Non seulement la CAQ est en avance, mais elle réussit à obtenir de plus en plus d’appuis chez les femmes.

Sexiste ou populaire?

ÉDITORIAL / S’il est souhaitable — et grand temps — qu’il y ait plus de femmes en politique, ce n’est pas pour qu’elles crient au sexisme pour tout, pour rien, ou lorsque des sondages indiquent que la Coalition avenir Québec et son chef François Legault «pognent» plus cette année avec les femmes que les libéraux.

Le Soleil le notait la semaine dernière dans une analyse du sondage Mainstreet Research. Non seulement la CAQ est en avance, mais elle réussit en 2018 à obtenir de plus en plus d’appuis chez les femmes.

La formation de François Legault obtenait 24,2 % des intentions de vote des femmes, comparativement à 21,9 % pour celle de Philippe Couillard. Une préférence qui s’exprime également dans d’autres sondages.

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En 2012, François Legault et son parti éprouvaient des difficultés à convaincre les femmes de voter pour eux. Dernier dans un sondage CROP-Le Soleil, M. Legault avait très malhabilement expliqué que les Québécoises boudent son parti parce qu’elles sont «insécures» devant les changements sociaux d’importance proposés par son équipe.

«L’insécurité» semble cette année estompée. La CAQ a de plus réussi à convaincre des femmes de porter ses couleurs. Elle compte plus de candidates que de candidats.

Une autre forme d’insécurité semble avoir gagné les troupes libérales.

Il est certes discutable, comme l’a fait la CAQ, de couler les textos échangés avec la candidate Gertrude Bourdon qui a préféré se joindre aux libéraux plutôt qu’à l’équipe Legault. Mais ce n’est pas du sexisme, comme le prétend la candidate libérale Marwah Rizky. Inapproprié aussi de qualifier de sexiste un politicien qui s’oppose à une ligne de métro, aussi rose soit-elle. Comparer François Legault à Donald Trump, c’est également tomber dans des comparaisons qui ne tiennent pas la route.

Les femmes candidates — de tous les partis — ont sûrement mieux à apporter dans le débat public que des accusations de «sexisme», de «féminisme de façade» qui permettent ensuite à chaque chef de tirer les ficelles.

Jean-François Lisée s’est porté à la défense de Legault, soutenant que c’est odieux de comparer un politicien québécois à Donald Trump, accusé d’agression sexuelle par 19 femmes. Le chef péquiste a aussi souligné que les candidates libérales ont fait cette sortie à la demande du bureau du premier ministre et de ses communicateurs qui sont des hommes. François Legault a parlé pour sa part de «job sale», tandis que Philippe Couillard a affirmé que ses candidates Rizky et Christine St-Pierre ont la liberté de dire ce qu’elles ressentent et de participer à des débats, contrairement à la CAQ qu’il l’aurait interdit à sa candidate Marguerite Blais. 

Les candidates libérales ont intérêt à peser leurs mots lorsqu’elles jugent le comportement de leurs adversaires à l’égard des femmes. Le gouvernement Couillard n’a pas toujours été un modèle.

Sa politique d’austérité en début de mandat a touché plus durement les femmes qui se trouvent en grand nombre dans le secteur de la santé et de l’éducation. Les «aidants naturels» sont aussi majoritairement des femmes. Si les services sont restreints, ce sont donc elles qui écopent.

La Presse canadienne a aussi révélé en 2016 que les personnes qui dirigeaient les cabinets ministériels étaient mieux payées si elles étaient de sexe masculin. Il y avait quasi parité — 15 hommes et 13 femmes — sauf que les gars gagnaient 17 000 $ de plus. 

Rappelons aussi que deux ministres libérales à la Condition féminine, Lise Thériault et Stéphanie Vallée, refusaient l’étiquette «féministe».