Des migrants du Venezuela à Medellin en Colombie

Sortons l’immigration de nos ornières idéologiques

En période électorale, les politiciens ont la mauvaise habitude de diaboliser certaines réalités. Si l’évocation du mot «référendum» fait jaillir une crainte injustifiée auprès des électeurs, c’est qu’ils ont été conditionnés par les fédéralistes durant des décennies de peur

De même au cours de la dernière campagne, les mots immigration, intégration et identité ont été détournés de leurs sens pour en faire des symboles d’intolérance. Profitant de ce laxisme lexical, des extrémistes des deux camps opposés en ont profité pour s’attaquer mutuellement. D’un côté, l’extrême droite identitaire accusant les adeptes du multiculturalisme inconditionnel de trahison à l’égard du peuple québécois de souche, et de l’autre, la dénonciation par ces derniers du caractère raciste des positions de ces groupes sectaires.

À la suite de ces prises de position souvent démagogiques, le gros bon sens a eu du mal à prendre sa place, tellement le fossé était profond entre les antagonistes. Compte tenu du fait que ces réalités ont été contaminées durant la campagne électorale, des discussions sereines seront-elles encore possibles? Il faudra s’entendre sur un seuil annuel de nouveaux arrivants pour combler l’écart entre la demande et l’offre de main-d’œuvre, faire des efforts réels pour les intégrer dans une approche interculturelle et enfin sécuriser les Québécois francophones qui s’attendent à un minimum de mesures pour assurer la pérennité de leur identité, principalement sur la sauvegarde du fait français.

Sortons donc de nos ornières idéologiques pour redonner de l’espace à des propositions relevant du gros bon sens pour faire en sorte que l’immigration ne constitue plus un problème, mais plutôt une solution pour toutes les parties concernées.

Marcel Perron, Neuville