Un promoteur menace des terres fertiles qui pourraient jouer un rôle crucial dans l’alimentation future des habitants de Québec.

Sauvons les terres agricoles

POINT DE VUE / À l’aube des grands bouleversements climatiques qui menacent, entre autres, la soutenabilité de nos systèmes alimentaires, la question concernant la provenance de nos aliments devient vitale.

Pourtant, à Québec, le Groupe Dallaire cherche à transformer les terres agricoles des Sœurs de la Charité en un simple marché lucratif de condos génériques. En d’autres termes, un promoteur privé menace des terres fertiles qui pourraient jouer un rôle crucial dans l’alimentation future des habitants de la grande région de Québec.

Comment pouvons-nous, collectivement, permettre une telle catastrophe?

En fait, si M. Dallaire était moindrement visionnaire, il se rangerait parmi les acteurs clés de la transition écologique. Conscient de l’importance du bien commun qu’il possède, il développerait une coopérative agricole pouvant servir de modèle international; une idée qui, nous le croyons, susciterait l’intérêt de nos gouvernements qui tentent, tant bien que mal, d’affronter la crise écologique.

Le développement, d’accord, mais comment?

À tous ceux qui diront : «Oui, mais il faut développer et puis, l’urbanisation des terres des Sœurs de la Charité limite l’étalement urbain», nous répondrons qu’il est essentiel de consolider les territoires déjà urbanisés afin de limiter notre emprise sur les milieux naturels et/ou fertiles.

En ce sens, nous savons que la Ville de Québec prévoit accueillir 28 200 nouveaux ménages d’ici 2036 (vision de l’habitation 2018) et qu’elle implantera, d’ici 2026, la colonne vertébrale d’une nouvelle mobilité métropolitaine : le réseau structurant.

Alors, pourquoi ne pas rentabiliser cette infrastructure collective en permettant au plus grand nombre de citoyens possibles d’y accéder?

Le changement de paradigme qui nous attend impérativement, de la mobilité individuelle aux transports collectifs, permet de repenser certains secteurs névralgiques de la ville. Par exemple, l’implantation d’un tramway remet en question la présence des autoroutes en milieu urbain; des superficies immenses entièrement gaspillées. Montréal a su récupérer de grands espaces en démantelant l’autoroute Bonaventure. Comme nous le démontrons également, transformer l’autoroute Laurentienne en boulevard urbain permettrait d’héberger au moins 7000 ménages tandis que la transformation de Dufferin-Montmorency accueillerait 12 000 nouveaux ménages en plein cœur du centre-ville.

À titre de référence, le Vieux-Limoilou regroupe près de 6200 ménages. Imaginons alors un instant les milieux de vie que nous pourrions déployer en transformant le parc industriel Saint-Malo, le campus de l’Université Laval ou l’autoroute Robert-Bourassa; des secteurs qui sont à quelques pas seulement du futur réseau structurant!

Bref, à Québec, les potentiels ne manquent pas pour densifier la ville et une chose est certaine, nous devons à tout prix préserver notre garde-manger. Sauvons les Terres des Sœurs de la Charité!