«La destruction d’une grande cathédrale qui a nécessité le labeur d’hommes et de femmes sur plus de 850 ans est-elle plus importante que celle de notre petite planète?», écrit l'auteur de cette lettre d'opinion.

Un élan de solidarité pour notre Terre

POINT DE VUE / L’incendie dévastateur qui a détruit la cathédrale Notre-Dame de Paris a provoqué un véritable émoi à l’échelle de la planète.

Tous les grands de ce monde ont clamé à l’unisson leur désarroi, leur tristesse et signifié leur support au peuple français face à ce drame historique : le président de la République Emmanuel Macron, nos premiers ministres Justin Trudeau et François Legault, le président américain Donald Trump et son prédécesseur Barack Obama, la chancelière allemande Angela Merkel, Theresa May, première ministre du Royaume-Uni, la directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay et bien d’autres ont clamé un message d’espoir et de réconciliation. Il est rare qu’un événement suscite une telle vague de solidarité à l’échelle planétaire. Comme si les guerres n’existaient plus, l’instant d’un moment.

Cet élan de fraternité s’est aussi traduit par des gestes concrets notables : moins de 24 heures après ce drame, plus d’un milliard d’euros provenant des fonds privés tentaient de panser cette plaie qui affecte tous les peuples pour la reconstruction de cette icône, témoin de l’histoire du genre humain.

On doit applaudir face à cette réaction unanime visant à conserver la mémoire de ce patrimoine bâti qui a marqué les grands événements de notre histoire. Un peu comme si tous les peuples s’unissaient tels des frères, face à un drame qui rejoint toutes les nations de toutes religions. Un devoir de mémoire.

Mais en cette journée de la Terre, ne serait-il pas possible d’imaginer un tel élan de fraternité et de concertation pour notre planète qui subit un sort plus néfaste que la destruction partielle d’un patrimoine bâti? Pourquoi les mêmes Grands de ce monde ne s’unissent pas pour reconstruire notre planète qui subit les dommages du réchauffement climatique et de la perte de la biodiversité? La destruction d’une grande cathédrale qui a nécessité le labeur d’hommes et de femmes sur plus de 850 ans est-elle plus importante que celle de notre petite planète?

J’ai visité la cathédrale Notre-Dame de Paris à plusieurs reprises et ai été envahi d’une grande émotion devant ce chef d’œuvre humain millénaire. Mais notre Terre mériterait une attention tout aussi précieuse de la part de ceux et celles qui ont le pouvoir de changer les choses. Un élan de solidarité pour notre Terre demeure essentiel à sa survie. En ce Jour de la Terre, je lance bien modestement un message d’espoir pour que ceux qui ont le pouvoir de changer notre destinée voient notre planète… comme une cathédrale.