Soutenir la santé mentale

En réaction à la chronique «Un an à l’hôpital psychiatrique» de la journaliste Mylène Moisan parue le 7 avril

Le cas de X, tel que décrit dans la chronique de Mylène Moisan du 7 avril 2018, n’est pas un cas isolé.

Mais à ma connaissance, c’est la première fois au Québec qu’un jugement du Tribunal Administratif du Québec impose à un établissement de soins psychiatriques de rendre disponible des traitements qui mettent l’accent sur les besoins d’une personne pour sa réadaptation et sa réinsertion sociale sécuritaire. Ce constat est primordial, car il est le reflet de changements progressifs de la culture de notre société vis-à-vis la maladie mentale. La notion de soins en psychiatrie englobe depuis 1960 la santé physique et maintenant aussi la réadaptation et la réinsertion sociale des personnes traitées pour une maladie mentale chronique. C’est la reconnaissance du droit d’un individu à une médecine personnalisée en psychiatrie.

Notre société change. Plusieurs mouvements populaires témoignent de cette volonté de changements qui brise le silence devant des situations qui ne sont plus supportables, comme on a vu avec l’indignation de la population face au sort que Walmart a réservé à certains de leurs employés, ou au mouvement «ME TOO» et celui des adolescents américains après la dernière tuerie.

Il est important de continuer de mettre en lumière ce qui est inacceptable : les cas X qui demeurent en institution par défaut, ainsi que la quasi-rupture de services de médecins pour traiter les maladies physiques des patients psychiatriques hospitalisés à l’Institut universitaire de santé mentale de Québec sont des exemples de l’inacceptable. Est-ce un hasard que ces situations se passent au même endroit?

Des progrès ont permis une meilleure maîtrise des peurs de la maladie mentale et l’évolution des mentalités. Des efforts financiers considérables sont consentis par l’ensemble des contribuables en prévention, traitement et réadaptation. En retour, il est raisonnable qu’ils puissent s’attendre qu’un Institut de psychiatrie ait la capacité de relever les défis de l’époque actuelle, incluant celui de la réinsertion sociale des personnes dont la maladie mentale est souvent associée aux dépendances, surtout aux drogues avec malheureusement parfois des conséquences judiciaires.

Il est plus que temps de penser en termes de priorités et de s’assurer que les ressources humaines et budgétaires répondent à une vision des besoins globaux des personnes aux prises avec des troubles psychiatriques dès maintenant et dans l’avenir.

Roch H Bouchard MD, Sainte-Pétronille