Dans plusieurs milieux durant les vacances, le personnel est réduit, ou/et non formé en soins palliatifs ou il n’y a simplement pas de soignant remplaçant, souligne l'auteure de cette lettre d'opinion.

Un été difficile pour les patients et les proches aidants

L’été est généralement une période agréable pour plusieurs d’entre nous. Malheureusement, pour les personnes malades et vulnérables, ce moment peut s’avérer plus compliqué. Je pense plus particulièrement aux personnes malades en soins palliatifs et à leurs proches.

Toute l’année, l’Association québécoise de soins palliatifs reçoit des appels de patients ou de proches aidants en recherche de services de soins palliatifs. Nous les redirigeons vers les services du réseau de la santé adéquat ainsi que vers des ressources communautaires, l’information du public faisant partie des missions de notre organisme.

Cependant, nous remarquons une augmentation importante de ce type d’appel pendant l’été. Des proches aidants recherchant des services pour les soutenir que ce soit avec des services ou encore du soutien psychologique. Des familles cherchant une place en soins palliatifs pour l’un des leurs, et qui faute d’accompagnement sont prêts à faire des démarches par eux-mêmes pour s’assurer que leur personne malade bénéficie des soins dont ils ont besoin.

En tant que médecin en soins palliatifs depuis plus de 20 ans, j’ai constaté à plusieurs reprises l’une des causes de cette situation. Les patients et les proches aidants vivent les effets secondaires d’une organisation de services précaire. Nous avons grandement parlé, et à raison, des conditions inacceptables de personnes en CHSLD. Mais dans tous les milieux de soins, des stresseurs viennent s’ajouter pour ces personnes grandement vulnérables, malgré la bonne volonté des soignants qui prennent le relais de leurs confrères et consoeurs en vacances, souvent sans préparation. Dans plusieurs milieux, le personnel est réduit, ou/et non formé en soins palliatifs ou il n’y a simplement pas de soignant remplaçant!

Chaque fois que cela se produit, des personnes sont en détresses ou plus souffrantes. Cette situation favorise les consultations aux urgences, les délais de référence aux équipes en soins palliatifs et le maintien de personnes dans des conditions inacceptables. Comme présidente de l’AQSP, j’en viens au même constat. Nous devons nous assurer d’une organisation sans bris de service ni de lacune au niveau de l’expertise, peu importe le moment de l’année.

Il est temps de prendre plus au sérieux ces soins, les besoins de la population et y mettre les ressources nécessaires pour que chaque personne puisse recevoir des soins palliatifs de qualité, tout au long de l’année. Car le manque d’information et d’accompagnement dans les soins palliatifs, s’il est plus flagrant l’été, existe aussi tout au long de l’année. Nous devons rattraper le retard dans l’application du plan de développement des soins de fin de vie, car la maladie ne prend malheureusement pas de vacances.

Louise La Fontaine, Présidente de l’Association québécoise de soins palliatifs