Le ministre Carlos J. Leitao

Vous avez rompu le contrat social avec les retraités du gouvernement

En réaction au point de vue «Des mesures concrètes pour la qualité de vie des aînés», des ministres Carlos J. Leitao et Francine Charbonneau, paru le 16 août.

Les deux ministres ont commenté un point de vue de monsieur René Paquette, soit la dure réalité des retraités du personnel d’encadrement du gouvernement du Québec, sans pour autant aborder le sujet principal soulevé. Les retraités doivent dorénavant vivre sans l’indexation de leur rente de retraite pour les six prochaines années.

Les ministres tentent-ils ici de noyer le poisson dans l’eau sans répondre aux arguments soulevés par monsieur Paquette? On énumère une foule de mesures prises depuis les années 1990 (en commençant par la création du Conseil des aînés en 1992 notamment) mais sans jamais aborder les motifs du projet de loi 126 adopté par nos élus (à l’exception de Québec Solidaire) en mai 2017, projet qui suspendait l’indexation de nos retraites pour six ans.

Tout comme les quelque 28 000 autres retraités cadres du gouvernement du Québec, je subis ce gel de nos indexations de rente de retraite et je peux témoigner que cela affecte réellement notre train de vie, ça fait mal au portefeuille et cela affectera malheureusement l’ensemble de la société par une diminution de notre consommation.

J’ai sensibilisé le ministre Leitao et ma députée Véronique Tremblay de Chauveau, à plusieurs reprises, sur cette injustice à notre égard, mais sans jamais recevoir de réponse concrète de leur part à ce sujet. Pour ma part, cette absence d’indexation durant six années se traduira par une perte sèche de plus de 2000$ et cela, de façon récurrente. J’aimerais rappeler ici aux ministres que nous avons toujours payé nos cotisations au régime de retraite qui étaient déduites de nos paies, mais que le gouvernement du Québec a cessé de verser sa contribution comme employeur à notre régime de retraite (contribution équivalant au même montant que nos cotisations prélevées sur nos payes) au milieu des années 1990.

Il comptabilise plutôt cette dépense annuelle comme une dette. Cette situation s’appliquerait également à tous les employés de l’État québécois et, en plus, perdurerait encore aujourd’hui! Si je peux me permettre une comparaison imparfaite, c’est un peu comme si deux parents d’une famille se partageaient le budget familial hebdomadaire (dont les dépenses d’épicerie) et que l’un d’eux payait les dépenses de ce budget à partir de ses revenus d’emploi alors que l’autre parent décidait d’emprunter pour payer sa part de ce budget.

Il ne faut pas être un expert en finance ni être devin pour savoir que le parent décidant d’emprunter pour payer sa portion du budget d’épicerie va rapidement éprouver de réels problèmes financiers. En fait, trois solutions s’offrent à ce parent, soit de payer sa part du budget d’épicerie avec ses revenus d’emploi ou de continuer à emprunter pour acquitter sa portion du budget familial et éventuellement déclarer faillite ou enfin de demander aux autres membres de la famille (aux enfants) de l’aider à acquitter sa part du budget familial. C’est de toute évidence cette dernière avenue qu’aurait choisie le gouvernement libéral en pigeant directement dans les poches des retraités cadres du gouvernement du Québec. Ma question: est-ce une sage décision de la part d’un gouvernement responsable ou tout simplement une décision irresponsable en rompant, sans consultation ni avis, un contrat social avec ses retraités qui ont toujours payé leur part de cotisations à leur régime de retraite?

J’attends bien respectueusement une réponse de nos élus.

Jacques Ouimet, expert-comptable (ex CGA-CPA retraité)
Retraité du personnel d’encadrement du gouvernement du Québec
Lac-Beauport