«Avec cette entente, le gouvernement libéral s’est vu contraint de reconnaître que l’aluminium n’avait pas la même protection que l’acier dans l’ACEUM comme le dénonçait le Bloc Québécois», écrivent les députés bloquistes Simon-Pierre Savard-Tremblay et Gabriel Ste-Marie.

Un gain pour l’aluminium du Québec

Le 10 décembre 2019, le Canada, les États-Unis et le Mexique signaient un nouvel accord de libre-échange imposé par Donald Trump : l’ACEUM. Alors que le gouvernement libéral célébrait cette entente, nous, au Bloc Québécois, constations que l’aluminium n’avait pas la même protection que l’acier.  

L’aluminium est une industrie québécoise. 90 % de l’aluminium produit au Canada est produit au Québec. C’est, avec le bois, le cœur de l’économie du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord. De son côté, l’acier est davantage une industrie ontarienne. Aluminium québécois, pas protégé. Acier ontarien, protégé. Un vieux film.  

En moins de deux et sous le leadership d’Alexis Brunelle-Duceppe, député de Lac-Saint-Jean, et Mario Simard, député de Jonquière, la région s’est mobilisée. Tous, maires et travailleurs, réclamaient une protection accrue de l’aluminium (même le député conservateur Richard Martel se joignait à eux avant d’être remis à sa place par son parti).  

Malgré les pressions de toutes parts pour que le Bloc Québécois appuie l’ACEUM, le chef bloquiste, Yves-François Blanchet, entreprit des discussions avec la vice-première ministre Chrystia Freeland afin d’assurer la protection d’un secteur névralgique de notre économie. 

Le problème de l’accord initial était que le Mexique, qui ne produit pas d’aluminium, puisse s’approvisionner en aluminium de moindre qualité, fait dans des usines fonctionnant au charbon et vendu à un prix considéré un peu partout au monde comme étant du dumping. Une fois acheté, l’aluminium est transformé puis revendu comme nord-américain sur notre marché. Une espèce de concurrence déloyale déguisée.  L’ACEUM interdisait toutefois cette pratique pour l’acier, qui doit être « coulé et fondu » en Amérique du Nord. 

Face à ce double standard, notre entente a mené à deux engagements de la part du gouvernement. 

Premièrement, nous aurons des données en temps réel sur les importations d’aluminium au Mexique, des mesures dites de traçabilité.  

Deuxièmement, s’il est démontré que le Mexique s’alimente bel et bien en aluminium étranger, le gouvernement s’engage à revenir à la charge pour que la clause « fondu et coulé » en Amérique du Nord s’applique aussi à l’aluminium, comme c’est déjà le cas pour l’acier. 

Ajoutons enfin qu’avec cette entente, le gouvernement libéral s’est vu contraint de reconnaître que l’aluminium n’avait pas la même protection que l’acier dans l’ACEUM comme le dénonçait le Bloc Québécois.  

En exigeant du Mexique qu’il mette en place les mêmes standards que ceux déjà en fonction au Canada, nous aurons les données en temps réel sur ses importations d’aluminium. Or, puisque les accords internationaux interdisent le dumping et que l’aluminium de pays comme la Chine est considéré comme tel, son entrée par le Mexique deviendra incompatible avec les principes du nouvel accord de libre-échange et le cas échéant, de nouvelles mesures seront mises en place pour empêcher tout dumping chinois d’aluminium (la clause fondu et coulé en Amérique du Nord). 

Il faut comprendre aussi le défi monumental que devait relever le chef du Bloc Québécois dans sa volonté de mieux protéger l’aluminium québécois. D’un côté, le Mexique et les États-Unis ont déjà ratifié l’entente; de l’autre, les intérêts économiques du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord sont sacrifiés. Ramener l’équilibre sans rouvrir l’entente semblait impossible, mais c’est pourtant ce qu’a réussi Yves-François Blanchet avec la collaboration soutenue de la vice-première ministre, Chrystia Freeland.   

Le Québec produit, à l’aide d’une énergie carboneutre, l’aluminium le plus vert de la planète. Sa qualité est exceptionnelle et nos travailleurs ont une expertise admirable. En comparaison, l’aluminium issu du dumping chinois utilisé au Mexique est le plus polluant du monde. À l’heure des changements climatiques, le Bloc Québécois est fier de passer à l’acte pour défendre notre industrie.  

Les mesures de protection que le Bloc a pu négocier avec le gouvernement contribueront à ce que cette industrie continue à prospérer et à nous rendre fiers.  

Un gain pour le Québec, vraiment!