La passerelle, inspirée d’une infrastructure danoise, sera érigée en 2019 pour permettre aux cyclistes de circuler sur le terrain du Port de Québec.

Une passerelle cyclable qui sent l’improvisation

La Ville de Québec est prête à dépenser des millions pour corriger son erreur sur la rue Dalhousie avec son projet de piste cyclable surélevée.

L’an dernier, l’administration municipale a fermé une voie à la circulation automobile sur la rue Dalhousie supposément pour accommoder les croisiéristes et contrôler les cyclistes. Le résultat : des embouteillages monstres dans un secteur névralgique. Plutôt que de reconnaître son erreur, le maire Labeaume s’est entêté en rejetant la faute sur le Port de Québec qui aurait exigé ce changement.

La solution de la Ville a été annoncée lundi, soit la construction d’une passerelle de béton de 322 mètres, recouverte de polymère, colorée, qui va chevaucher la place des Canotiers. Le projet sent l’improvisation à plein nez et le maire en évalue le coût à «quelques millions». Le Port de Québec, qui n’a pas assez d’argent pour rénover ses quais, serait disposé à allonger un million $.

C’est un projet délirant autant dans son coût que dans son concept. Depuis des années, on tente d’éliminer les obstacles qui bloquent la vue sur le fleuve et cette passerelle est à contre-courant de cette tendance. Il n’y a pas si longtemps, on a jeté à terre une structure de métal qui défigurait le site.

Quant aux croisiéristes, ils auront une vue directe sur une passerelle de cinq mètres de haut et sur les cyclistes en spandex. Je doute d’ailleurs que les cyclistes, qui n’ont rien demandé, aient envie d’emprunter ce pont aérien dans un secteur particulièrement venteux. Soulignons que cette passerelle serait réservée uniquement aux amateurs de vélo et sera donc inutilisée la moitié de l’année.

La solution pour la cohabitation sur Dalhousie est pourtant d’une simplicité désarmante. Les cyclistes savent que ce n’est pas un secteur pour faire des pointes de vitesse et qu’il suffit de descendre de leur monture dans ce secteur touristique.

L’administration Labeaume est en mal «d’œuvre d’art» et de «signature» et donc de dépenses publiques. Voilà qu’elle s’inspire du Danemark pour enlaidir la perspective sur Québec. Cette passerelle serait une balafre dans le visage de la ville.

Donald Charette, Québec