ne pétition rassemblant plus de 600 signatures pour la sauvegarde de l’express 295 démontre son importance pour les résidents de Saint-Augustin-de-Desmaures, selon notre lectrice.

RTC : trois heures de déplacement par jour

POINT DE VUE / Lettre au président du RTC, en réaction aux nouveaux parcours d’autobus dans le secteur Saint-Augustin-de-Desmaures, prévus dès le 17 août et impliquant l’abolition de l’express 295.

À l’été 2017, j’ai fait un saut vertigineux : de résidente de Saint-Augustin-de-Desmaures propriétaire d’une voiture, je suis devenue résidente de Saint-Augustin-de-Desmaures sans voiture et utilisatrice du RTC à temps plein. Par choix écologique. Même si je travaille à Beauport. Même si je suis mère de famille. Même si j’ai eu peur longtemps de regretter la voiture si pratique que je délaisse pour la première fois en plus de 20 ans. Et même si mes déplacements quotidiens pour me rendre au travail passent de 45 minutes en voiture à deux heures et demie en bus.

J’ai aussi convaincu deux autres membres de ma famille de devenir utilisateurs réguliers du RTC, et il ne me reste qu’à initier le plus jeune pour que nous soyons quatre abonnés, dont trois dépendant quotidiennement de l’express 295. Le but est simple : que la voiture de mon conjoint, seul véhicule de la famille, reste le plus souvent possible stationnée devant la maison.

Malheureusement, le RTC nous annonce l’abolition de l’express 295. Sur le site Internet du RTC, on peut lire que le 295 deviendra «superflu» dès le 17 août. Une pétition rassemblant plus de 600 signatures pour la sauvegarde du 295 démontre pourtant l’importance de l’enjeu pour les résidents de Saint-Augustin-de-Desmaures. En mars dernier, je vous adressais une lettre, restée sans réponse de votre part. Dans le but de me rassurer, une dévouée représentante du service à la clientèle m’a détaillé par courriel un exemple d’itinéraire futur pour me rendre au travail aux bonnes heures. Résultat : je devrai quitter la maison 20 minutes plus tôt le matin (à 6h20!) et serai de retour chez moi 10 minutes plus tard, ce qui porte à trois heures mon temps de déplacement quotidien. En passant, si on m’avait offert un emploi à Trois-Rivières, je l’aurais refusé pour des raisons familiales. Mais voilà que ma situation s’apparentera sous peu à un aller-retour quotidien entre mon domicile et Trois-Rivières. En faisant le choix de ne plus avoir de voiture, j’étais consciente que des défis m’attendaient, que ma détermination serait parfois éprouvée. Par contre, jamais je ne me suis doutée que le principal obstacle à mon engagement écologique serait le RTC lui-même!

Monsieur Normand, lors de l’assemblée de votre C. A. le 29 mai, je vous ai posé la question suivante : me recommandez-vous de m’adapter à faire trois heures de bus par jour ou plutôt de me racheter une voiture? Vous étiez sans réponse. Je vous concède qu’il s’agissait d’une question sans issue. Mais voyez-vous, ma situation est justement sans issue sauf au prix d’une adaptation démesurée.

À cette même assemblée, vous avez répété à 60 résidents mécontents qu’il fallait essayer vos nouveaux parcours durant trois mois avant de conclure en une diminution de services. Remarquez que cette période d’«essai» débutera en même temps que la rentrée scolaire et tous ses défis organisationnels au sein des familles. Dois-je vous rappeler que l’organisation familiale est un équilibre parfois précaire obtenu au fil du temps, d’ajustements et de sacrifices? Aurez-vous raison de ma détermination?

Je vous invite à prendre des nouvelles de moi en novembre prochain. Je vous dirai alors si j’ai tenu le coup avec mes convictions écologiques ou si je suis devenue la triste propriétaire d’une voiture.