«Le Mail de Cap-Rouge s’est métamorphosé en résidence pour aînés. Pourquoi les propriétaires ont-ils pris cette décision? Ce centre commercial était tout simplement vide», écrit l'auteur de cette lettre d'opinion.

Un peu de sérieux, M. Labeaume

POINT DE VUE / Nous revendiquons depuis longtemps un Québec digne de ses aînés. Les défis pour faire face au vieillissement de la population sont bien réels et il faut tout mettre en œuvre pour assurer des conditions de vie dignes de celles et ceux qui ont bâti notre société.

Nous voulons davantage de soins à domicile pour rester là où nous le souhaitons, le plus longtemps possible, dans notre communauté. Puis, lorsque nécessaire, nous voulons des résidences pour aînés et des CHSLD qui offrent la sécurité, les soins adéquats et une belle qualité de vie.

Or, voilà que nous apprenions la semaine dernière dans sa nouvelle Vision de l’habitation 2020-2030, le maire de Québec veut «encourager» la construction de résidences privées pour personnes aînées… au-dessus des centres d’achats le long des trajets du Réseau structurant.

Non, mais on s’en va où avec ça?

On va bientôt entendre : «Allez les enfants, on se dépêche! Il faut aller visiter grand-papa au centre d’achat, et il faut y aller de bonne heure, car il y a des spéciaux chez Walmart».

Vous voyez déjà la belle qualité de vie qu’on va offrir à nos aînés. Ils pourront descendre prendre un «ti-café» dans le mail, sans avoir à sortir à l’extérieur. Ce seront sans doute des milieux de vie de qualité des plus paisibles avec vue sur des stationnements et de l’air pur. Rappelons que les centres d’achats visés seront sur le tracé du réseau de transport structurant.

En plus des taxes commerciales que la Ville récolte déjà sur les espaces commerciaux, elle pourra désormais encaisser des taxes sur les logements occupés par les aînés. La vice-présidente du comité exécutif cite le cas du Mail de Cap-Rouge qui s’est métamorphosé en résidence pour aînés. Pourquoi les propriétaires ont-ils pris cette décision? Ce centre commercial était tout simplement vide. Et depuis, il ne semble pas avoir attiré de nouveaux commerces.

Un peu de sérieux, M. Labeaume.