ottawa qui alimentent les commentateurs ces jours-ci. 

L’idée de déménager les Sens a été soulevée par Don Cherry il y a un mois, la question a été posée par Stéphane Langdeau sur les ondes de RDS, puis le chroniqueur Marc-Antoine Godin en a ajouté samedi matin dans une chronique publiée sur le site Web The Athletic, titrant «Et si les Sénateurs devenaient le nouveau rêve de Québec?»

Les deux derniers ont fait du chemin sur les propos tenus vendredi par le propriétaire des Sénateurs d’Ottawa, Eugene Melnyk, qui n’a pas fermé la porte à un déménagement si la colonne des revenus, a fortiori la vente de billets au Centre Canadian Tire, ne s’améliore pas. 

«Si ça ne marche pas ici, ça pourrait très bien marcher ailleurs, mais nous n’en sommes pas rendus là. Tout ce que je peux dire, c’est que je ne vendrai jamais l’équipe. […] Nous devons nous battre chaque jour pour vendre des billets, je vous le jure», a-t-il dit aux journalistes. 

Melnyk n’a pas eu à nommer Québec pour que la discussion soit lancée. Et c’est normal, selon Frank Pons, professeur à l’Université Laval, puisqu’il est désormais de notoriété publique que «Québec est prête». 

«Ça fait un moment que c’est dans le vent. C’est toujours un peu la même dynamique. On utilise Québec comme une menace potentielle localement», a-t-il analysé. «Je n’irais pas à dire que c’est un faire-valoir, mais c’est certainement une arme de négociation, de discussion, qui est très bien utilisée par les propriétaires.» 

Éviter les faux espoirs

Melnyk veut d’une part fouetter les partisans. Le taux d’occupation de l’amphithéâtre est de 81,3 % depuis le début la saison, le pire chez les équipes canadiennes. Ottawa pointe au 25e rang pour les assistances cette saison, avec en moyenne 15 200 partisans par rencontre.  L’équipe peinait à jouer à guichets fermés, même en troisième ronde des séries éliminatoires l’an dernier.

De l’autre il y a la question de l’aréna, actuellement situé à Kanata, en banlieue d’Ottawa. Melnyk souhaiterait qu’un domicile soit érigé au centre-ville, sur les plaines LeBreton, bien qu’il ait affirmé vendredi que la rentabilité de la franchise n’en dépendait pas.

Mais bon, est-ce qu’on parle encore pour parler? «Pour l’instant, je pense que oui. […] Ce n’est pas une fausse nouvelle, mais il ne faudrait pas faire de faux espoirs à la population de Québec», déjà cynique, a soulevé M. Pons. 

Selon lui, les deux marchés se ressemblent. Québec semble avoir un avantage sur «la qualité» des amateurs de hockey, même si la Région métropolitaine de recensement de la capitale fédérale atteint plus de 1,3 million de personnes pour 2016, alors que celle de Québec est évaluée à 800 000 habitants pour la même année.   

Dans le cas d’Ottawa, M. Pons fait le parallèle avec les Chargers de San Diego, dans la Ligue nationale de football. L’expert y vivait en 2003. «Déjà, les propriétaires faisaient de la pression sur la ville en évoquant un déménagement.» Les Chargers ont déménagé à Los Angeles cette année. «Ça a pris 15 ans.»

Québec ne pourra pas être utilisée sur une aussi longue période par des propriétaires comme Melnyk. «C’est que je trouve le plus intéressant [dans ce dossier]. On a un aréna neuf, mais un moment donné il ne sera plus neuf, l’aréna!»