Célestine Uhde, 15 ans et sa sœur Constance, 13 ans, font partie du mouvement féministe les Carrés jaunes qui milite pour réformer le code vestimentaire des écoles de Québec.

Sexiste, le code vestimentaire?

La polémique du «Carré jaune» qui a pris naissance dans mon école secondaire en a fait réfléchir plusieurs concernant un code vestimentaire jugé «sexiste». Les adeptes de ce nouveau mouvement sont convaincus qu’une injustice règne : la «mode des gars, elle, est autorisée», selon Célestine Uhde, initiatrice du carré jaune.

J’ai un malaise avec cette histoire dans laquelle je trouve qu’on prend des raccourcis intellectuels. 

Tout d’abord, est-ce que c’est le code vestimentaire, le problème, ou n’est-ce pas plutôt la «mode des filles» et la culture de l’hypersexualisation? 

Imaginons qu’un garçon se présente en milieu scolaire avec une camisole spaghetti, il se fera exclure de la classe au même titre qu’une fille. Les règles s’adressent à tous les élèves et tous se doivent de les respecter. Plusieurs professions ont des règles sur les vêtements à porter et à ne pas porter. Le code vestimentaire correspond, en quelque sorte, à notre uniforme de travail. Savoir se vêtir correctement selon les circonstances, c’est aussi un apprentissage que nous devons faire. Des règlements, nous en aurons toute notre vie. Ils permettent de conserver un milieu de vie sain, équilibré et respectueux. Ils nous aident, dès notre plus jeune âge, à mieux vivre ensemble dans le respect de tous. 

De plus, il est important de préciser qu’un peu plus de deux semaines avant le début des carrés jaunes, un sondage auprès de tous les élèves de l’école a été réalisé : la direction avait déjà commencé des démarches pour actualiser certaines règles du code vestimentaire. 

Par contre, le 21 mars, beaucoup d’élèves de mon école se sont présentés vêtus de façon à contrer volontairement le règlement. Certains se sont fait suspendre, d’autres ont été exclus des cours pour la journée. Ces étudiants affichaient plusieurs feuilles sur les murs des corridors «Ce n’est pas une révolution, c’est une évolution». 

Parfois, il faut effectivement questionner les règles établies et voir si elles sont toujours pertinentes, si elles doivent être actualisées. C’est bien d’évoluer, mais il ne faudrait pas tomber dans le piège du «tout permis». 

Pourquoi ne pas privilégier un dialogue constructif avec notre direction qui avait déjà, avant ce mouvement, montré son ouverture plutôt que de tomber dans la confrontation? 

Annabelle Dussault, secondaire 2, École Joseph-François-Perreault