Vivre et mourir dans la dignité, un droit fondamental pour tous

POINT DE VUE / La juge Christine Baudoin vient élargir l’accès à l’aide médicale à mourir (par le biais de l’assistance d’une autre personne) en déclarant invalides les critères d’admissibilité des lois fédérale et provinciale jugés trop restrictifs et discriminatoires. Et pour cause. Jusqu’à ce jour, pour obtenir le droit à cette aide médicale, le patient doit faire la preuve de sa «mort imminente, et naturelle» ou qu’il est «en fin de vie». Selon la juge, ces exigences portent atteinte aux droits fondamentaux des personnes. Et chapeau bas aux Québécois Nicole Gladu et Jean Truchon, atteints de maladies dégénératives incurables qui se sont battus pour que soit respecté leur droit, au grand bénéfice de toute la société.

Mais encore! Tel que déjà présenté par Michel Lévesque, alors étudiant en droit, dans une des Revues juridiques de l’Université Laval, la notion d’aide médicale à mourir est intimement liée à celles du suicide assisté, de l’euthanasie et du meurtre par compassion, lesquelles notions divisent encore la société. Qui plus est, l’interdiction de l’aide médicale à mourir privilégie d’abord l’intérêt de l’État à préserver le caractère sacré de la vie... Alors que l’intérêt des personnes passe davantage par la préservation de leur dignité humaine, un droit fondamental.

Un réel débat de société s’il en est. Un débat qui perdure, notamment depuis les affaires Latimer, Rodriguez et Astaforoff. Et ce, malgré l’ouverture légale et combien rarissime et difficile de recourir à l’exemption constitutionnelle (possibilité de se soustraire aux contraintes juridiques). Selon Véronique Hivon, marraine de la Loi sur l’aide médicale à mourir, la majorité de la population québécoise serait favorable à cette aide, et par ricochet, à la décriminalisation de l’acte prohibé par nos gouvernements. Ces derniers, au lieu d’encourager les tiraillements entre les professionnels de la santé, les juristes et la population ne devraient-ils pas, plutôt, s’investir davantage dans la recherche et la mise en place de mesures de soutien et d’un accompagnement, à court, moyen ou long termes, qui soit médical, sécuritaire, de réconfort, de compassion, d’éthique et de respect de la liberté de choix pour chaque personne concernée ou leurs proches aidants? Par conséquent, et à juste titre, la députée invite nos gouvernements à soutenir la volonté sociale et à ne pas porter en appel le jugement rendu par la juge Baudoin. Applaudissements Mme la députée!

C’est une question de droit fondamental: vivre et mourir dans la dignité pour tout le monde.