Mercredi, plus de 400 personnalités provenant du milieu artistique, scientifique, académique et des Premières nations ont invité les Québécois à signer un pacte pour la transition — De la parole aux actes — dans lequel ils s’engagent durant deux ans et selon leurs moyens, à réduire leur empreinte écologique afin de lutter contre le réchauffement de la planète.

Signe, signe pas, mais agis

Un pacte pour la transition, qu’ossa donne?

Depuis mercredi, plus de 400 personnalités provenant du milieu artistique (dont Yvon Deschamps), scientifique, académique et des Premières nations invitent les Québécois à signer un pacte pour la transition — De la parole aux actes — dans lequel ils s’engagent durant deux ans et selon leurs moyens, à réduire leur empreinte écologique afin de lutter contre le réchauffement de la planète.

De nouveaux curés. Des hypocrites. La clique du Plateau. Des donneurs de leçon. Des utopistes. Des gens qui épousent la cause pour redorer leur image. Les mots de certains ne sont pas tendres pour décrire les premiers signataires.

Pourvu que ce ne soit pas une piètre excuse pour ne rien faire, pour éviter une remise en question des habitudes de consommation et de transport, du mode de vie, des modes de production.

Évidemment, cela agace et paraît contradictoire que des «vedettes», des «personnalités» qui voyagent en avion et en jet privé, qui disposent de propriétés aux quatre coins du monde, qui se promènent en VUS, qui font de la pub de char appellent les gens à poser des gestes pour lutter contre les changements climatiques.

Si 400 inconnus, si 400 véganes, si 400 cyclistes, si 400 gens d’affaires avaient rempli un théâtre de Montréal ou de Québec pour livrer le même message et réclamer le même type d’actions de la population et des gouvernements, est-ce que l’accueil aurait été plus favorable, plus crédible et plus susceptible de provoquer une réflexion, un engagement citoyen?

Probablement pas pour ceux qui préfèrent ignorer les signaux d’alarme du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et le constat qu’il est possible techniquement et scientifiquement de limiter le réchauffement à 1,5 degré Celsius si des moyens sans précédent sont pris rapidement.

Probablement pas pour ceux qui estiment qu’il appartient uniquement aux gouvernements d’agir et qui considèrent que les gestes individuels comme manger moins de viande, éviter le suremballage, limiter les déchets, acheter davantage local, utiliser moins son véhicule ou cesser d’investir dans le pétrole ne changeront absolument rien.

Probablement pas non plus pour ceux qui jugent qu’un pacte signé par un million de Québécois — c’est l’objectif — n’incitera pas le gouvernement caquiste à prendre davantage au sérieux les défis environnementaux, ni le gouvernement Trudeau à mettre fin à son double discours.

Si les citoyens sont mobilisés, les politiciens saisiront sûrement qu’il peut être payant politiquement de respecter les engagements liés à l’Accord de Paris et de prendre les moyens nécessaires pour atteindre les objectifs fixés.

Focalisons sur le message et non sur les messagers et la formule qu’ils utilisent.

La signature d’un pacte ne nous convient pas? OK. Mais ce n’est pas un prétexte à l’inertie. Comme il est écrit dans le pacte, ce n’est pas non plus un engagement à être parfait. Plus de 122 000 personnes ont déjà pris l’engagement.

En France, la presse rapportait en début de semaine que 62 «youtubeurs» et créateurs de contenus rejoignant des dizaines de millions d’abonnés se mobilisent pour le climat dans l’opération On est prêt. À partir de la mi-novembre, ils véhiculeront ce qu’ils font et ce que font leurs abonnés au quotidien pour réduire leur empreinte sur l’environnement.

Ce qui compte, c’est de passer à l’action, c’est que la population se mobilise et force les élus à agir.

Ce n’est pas simplement en se désolant momentanément des canicules, des forêts dévastées par les incendies, des océans pollués par les déchets plastiques et des rapports toujours plus inquiétants des experts climat de l’ONU qu’on évitera les catastrophes.