Selon Hubert Sacy, directeur général d’Éduc’alcool, avant comme pendant le confinement, près d’un consommateur québécois sur quatre et près d’une consommatrice sur cinq dépassent toujours au moins une fois par mois les limites recommandées.
Selon Hubert Sacy, directeur général d’Éduc’alcool, avant comme pendant le confinement, près d’un consommateur québécois sur quatre et près d’une consommatrice sur cinq dépassent toujours au moins une fois par mois les limites recommandées.

Une occasion unique de «réinitialiser le logiciel» de notre consommation d’alcool

POINT DE VUE / À l’arrivée de la pandémie de COVID-19, nous étions entrés dans une période d’incertitude: perte des repères, «pause» dans la routine, disparition des freins habituels à l’abus d’alcool, accessibilité accrue, augmentation du stress, voire de l’angoisse. De nombreux éléments permettant d’appréhender l’augmentation de la consommation d’alcool s’additionnaient.

Et pourtant, plus de Québécois se sont avérés modérés que ceux qui ont été téméraires: 

  • Près de 8 sur 10 d’entre eux n’ont pas augmenté leur consommation habituelle; 
  • Treize pour cent ont même réduit leur consommation; 
  • Le pourcentage de ceux qui ont dépassé les limites recommandées a peu augmenté; ce sont essentiellement les très gros buveurs qui ont abusé de l’alcool.

Mais il n’en demeure pas moins qu’avant comme pendant le confinement, près d’un consommateur québécois sur quatre et près d’une consommatrice sur cinq dépassent toujours au moins une fois par mois les limites recommandées.

Certes, si ce n’est pas une catastrophe absolue ni la fin du monde, ce n’est pas anodin non plus.

La sortie de la période de confinement qui commence progressivement peut devenir une occasion unique de faire le point sur notre consommation d’alcool. Il ne faut pas la rater.

Nous vivons actuellement une période exceptionnelle. Jamais n’avions-nous vécu de situation comparable. Il nous a fallu tout réapprendre, tout repenser, tout adapter, tout remettre en question. Il y aura un «avant» et un «après» la pandémie de coronavirus. Toutes les cartes sont brassées : c’est une toute nouvelle donne.

Pourquoi dès lors ne pas profiter de la «réinitialisation de notre logiciel interne» que constitue le déconfinement pour faire sereinement le point sur notre consommation d’alcool? C’est un moment privilégié pour nous livrer à l’exercice et il serait bien dommage de manquer cette occasion.

Cela ne veut pas dire qu’il faille fêter la fin du confinement en prenant toute une brosse pour célébrer. Loin de là.

On pourrait plutôt choisir de se donner une nouvelle routine en quelques étapes faciles: 

  • D’abord, prendre la bonne habitude de compter ses verres et donc attendre que les verres se vident avant de se resservir ou d’en proposer davantage; 
  • Ensuite, limiter sa consommation à deux verres par occasion pour les femmes et à trois verres pour les hommes; 
  • Également, alterner systématiquement un verre d’alcool avec un verre d’eau ou de boisson non alcoolique; 
  • Aussi, éviter de boire tous les jours et tenter d’intégrer au moins un et préférablement deux jours sans alcool par semaine; 
  • Enfin, le confinement ayant permis aux parents de parler davantage avec leurs enfants, ajouter le sujet de l’alcool à leurs conversations

En bref, profiter de l’occasion pour mesurer notre consommation, intégrer de nouvelles pratiques et, surtout, mettre en pratique, au quotidien, ce qui est devenu un adage au Québec: la modération a bien meilleur goût.