Un drôle de reportage

«L’Agence environnementale européenne le confirme : les véhicules électriques sont meilleurs pour le climat et la qualité de l’air». C’est là le titre d’un communiqué de presse de cette agence publié 22 novembre dernier (traduction personnelle). Devant le défi des changements climatiques, il y aurait donc des raisons de se réjouir d’avoir une option pour améliorer les choses (ce ne peut être la seule).

Eh bien non. En tout cas, pas pour Radio-Canada.

«L’impact environnemental des voitures électriques confirmé par un nouveau rapport». C’est là le titre d’un reportage de Radio-Canada basé sur le même document que je viens de citer, mais qui n’en présente que les aspects indésirables. Comme s’il était passé du «positif» au «négatif» en traversant l’Atlantique.

C’est un fait qu’il y a plus de gaz à effet de serre émis pour produire une auto électrique que sa contrepartie à combustion. Mais que ce soit dans l’Union européenne, dans les États américains (même les plus polluants) et surtout au Québec, sur une durée de vie de 10 ans le bilan varie de positif à très positif en faveur de l’électrique. Et il va en s’améliorant.

C’est aussi un fait qu’il y a plus d’impacts environnementaux liés à l’industrie minière associée à la construction des véhicules électriques que pour une équivalente à combustion. L’Agence européenne le souligne (et Radio-Canada ne regarde que cela).

Toutefois, l’Agence évaluait aussi les autos électriques dans une optique d’économie circulaire, soit l’idée de recycler les produits de consommation pour les remettre «dans la chaîne». Et à cet égard, les véhicules électriques sont très intéressants. Il y a un grand potentiel de recyclage des composantes des batteries pour en créer de nouvelles. Un problème cependant est qu’il n’est pas attendu avant 10 ans qu’il y ait assez de batteries automobiles en fin de vie pour justifier les investissements. Mais le potentiel est là. Ce qui diminuera d’autant les impacts miniers. En comparaison, du côté des énergies fossiles, le «cycle» se compte en millions d’années et non pas en décennies.

Pour résumer la situation, le véhicule le plus vert est celui que l’on ne produit pas. Mais à choisir, l’Agence environnementale européenne conclut que les véhicules électriques sont un meilleur choix. Surtout devant le défi des changements climatiques. Pourquoi Radio-Canada remet-elle en question cette conclusion sur la base du même rapport?Bizarre, quand même.

Eric Alvarez, Québec