Un délestage

À Québec, la Ville procède à des appels d’offres pour la construction d’un édifice à la base de plein air de Sainte-Foy.

Il sera utilisé par le Groupe plein air faune, une nouvelle entité désignée comme organisme «à but non lucratif», créé par des fédérations d’entreprises vouées aux intérêts des chasseurs et des pêcheurs comme la Fédération des pourvoiries du Québec. 

Il sera chargé de gérer et d’animer les activités de la base. Ainsi, la Ville donne suite au projet annoncé en mars 2017 et repris dans le programme de l’Équipe Labeaume aux dernières élections, un programme que les électeurs ont fortement appuyé. Que faut-il penser de certains aspects de ce projet?

Il est difficile de croire que l’organisme qui occupera l’édifice sera à but non lucratif puisqu’il a été créé par des organismes à but lucratif qui n’ont surement pas eu l’idée d’en faire une société de bienfaisance. 

Ainsi, on conçoit que le Groupe plein air faune dont l’existence est redevable aux fédérations qui l’ont créé, est nécessairement de même nature que ces dernières de sorte que les intérêts de la créature vont avec ceux du créateur. Ce sera la vitrine du créateur peut-être?

La venue du privé à la base de plein air constitue une financiarisation de la gestion des activités. La Ville se déleste ainsi du rôle qu’elle jouait en contribuant elle-même à la santé et au bonheur de ses administrés par son implication directe dans les opérations de la base. Dorénavant, c’est la rentabilité qui sera au programme, ce qui signifie que l’accès aux activités pourra être limité et, sans doute, plus couteux.

Enfin, il y a peut-être un os dans le projet. En effet, il ressemble à celui de l’amphithéâtre où il avait été requis de l’Assemblée nationale qu’elle adopte une loi pour autoriser l’entente prise avec Quebecor laquelle était considérée comme illégale. Il conviendrait donc que l’administration municipale de la Ville de Québec explique aux citoyens comment elle peut réaliser ce projet en toute légalité.

Jean-Marie Desgagné

Québec