La candidate libéral dans Jean-Talon, Gertrude Bourdon

Si j’étais électeur dans Jean-Talon

POINT DE VUE / Je ne suis partisan ni du parti libéral ni de Mme Gertrude Bourdon… loin de là! Le marchandage de cette dernière dans l’espoir de devenir ministre de la Santé lors des dernières élections provinciales m’aura laissé un arrière-goût persistant dont je tarde à me défaire.

Rien de comparable toutefois à la façon dont la CAQ a géré le dossier de l’immigration, un projet de loi qui témoigne d’un amateurisme navrant alors que François Legault, que le bon sens a fini par rattraper, avouait candidement ne pas avoir prévu une telle réaction à son projet.

S’il est louable de la part du premier ministre de tenter de nous démontrer que son gouvernement sait tenir parole, sa propension à vouloir faire beaucoup en peu de temps se traduit malheureusement par des projets brouillons et improvisés… une pratique tout aussi néfaste sur le plan de la crédibilité de la classe politique que des promesses électorales non tenues.

En retirant son projet de loi sur l’immigration, on ne saura jamais si François Legault a agi par sincérité et compassion ou par intérêt politique à la veille de l’élection partielle de Jean-Talon. Qu’importe! La portée stratégique du vote dans Jean-Talon saute aux yeux : une défaite de la CAQ ne compromettrait en rien la position du parti. Elle aurait l’avantage d’envoyer un message clair à François Legault et aux membres de son gouvernement : mesurez les impacts de vos réformes et proposez-nous des projets de loi réfléchis et bien ficelés.

Mme Bourdon prétend avoir appris de son expérience passée. Dans les circonstances, ne mériterait-elle pas la chance de démontrer qu’elle dit vrai? On en aurait au moins le cœur net! J’aimerais toutefois pouvoir compter sur les électeurs de Jean-Talon pour se faire les porte-paroles de tous ceux et celles qui, comme moi, ont été outrés par la portée du projet de loi sur l’immigration, le manque de vision de François Legault et par l’attitude tout aussi intransigeante que dénuée d’humanité de Simon Jolin-Barrette. Si j’étais électeur dans Jean-Talon…