Un petit syndicat de 300 membres qui ne plient pas

Messieurs les ministres Arcand et Moreau,

La Fraternité des constables du contrôle routier du Québec (FCCRQ) regroupe un peu plus de 300 membres répartis dans l’ensemble des régions administratives du Québec, ce qui fait de la fraternité l’un des plus petits syndicats représentant des membres de la fonction publique au Québec.

Chaque jour, les contrôleurs routiers sillonnent les routes du Québec, contrôlent l’application des lois et des règlements régissant l’industrie du transport des personnes et des biens, tout en contribuant à la sécurité routière, notamment par l’inspection mécanique, et finalement, assurent la pérennité des infrastructures routières en faisant respecter les charges permises. C’est un travail peu connu, mais essentiellement tourné vers le bien collectif et la sécurité de la société en général.

Nous sommes sans contrat de travail actuellement, et ce, depuis 2015. À titre d’employeur, vous avez réglé les conventions de presque tous les employés de la fonction publique, sauf celle de la FCCRQ alors que nous avons été les premiers à convenir d’une entente de principe avec le Conseil du trésor, il y a plus d’un an maintenant. Que s’est-il passé? Est-ce parce que nous sommes un petit syndicat que nous méritons moins d’égard?

On s’est joué de nous et on nous a utilisés. On s’est servi de nous! Pour avoir notre approbation de principe en tant que premier syndicat signataire, vous nous avez offert une clause remorque qui a été jointe à l’entente de principe acceptée en février 2017. Cette clause mentionne que si le salaire d’un des autres corps d’agents de la paix est augmenté, il en sera de même pour la FCCRQ et ses membres. Or, bien que le Conseil du trésor ait accordé un échelon supplémentaire à nos collègues les constables spéciaux et les gardes du corps, votre gouvernement dit que la clause remorque ne tient pas puisque leur salaire n’a pas été augmenté... Comment, dans vos calculs, vous pouvez «détacher» l’échelon salarial de la notion de «salaire» ? En gagnant un échelon de plus, ces agents de la paix voient inévitablement leur salaire augmenter.

Tout ce que nous voulons, c’est que vous teniez votre parole, à titre d’employeur. Tout ce que nous voulons, c’est nous asseoir avec vous pour discuter de cette clause remorque que vous nous avez signée. Tout ce que nous voulons, c’est de pouvoir être en relation avec vous, sans menace ou intimidation. Nous avons en tout temps négocié de bonne foi et nous vous avons rappelé verbalement plusieurs fois que cette clause, et son respect, était primordiale pour nous.

Nous nous sentons trahis… qui ne le serait pas?

Nous avons refusé de signer la convention collective. Nous ne comprenons pas pourquoi vous vous entêtez à ne pas respecter la clause remorque qui représente, selon notre évaluation (et celle du chef de cabinet du trésor), des répercussions budgétaires négligeables… impressionnant quand vous avez donné plus de 4 milliards $ aux médecins spécialistes il n’y a pas si longtemps…

Nous sommes un petit syndicat fier, intègre et qui respecte ses engagements, et nous continuerons de clamer haut et fort que vous n’avez pas respecté votre parole envers nos membres. Nous ne signerons pas une convention collective qui ne respectera pas l’engagement que vous avez pris.

René Goulet, président de la Fraternité des constables de contrôle routier du Québec