L’auteure de ces lignes est consciente qu’il y a pénurie de personnel dans le système de santé. Elle ajoute qu’il est aussi reconnu que les troupes fuient dans le monde de la santé comme dans celui de l’éducation.

Santé et éducation: des solutions à la pénurie de personnel

Le 8 ou 9 août dernier, je suis devant mon téléviseur pour les nouvelles du jour. Des parents se disent inquiets pour la sécurité de leurs enfants : des briques se sont détachées du mur de l’école que leurs enfants fréquentent... Heureusement la Commission scolaire a réagi rapidement. Une clôture à quelques pieds du mur a été installée.

Mais notre ministre de l’Éducation n’a que ceci à dire : «Quand bien même on mettrait des milliards pour les écoles, nous ne trouverons pas de travailleurs.» Il est alors tout sourire et jette un regard de connivence à notre vice-première ministre. 

Odieux et laxiste! Un manque d’écoute flagrant vis-à-vis les citoyens! Ces parents ne réclamaient pas des milliards, ils réclamaient de la sécurité! J’aurais aimé que le ministre Sébastien Proulx se demande comment il peut aider les commissions scolaires à maintenir leurs écoles sécuritaires en attendant la fin de la pénurie de travailleurs.

Au printemps, j’ai entendu un discours semblable de la part de notre ministre de la Santé. On déplorait le manque de personnel dans le système de santé. «... Mais nous sommes en pénurie de personnel», a-t-il dit, sans sourire cependant... Un peu plus d’empathie, disons... Oui, il y a pénurie de personnel, c’est reconnu. C’est reconnu aussi que les troupes fuient dans le monde de la santé comme dans celui de l’éducation.

Mais... est-ce qu’on s’est demandé comment attirer et garder le personnel dans nos systèmes de santé et d’éducation, dans les CHSLD par exemple? ... Une préposée aux bénéficiaires m’a dit la semaine dernière qu’elle irait voir ailleurs pour du travail si on ne lui offrait pas plus d’heures de travail. Fin de semaine après fin de semaine, les préposés travaillent en sous-effectifs, des journées de 16 heures qui font fuir les employés et les mènent en congé de maladie. 

Le taux trop élevé de rotation des employés altère la qualité des services et des relations entre les travailleurs. Cela n’est pas sans nuire à la cohésion des équipes et sans avoir de répercussions sur la qualité de vie des résidents. Il me semble qu’il y aurait place à une plus grande stabilité au sein du personnel et, ce faisant, plus de sentiment de sécurité pour les employés et les résidents. Je dis bien «plus»... je ne demande pas des milliards...

Les troupes fuient. Les vaisseaux fuient. Où sont les Capitaines? ...

Les restaurateurs du Québec ont cherché et adopté des solutions pour attirer et garder leur personnel. En voici quelques exemples : les patrons d’un restaurant ont augmenté les salaires des employés de deux dollars l’heure et offert à ceux qui le désirent la possibilité de travailler quatre jours par semaine plutôt que cinq. Un autre dit qu’il est important de toujours s’assurer que les cuisiniers aient des horaires qui respectent un peu le milieu familial. Un autre signale l’importance d’avoir des choses en place qui vont faire que les travailleurs soient bien dans leur travail et que l’on s’adapte à la nouvelle génération qui priorise son bien-être tout en s’assurant du bon fonctionnement des institutions.

Pourquoi ne pas s’en inspirer? ...

Rolande Côté, retraitée de l’enseignement et bénévole dans un CHSLD, Saint-Henri-de-Lévis