Lorsque les commerces se sont établis sur la route de l’Église, ils ne savaient pas qu’ils auraient à subir autant de pertes de revenus un jour.

Travaux sur la route de l’Église: un manque de respect flagrant envers des citoyens

POINT DE VUE / Les propos tenus la semaine dernière par M. Rémy Normand, vice-président du comité exécutif de la Ville de Québec, m’ont complètement sidérée. Selon ce qui a été rapporté dans les médias, M. Normand admet d’abord que les travaux causent des problèmes aux commerçants, mais par la suite, il affirme que la Ville de Québec n’a pas de programme d’assistance financière. Puis, pour se donner bonne conscience, il attribue les problèmes financiers des commerçants à leur manque de vision et à leur incapacité à évoluer.

Or, pour quiconque a tenté de se rendre dans un des commerces de la route de l’Église depuis le printemps, il est évident que la situation actuelle des commerçants est un problème d’accès à leur commerce causé par les travaux publics sur cette artère. Ainsi, ces travaux publics amènent des externalités négatives tout comme le feront les travaux d’aménagement du futur tramway.

À court terme, contrairement à ce que déclare M. Normand, les commerces et résidents qui ont à subir les externalités négatives ne devraient pas en faire les frais personnellement. Les impacts négatifs occasionnés par ces travaux sont similaires aux impacts produits par la pollution que peut générer une entreprise. 

À titre d’exemple, on peut penser à Anacolor dont la Ville ne voulait plus sur son territoire. Dans ce cas particulier, ni les citoyens ni la ville ne voulaient faire les frais des externalités négatives d’Anacolor. La Ville a alors aidé cette compagnie en achetant ses installations et en l’aidant à se relocaliser après avoir accepté les inconvénients causés au voisinage pendant des années.

Je trouve inconséquent pour une organisation comme la Ville de Québec d’avoir un comportement variable vis-à-vis des impacts négatifs dépendamment qui est à l’origine de ces problèmes ou qui les subit.

Peut-on penser que de si gros projets d’infrastructures ne tiennent pas compte des conséquences directes sur les riverains pendant les travaux et dans le futur? Il faut croire que oui, aucun budget attribué aux dédommagements n’a été dévoilé pour le projet de transport structurant. Les commerçants autant que les résidents s’inquiètent des impacts importants qu’ils devront subir pendant les travaux et par la suite comme le manque de stationnements, le bruit, etc. De plus, malgré les engagements donnés lors des séances d’informations en juin, personne n’a reçu de réponse aux questions posées. 

La situation actuelle sur la route de l’Église n’a rien de rassurant pour l’avenir, les élus devraient d’emblée informer les citoyens sur les vraies difficultés qu’ils auront à vivre et comment la Ville envisage de les supporter afin de les dédommager des inconvénients reliés aux décisions prises par les élus. Au contraire, actuellement les personnes impliquées doivent attendre d’être à bout de souffle et obligées de supplier pour obtenir de l’aide et, comme réponse, on les accuse de ne pas être proactifs.

M. Labaume et M. Normand, gardez en tête que ces mêmes commerçants ont été accablés de majorations de taxes dans les dernières années et que maintenant, ils ne peuvent compter sur vous quand des problèmes causés par des travaux les empêchent de gagner leur vie. Lorsqu’ils vous ont élus, le tramway n’était pas une option et lorsque les commerces se sont établis sur la route de l’Église, ils ne savaient pas qu’ils auraient à subir autant de pertes de revenus un jour.

Comment agiriez-vous si vous étiez à leur place?