La caricature de Côté du 14 décembre

La caricature de Côté du 14 décembre
André-Philippe Côté

Éditorial

Espoir pour les proches aidants

ÉDITORIAL / Une personne sur quatre est proche aidante. Avec le vieillissement de la population, avec un réseau de la santé qui peine déjà à répondre à tous les besoins, de plus en plus de Québécois risquent de se retrouver bien malgré eux dans ce rôle exigeant. La ministre Marguerite Blais semble heureusement déterminée à alléger leur fardeau.

Croisons nos doigts pour que l’ex-libérale devenue caquiste ne soit pas revenue en vain en politique et que François Legault respecte son engagement.

Mme Blais promet une politique et un plan d’action pour 2020, et de l’argent dès l’an prochain. Elle souhaite également que la politique soit pérenne et non partisane. 

Des députés de tous les partis ont participé mardi à la première consultation menée par la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants. C’est un bon début.

Les attentes sont énormes et commandent des actions sur plusieurs fronts. Si toutes les formations politiques travaillent ensemble avec tous ceux qui gravitent autour des proches aidants, la ministre parviendra mieux à concocter une politique qui répondra adéquatement aux besoins des citoyens qui consacrent temps, énergie et amour à une personne âgée, à un enfant handicapé, à un conjoint cancéreux, à un proche atteint d’une maladie mentale.

La politique doit avant tout faciliter la vie quotidienne des proches aidants et non, à permettre à l’État de se désengager en matière de santé et de services sociaux. 

Pour sauver des sous, pour pallier aux pénuries de main-d’œuvre qui affectent déjà le réseau de la santé, le gouvernement ne doit pas se fier indûment aux femmes, aux hommes, aux enfants (oui, cela existe) qui assument leur part de responsabilités en prenant soin d’un proche malade ou handicapée. Certains y laissent leur propre santé, voire leur vie.

La ministre Blais doit mettre fin au glissement. 

Chloé Sainte-Marie, porte-parole de la Fondation Maison Gilles-Carle, a dit lors de la consultation de mardi qu’il faut rééquilibrer le rôle de l’aidante dans la société. 

Au fil du temps, les proches aidants ont en effet été appelés à en faire toujours plus. En 2012, la Protectrice du citoyen notait dans un rapport sur l’accessibilité des services de soutien à domicile que le réseau de la santé comptait parfois trop sur les proches des malades.

Raymonde St-Germain rappelait que selon la politique établie par Québec, la participation du proche aidant devait être volontaire. Or, elle constatait malheureusement que le soutien «volontaire» faisait partie du calcul de certains établissements pour déterminer le nombre d’heures de services à domicile accordé à un patient. L’aide naturelle était devenue imposée.

Le problème n’était pas nouveau. En 2000, des groupes de femmes sonnaient déjà l’alarme. Ils reprochaient au gouvernement de trop compter sur le grand cœur et le «cheap labor» des femmes. Près de 60 % des proches aidants sont en effet de sexe féminin.

Les personnes qui jouent ce rôle assument aussi des pertes de revenus de 16 000 $ par année. Un bon nombre concilie travail et la tâche de veiller sur un proche fragile ou non autonome.

Comment leur accorder du répit, atténuer leurs pertes financières, faciliter les communications avec les médecins? Comment donner de la formation à ceux qui doivent, volontairement ou involontairement, jouer le rôle de proche aidant? Selon la professeure Sonia Éthier de l’École de travail social de l’Université Laval, 40 % des proches aidants n’ont pas choisi leur nouveau statut. 

Plusieurs d’entre nous auront à composer avec cette réalité. Lorsque Chloé Sainte-Marie déclare que les gens ne se voient pas comme des proches aidants parce que «c’est se reconnaître comme esclave», cela fait peur.

Nous avons tous intérêt à ce que Marguerite Blais réussisse.

Éditorial

Espoir pour les proches aidants

ÉDITORIAL / Une personne sur quatre est proche aidante. Avec le vieillissement de la population, avec un réseau de la santé qui peine déjà à répondre à tous les besoins, de plus en plus de Québécois risquent de se retrouver bien malgré eux dans ce rôle exigeant. La ministre Marguerite Blais semble heureusement déterminée à alléger leur fardeau.

Croisons nos doigts pour que l’ex-libérale devenue caquiste ne soit pas revenue en vain en politique et que François Legault respecte son engagement.

Mme Blais promet une politique et un plan d’action pour 2020, et de l’argent dès l’an prochain. Elle souhaite également que la politique soit pérenne et non partisane. 

Des députés de tous les partis ont participé mardi à la première consultation menée par la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants. C’est un bon début.

Les attentes sont énormes et commandent des actions sur plusieurs fronts. Si toutes les formations politiques travaillent ensemble avec tous ceux qui gravitent autour des proches aidants, la ministre parviendra mieux à concocter une politique qui répondra adéquatement aux besoins des citoyens qui consacrent temps, énergie et amour à une personne âgée, à un enfant handicapé, à un conjoint cancéreux, à un proche atteint d’une maladie mentale.

La politique doit avant tout faciliter la vie quotidienne des proches aidants et non, à permettre à l’État de se désengager en matière de santé et de services sociaux. 

Pour sauver des sous, pour pallier aux pénuries de main-d’œuvre qui affectent déjà le réseau de la santé, le gouvernement ne doit pas se fier indûment aux femmes, aux hommes, aux enfants (oui, cela existe) qui assument leur part de responsabilités en prenant soin d’un proche malade ou handicapée. Certains y laissent leur propre santé, voire leur vie.

La ministre Blais doit mettre fin au glissement. 

Chloé Sainte-Marie, porte-parole de la Fondation Maison Gilles-Carle, a dit lors de la consultation de mardi qu’il faut rééquilibrer le rôle de l’aidante dans la société. 

Au fil du temps, les proches aidants ont en effet été appelés à en faire toujours plus. En 2012, la Protectrice du citoyen notait dans un rapport sur l’accessibilité des services de soutien à domicile que le réseau de la santé comptait parfois trop sur les proches des malades.

Raymonde St-Germain rappelait que selon la politique établie par Québec, la participation du proche aidant devait être volontaire. Or, elle constatait malheureusement que le soutien «volontaire» faisait partie du calcul de certains établissements pour déterminer le nombre d’heures de services à domicile accordé à un patient. L’aide naturelle était devenue imposée.

Le problème n’était pas nouveau. En 2000, des groupes de femmes sonnaient déjà l’alarme. Ils reprochaient au gouvernement de trop compter sur le grand cœur et le «cheap labor» des femmes. Près de 60 % des proches aidants sont en effet de sexe féminin.

Les personnes qui jouent ce rôle assument aussi des pertes de revenus de 16 000 $ par année. Un bon nombre concilie travail et la tâche de veiller sur un proche fragile ou non autonome.

Comment leur accorder du répit, atténuer leurs pertes financières, faciliter les communications avec les médecins? Comment donner de la formation à ceux qui doivent, volontairement ou involontairement, jouer le rôle de proche aidant? Selon la professeure Sonia Éthier de l’École de travail social de l’Université Laval, 40 % des proches aidants n’ont pas choisi leur nouveau statut. 

Plusieurs d’entre nous auront à composer avec cette réalité. Lorsque Chloé Sainte-Marie déclare que les gens ne se voient pas comme des proches aidants parce que «c’est se reconnaître comme esclave», cela fait peur.

Nous avons tous intérêt à ce que Marguerite Blais réussisse.

La caricature de Côté du 13 décembre

La caricature de Côté du 13 décembre