«Mesdames, messieurs, les Remparts de Québec», disait l’annonceur-maison à l’arrivée discrète des joueurs sur la patinoire. Vraiment, tout était particulier dans ce premier rendez-vous covidien.
«Mesdames, messieurs, les Remparts de Québec», disait l’annonceur-maison à l’arrivée discrète des joueurs sur la patinoire. Vraiment, tout était particulier dans ce premier rendez-vous covidien.

Remparts/Océanic: une première sans spectateurs [PHOTOS]

Carl Tardif
Carl Tardif
Le Soleil
À l’entrée, le thermomètre indiquait 35,6 degrés, il nous était donc possible de couvrir ce premier match (même s’il n’en était qu’un hors-concours) en cette ère de coronavirus. Disputé en plein cœur d’une grande cuve de bancs vides, au Centre Vidéotron, ce duel entre les Remparts de Québec et l’Océanic de Rimouski découvrait en même temps que nous ce que sera la prochaine saison. Et il y a bien failli ne pas y avoir de buts pour ce match sans spectateurs puisque les visiteurs l’ont emporté 1-0 grâce à un filet tardif en troisième période.

«Mesdames, messieurs, les Remparts de Québec», disait l’annonceur-maison à l’arrivée discrète des joueurs sur la patinoire. Vraiment, tout était particulier dans ce premier rendez-vous covidien.

Les «let’s go Remparts» suscitaient peu de réponses, à part peut-être pour les joueurs, qui devaient y trouver un certain réconfort. Pour le reste, les arrêts de jeu se passaient au son de la musique d’ambiance d’une soirée habituelle à l’aréna.

Dans le feu de l’action, tout ce qu’on entend est le bruit des rondelles sur les bâtons, de celles qui frappent sur les bandes, des mises en échec, des lames sur la glace et les cris des joueurs se disant quoi faire. Le calibre est plus relevé, mais l’ensemble de l’œuvre pouvait ressembler à un groupe d’amis ayant réservé la patinoire pour quelques heures. Mardi, ils auraient eu la glace de 15h à 17h15…

Dans les gradins, aucun spectateur à part des membres de la direction occupant quelques bancs de grandes sections désertes. On y retrouve aussi quelques journalistes distanciés, les chauffeurs de l’équipe locale, prêts à encourager les jeunes qu’ils conduisent de la maison à l’aréna, une poignée de dépisteurs de la LNH qui n’attendaient que le retour du hockey pour reprendre leurs bonnes vielles habitudes et les joueurs des Remparts présents au camp, mais n’étant pas de l’alignement du jour. 

«J’écoutais les commentaires de joueurs de golf et de hockey depuis leur retour, et c’est sûr qu’il manque d’ambiance, mais on va s’habituer. Ce ne sont pas de gros ajustements, le protocole est mis en place et on se considère chanceux de pouvoir faire du hockey. L’émotion va se faire naturellement avec le classement et les rivalités contre Rimouski, Chicoutimi, Baie-Comeau, Shawinigan et Victoriaville, chaque match sera un défi», notait l’entraîneur-chef des Remparts Patrick Roy, qui disait avoir été un peu plus dérangé par la buée dans ses lunettes de protection que le port du masque derrière le banc.

Dans les gradins, aucun spectateur à part des membres de la direction occupant quelques bancs de grandes sections désertes. On y retrouve aussi quelques journalistes distanciés, les chauffeurs de l’équipe locale, prêts à encourager les jeunes qu’ils conduisent de la maison à l’aréna, une poignée de dépisteurs de la LNH qui n’attendaient que le retour du hockey pour reprendre leurs bonnes vielles habitudes et les joueurs des Remparts présents au camp, mais n’étant pas de l’alignement du jour. 
Les gardiens ont multiplié les arrêts dans ce match où un seul but a été compté.

Sur la glace, les joueurs ont noté la différence avec un passé encore tour récent.

«Ça fait bizarre un peu, il n’y a pas d’ambiance dans l’amphithéâtre, c’est plus difficile d’aller chercher l’émotion. Il n’y a pas de partisans, mais on essaie de ne pas s’en faire et de se construire un «momentum» entre nous», soulignait l’attaquant Nathan Gaucher, en notant que l’absence de bruit dans l’aréna allait favoriser la communication sur la glace.

Au-delà des mesures sanitaires en place, le goût de la victoire a vite repris le dessus. Alors qu’il pensait rouler à quatre trios jusqu’à la dernière seconde, Roy s’est fait prendre au jeu.

«À un moment donné, le désir de gagner prend le dessus. À la fin, on a donné un petit coup pour revenir dans le match. Qu’on le veuille ou non, on aime la victoire, même si c’est un match hors-concours», notait celui qui a retiré son gardien à la faveur d’un sixième joueur avec plus de deux minutes à faire.

Les Remparts alignaient quelques joueurs de l’édition de l’an dernier, comme James Malatesta, Cole Cormier, Xavier Filion ou Nicolas Savoie. Andrew Coxhead, un ancien diable rouge, était l’un des rares vétérans dans le clan adverse.

«Eux [Rimouski], ils voulaient que leurs meilleurs défenseurs affrontent Malatesta, Gaucher, Cormier, et c’était bon pour nos joueurs de vivre ce genre de test là, ça va les rendre meilleurs.»

Malatesta était heureux de retourner dans le feu de l’action. Joueur en mesure de soulever les foules, il devra afficher la même intensité sans le soutien des partisans.

«Même quand les spectateurs sont là, on essaie de ne pas trop penser à eux et on se concentre sur le match. Maintenant, ce sera plus facile de faire ça. C’est un peu bizarre qu’il n’y ait pas de foule, mais on joue pour le gars à côté de nous sur le banc, on s’encourage. Ç’a été un bon premier match, tout le monde était engagé. On a eu des chances, on doit trouver une façon de marquer», notait l’auteur 23 buts en 53 matchs à sa première saison, l’an passé.

Un peu de brasse-camarade entre ses deux équipes à la rivalité bien présente.
Patrick Roy et ses assistants étaient masqués pour cette première.

But de Jérémie Jacob

Jérémie Jacob a inscrit l’unique but du match avec 4 :13 à faire à la troisième période, en poussant une rondelle libre derrière le gardien Julien Létourneau… L’entraîneur-chef Serge Beausoleil a assisté au match du haut des gradins, laissant à son nouvel adjoint Alexis Loiseau le soin de diriger la circulation derrière le banc… Les Remparts ont eu le dessus 31-25 dans les lancers… Les deux équipes s’affrontent à nouveau, jeudi après-midi, à Rimouski… En calendrier hors-concours, les équipes ont le droit d’aligner 21 joueurs…

William Rousseau

Utilisé pendant les deux premières périodes, le gardien recrue William Rousseau a repoussé les 16 lancers dirigés vers lui. «J’ai apprécié le travail de notre gardien de but, William a semblé calme pour un premier match hors-concours», notait Roy, qui a aussi réservé de bons commentaires à l’endroit du jeune défenseur Samuel Lachance. L’entraîneur-chef a noté un manque d’exécution près du filet adverse, «chose normale à ce moment-ci, d’autant plus que le dernier match de tout le monde remontait à six mois, déjà.