Semaine de la coopération

Je coopère… et vous?

La formule coopérative occupe une place importante dans l’économie québécoise. Des services financiers à l’agroalimentaire, de l’habitation aux commerces de détail en passant par les soins de santé, Le Soleil porte un regard sur ce modèle d’affaires au succès remarquable à l’occasion de la Semaine de la coopération.

Un modèle d’affaires durable

Présentes dans une quarantaine de secteurs d’activité, les coopératives et mutuelles offrent depuis longtemps une réponse aux enjeux des collectivités. S’il se prête à différents types de clientèle, l’entrepreneuriat coopératif, qui priorise les valeurs humaines, apparaît en outre comme une solution à la pérennité des entreprises.   

Au service de ses membres, la coopérative participe activement au développement local et régional. L’approche a fait ses preuves, notamment en raison de son mode de gouvernance démocratique et inclusif. Des milliers d’emplois de qualité sont aujourd’hui issus de cette formule qui permet une infinité de possibilités et crée des entreprises durables. Finances, assurances, agriculture, forêt, énergie, habitation, domaine manufacturier, technologies de l’information et des communications, services à la personne, commerce de détail: la coopération agit comme une force de développement puissante et génératrice de stabilité.

«Le modèle coopératif favorise les circuits courts, la mise en commun des talents et rend possible la préservation des services de proximité. Difficilement délocalisable, une coopérative appartient à la collectivité, qui décide de ses orientations. Chez nous, l’entrepreneuriat coopératif constitue une fierté, car même si le Québec est petit, l’innovation qui émane de la formule est reconnue mondialement. Il faut savoir que les deux tiers des coopératives au Canada se trouvent dans la Belle Province», indique le président-directeur général du Conseil québécois de la coopération et de la mutualité (CQCM), Gaston Bédard.


« Le plus grand défi pour le Conseil québécois de la coopération et de la mutualité, c’est la relève. Onparle peu du modèle d’affaires que représentent les coopératives dans les établissements d’enseignement. Notre jeunesse a le profil, les valeurs, mais peu de connaissances en la matière. Il faut travailler la sensibilisation, transmettre le message que la formule existe par, pour et avec du monde. »
Gaston Bédard, président-directeur général du CQCM
Gaston Bédard, président-directeur 
général du CQCM

Secteurs en émergence et perspectives

Nombreuses, les entreprises en émergence tendent à se concentrer dans les secteurs de la foresterie, des services funéraires, de l’habitation et des services à domicile. De nouvelles coopératives lancées par des jeunes de moins de 35 ans font également leur apparition dans le paysage québécois. «On assiste par exemple à la création de fermes coopératives et de consortiums qui regroupent certains services tout en misant sur le partage d’expertise. Il en existe ainsi dans les jeux vidéo, chez les vétérinaires, les artistes, les professionnels en architecture, en ingénierie et même chez les électriciens», rapporte le pdg du CQCM.

Quel avenir pour les coopératives? Qu’il s’agisse d’assurer l’essor des régions, de relever le défi de la main-d’œuvre, d’innover ou de prospecter de nouvelles filières de développement, le modèle répond présent. «La formule coopérative est appelée à toucher les grandes entreprises, mais beaucoup les petites aussi. Celles-ci vont vivre des défis, se regrouper par grands secteurs sans toutefois négliger le sens de l’entrepreneuriat. La coopération est une voie du futur axée sur les besoins d’une communauté, intéressante économiquement et à travers laquelle on ne perd pas notre âme», conclut Gaston Bédard. 

GALERIE DE CHIFFRES
Les réseaux coopératifs et mutualistes au Québec, c’est…

  • 3000 coopératives et mutuelles
  • 116 000 emplois 
  • 8 millions de membres individuels
  • 42 milliards de chiffre d’affaires