La transformation de notre ville pour faire davantage de place à la mobilité douce est souhaitée et souhaitable, estime l'auteur de cette lettre.

Transport structurant: impact souhaité dans Jean-Lesage

En réaction au Point de vue «Impact majeur dans Jean-Lesage» de Mme Anne DeBlois paru le 4 avril

Les projets de transport en commun structurant ont changé de forme et de parcours au cours des dernières années. Une chose n’a cependant pas bougé d’un iota : la crainte de perdre des espaces de stationnement ou des voies de circulation. Chaque fois que cette possibilité est évoquée, on pousse les hauts cris.

Pourtant, selon Andres Duany, urbaniste états-unien, «à regarder la plupart des villes en Amérique du Nord, on pourrait conclure que le premier principe de nos sociétés est que les voitures doivent être heureuses».

À ceux et celles qui seraient tentés de voir en ces projets de mobilité durable une guerre à l’automobile, je répondrai que, depuis 60 ans, le tout-à-l’automobile a régné en Amérique du Nord, faisant des véhicules motorisés le plus grand accapareur d’espace urbain.

À titre d’exemple, on compte en moyenne quatre à cinq espaces de stationnements, privés et publics, par automobile dans les villes nord-américaines. Pour la seule région de la Capitale-Nationale, cela représente une surface comparable à au moins 3375 terrains de soccer, aux dimensions FIFA, dédiée uniquement au stockage d’automobiles à l’arrêt.

Aussi, cette propension à favoriser l’automobile pèse lourdement dans les dépenses publiques. Toujours pour la région de la Capitale-Nationale, ce sont plus de trois milliards$ qui ont été dépensés en maintien et en développement du réseau autoroutier depuis dix ans.

Sécurité améliorée

Il est par ailleurs faux de prétendre que la présence dans nos rues d’un tramway ou d’un trambus augmentera les risques de collisions avec des cyclistes et des piétons. S’il est avéré que des collisions surviennent, il est important de rappeler que, statistiquement, le principal «prédateur» des usagers vulnérables de la route demeure l’automobiliste.

Au contraire, la construction d’un transport en commun comprenant une infrastructure dédiée de surface, comme c’est le cas pour le tramway et le trambus, s’accompagne le plus souvent d’une réorganisation de l’espace public qui encourage les déplacements sécuritaires effectués à pied et à vélo. Ce réaménagement agit en synergie avec le développement du transport en commun : cyclistes et piétons sont souvent des usagers multimodaux des transports.

Impact souhaité dans Jean-Lesage

La transformation de notre ville pour faire davantage de place à la mobilité douce est souhaitée et souhaitable. La circonscription de Jean-Lesage, et plus particulièrement les quartiers Vieux-Limoilou, Lairet et Maizerets, présente déjà une grande proportion de résidents qui se déplacent chaque jour en transport en commun, à pied ou à vélo.

Ces personnes sont les premiers clients des commerces qui logent sur la 1re Avenue, la 3e Avenue et le chemin de la Canardière. Leur donner davantage de possibilités de se déplacer de façon sécuritaire autrement qu’en automobile augmentera leur mobilité et leur qualité de vie.

Avec l’arrivée prochaine du Réseau structurant de transport en commun, on commence à changer de paradigme en transport : on pense à déplacer des personnes plutôt que des véhicules. Une vision plus que souhaitable pour la Ville de Québec.

Étienne Grandmont, Directeur général d’Accès transports viables et électeur dans Jean-Lesage