Viscéralement attachés au Marché du Vieux-Port

J’habite le Vieux-Port depuis un certain nombre d’années et j’aime courir le long des berges de la rivière Saint-Charles, mais depuis peu je ressens un sentiment d’une grande tristesse, on nous a enlevé notre marché.

Quelle joie d’entendre le brouhaha des gens à l’intérieur qui s’affairaient devant les étals aux couleurs vives! Et durant l’hiver, lors de la pêche nordique, quel bonheur que d’entendre le cri des enfants qui venaient s’y réchauffer! Que dois-je répondre aux touristes qui me demandent hébétés : «Why the market is closed?»

Comment est-ce possible qu’une pétition de plus de dix mille citoyens refusant sa fermeture n’aie pas pu infléchir les représentants de la Ville de Québec, ces citoyens qui tenaient tant à garder leur marché? Cela ne coûterait pas tant d’argent que de le rénover.

Le gouvernement fédéral n’avait-il demandé à la Ville de le conserver en lui cédant l’emplacement?

Sommes-nous toujours en démocratie ou dirigés par une administration qui se cacherait derrière un autoritarisme qui n’avouerait pas son nom? Les citoyens ont-ils encore le droit de dire qu’ils tiennent à des services de proximité qui leur procurent des facilités et beaucoup d’agréments?

Je formule le vœu que ce marché ne soit pas démoli, il est là depuis si longtemps (trente ans) et nous y sommes viscéralement attachés.

Barbara Saly, écrivain, Québec