Santé mentale: répression aliénante

POINT DE VUE / En réaction à l’article d’Élisabeth Fleury, «Une fabrique d’itinérance», paru dans Le Soleil le 17 juillet

Ma problématique de santé mentale m’a amené à postuler au Programme d’Encadrement et d’Hébergement Clinique (PECH), ce qui m’a ensuite mené vers SHERPA; et à la troupe-école de théâtre Les Merveilleuses Têtes Heureuses, où j’y ai tenu la lecture publique de ma pièce Le Pouvoir d’intimider, que j’ai annoncée dans ces pages.

Cette métaphore judiciaire fictive de l’intimidation s’est prolongée dans la réalité : le dossier des «portes tournantes» en psychiatrie; suivi d’un épisode similaire, avec la recrudescence d’ex-détenus affectés d’un double trouble de santé mentale et de toxico. Prémonition théâtrale de ma part, à mon insu? Dans un sens, oui.

Des psychanalystes ont évoqué l’entourage social comme cause de conditionnement comportemental individuelle. À cet égard, notre «monde de fous» et celui du pénitencier se valent aussi bien. 

Si Benoit Côté explique que la toxicomanie complique le tout, la promiscuité de la ségrégation d’une prison n’aide pas non plus. Un cercle vicieux, quoi!

Un dialogue s’impose donc. Je souscris au vœu de Benoît Côté de voir les ministres de la Santé — lequel n’octroie que seulement 6 % de son budget à la santé mentale! — et de la Sécurité publique entamer un tel conciliabule. Ne serait-ce que pour donner l’exemple aux itinérants potentiels.

Notre rythme de vie, issu d’une forte pression sociale et régie par un sens certain du productivisme, est aliénant. 

La répression carcérale l’est tout autant. Dans la pièce Huis Clos, Jean-Paul Sartre écrit : «L’enfer, c’est les autres!».

On ne le désapprouverait pas totalement!

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