Santé: une pénurie liée à nos conditions de travail

De nombreuses directions de CISSS quittent les tables de négociations locales. Geste concerté? J’en suis convaincue!

Les points qui achoppent sont les notions de déplacement et de port d’attache (ce dernier détermine où vous travaillez). En clair, cela signifie que l’employeur veut pouvoir vous déplacer comme bon lui semble, sur de vastes territoires, sans considération pour votre réalité, parfois au détriment de votre champ d’expertise et, surtout, sans compensation pour les désagréments engendrés. C’est ridicule de croire qu’il réglera ainsi les problèmes d’attraction et de rétention de personnel qualifié.

Sérieusement, est-ce en rendant encore plus difficiles les conditions de pratique qu’il pourra assurer une meilleure accessibilité de la population aux soins et services? Depuis 2015, la réalité est la suivante : les gens d’expérience devancent leur retraite, les jeunes quittent le réseau ou leur profession, les congés de maladie se multiplient. Et que dire des effets pervers de la baisse de motivation, la fatigue, l’anxiété et le sentiment d’incompétence causés par l’inconnu et les adaptations perpétuelles, le présentéisme?D’ailleurs, saurons-nous un jour les coûts réels de la «réforme Barrette»?

En attendant, camarades, je m’adresse à vous car l’heure est grave. Cette prochaine convention locale risque d’être la dernière avant longtemps (conséquence directe de la loi 30). Il est grandement temps de se mobiliser! Soyons fiers de ce que nous sommes! Défendons nos conditions de travail pour assurer la pérennité de nos services publics et soyons présents à nos conseils d’administration respectifs au cours du mois d’octobre. Réclamons ce à quoi nous avons droit : une convention collective décente et négociée de bonne foi!

Aux directions d’établissement, sachez que vos fidèles et dévoués employés sont toujours prêts à chercher, avec vous, des solutions aux problèmes rencontrés, pour peu que vous les respectiez et les écoutiez. Le défi qui nous attend au cours des prochaines années est immense, vous avez besoin de nous, alors pourquoi ne pas travailler ensemble? Sachez aussi que le mépris dont vous faites ironiquement preuve en ce mois de la reconnaissance (en tout cas, «chez nous») n’est qu’un souffle de plus sur les braises de la mobilisation qui couvent depuis trop longtemps maintenant... Solidarité!

Manon Gallichand, travailleuse sociale en CLSC, Lévis