Rendez-vous entrepreneurial

L’importance d’une saine gouvernance

Afin de répondre à des besoins précis identifiés par ses membres, la Chambre de commerce et d’industrie de Québec (CCIQ) ajoute à son offre d’accompagnement de nouveaux programmes axés sur les enjeux de la transformation numérique et de la gouvernance.

Avocate en droit des affaires et associée directrice du bureau de Québec de Norton Rose Fulbright, Olga Farman s’est toujours intéressée à la gouvernance des entreprises et à la stratégie organisationnelle.  

Olga Farman, avocate en droit des affaires et associée directrice, bureau de Québec Norton Rose Fulbright

Savoir bien s’entourer

Membre de plusieurs conseils consultatifs et d’administration, dont celui du Centre des congrès de Québec, Me Farman est à même de constater la contribution et les bénéfices engendrés par la mise sur pied de tels conseils externes à l’entreprise.

Bien souvent, les entrepreneurs et les chefs d’entreprise sont dans le feu de l’action et ont besoin de s’entourer de leaders externes pour mieux orienter leurs décisions, estime-t-elle. «Il faut savoir bien s’entourer et aller chercher des expertises complémentaires. C’est ce qui assure la pérennité des entreprises.» 

Pourquoi établir un comité de gestion? Les motivations sont nombreuses. «Un conseil consultatif sera souhaitable pour accompagner une entreprise familiale qui compte transférer la gestion d’une génération à une autre, ou encore à une PME qui aimerait s’enrichir d’une expertise externe technique quant au marché», illustre l’avocate.

C’est pourquoi la Chambre lance le nouveau programme Conseil consultatif, qui accompagnera les entreprises et les organisations participantes dans la mise en place d’un comité de gestion et dans la sélection des bonnes personnes externes qui le formeront. 

Par sa contribution en tant que partenaire majeur et de contenu, Norton Rose Fulbright proposera notamment des conseils sur les pratiques exemplaires, les mises en candidature, les conflits d’intérêts, etc.

Contrairement au conseil d’administration, qui est une entité formelle, le conseil consultatif n’a pas la même responsabilité légale à l’égard de la gouvernance de l’entreprise, rappelle Me Farman, mais il peut toutefois offrir une expertise complémentaire et contribuer au succès de l’organisation en conseillant stratégiquement la direction.

Outiller les administrateurs

Poussant encore plus loin la réflexion, la CCIQ ajoutera en février 2019 le programme Accès gouvernance, qui permettra aux administrateurs d’être de réels créateurs de valeur pour leurs conseils d’administration, guidés par des experts du domaine. Mieux outillés, ils pourront ainsi jouer un rôle plus actif au sein de leur CA, notamment grâce à une simulation en fin de parcours.

«Chaque organisation doit aller chercher des administrateurs compétents, pertinents pour l’organisation, et motivés. Elle doit aussi les outiller, les former et partager sa vision. C’est une responsabilité partagée qui assure le succès et les bénéfices importants d’une saine gouvernance», soutient Me Farman.

DÉPASSER LE VIRAGE NUMÉRIQUE

Il n’est pas trop tard pour rattra­per le virage numérique, soutient la présidente de la société Edgenda, Marie-Pier St-Hilaire, experte en la matière et ambassadrice du programme Connexion numérique.

Marie-Pier St-Hilaire, présidente de la société Edgenda

La situation est toutefois alarmante, juge-t-elle. En termes de transformation digitale et numérique, bon nombre de PME accusent un retard considérable. «Même si on en parle depuis plusieurs années, selon les données, 64% des entreprises au Canada et aux États-Unis n’ont pas encore effectué le virage numérique ou manquent de ressources pour le compléter. Et seulement 16 % des entreprises ont un plan d’action concret», indique en entrevue l’entrepreneure qui a notamment fait partie du prestigieux palmarès des 40 Canadiens de moins de 40 ans les plus performants.

Mme St-Hilaire explique ce retard notamment par le manque d’outils et de formation des entrepreneurs, «qui ont aussi à négocier avec la mondialisation, les défis de performance et de croissance ainsi qu’une pénurie de main-d’œuvre». 

L’humain d’abord

C’est pourquoi la femme d’affaires préfère parler de transformations humaines plutôt que de virage numérique. «Parce que les innovations passent nécessairement par les gens, il faut davantage développer les compétences humaines et mieux former les employés», martèle celle qui a toujours à cœur d’initier les transformations. 

C’est d’ailleurs la mission qu’elle s’est donnée au sein de sa propre entreprise, Edgenda : celle d’accompagner les organisations, les équipes et les individus dans un univers numérique où les transformations s’accélèrent pour assurer le développement de l’humain et la pérennité des entreprises. Avec sa division AFI Expertise, Edgenda compte aujourd’hui 160 employés et figure au palmarès des 300 plus grandes PME du Québec. 

Accompagner les PME

Elle partagera son expertise avec les participants de la première cohorte de Connexion numérique, qui débutera à la fin novembre. Ce programme d’accompagnement vise à outiller les entrepreneurs et les entreprises afin qu’ils puissent suivre, voire  dépasser le virage numérique et être en mesure de bien gérer les changements qui en découlent. «Il faut accé­lérer l’intégration de leurs projets numériques et la révision de leurs modèles d’affaires. C’est primordial pour affronter le tsunami numérique.»