«Pour les élèves vivant des difficultés scolaires et ceux qui ont des troubles de l’apprentissage, ainsi que pour les élèves de première secondaire qui feront leurs débuts au secondaire après une fin d’année scolaire chaotique en sixième année, le besoin d’être en classe est souvent plus important», écrit David Bowles, président de la Fédération des établissements d’enseignement privé.
«Pour les élèves vivant des difficultés scolaires et ceux qui ont des troubles de l’apprentissage, ainsi que pour les élèves de première secondaire qui feront leurs débuts au secondaire après une fin d’année scolaire chaotique en sixième année, le besoin d’être en classe est souvent plus important», écrit David Bowles, président de la Fédération des établissements d’enseignement privé.

Retour en classe pour les élèves du secondaire: faisons confiance aux équipes-écoles

POINT DE VUE / La Fédération des établissements d’enseignement privés croit qu’il serait à l’avantage des jeunes du Québec de permettre aux milieux de mettre en œuvre des scénarios flexibles de retour à l’école dès que possible pour les élèves du secondaire, tout en respectant les exigences de la Direction de la santé publique.

Nous sommes d’avis que pour le bien de la réussite éducative et de la persévérance scolaire de nos jeunes du secondaire après une absence de l’école de plus de cinq mois, il est souhaitable que les écoles puissent adapter leurs modes de fonctionnement à leurs réalités et à celles de leurs élèves.

Des écoles sont en mesure de mettre en œuvre des modèles flexibles où les élèves pourraient bénéficier d’une présence en classe pour un certain nombre de journées, tout en bénéficiant d’un enseignement à distance le reste de la semaine.

D’autres écoles pourraient demander seulement à certains élèves d’être présents en classe, alors que les autres élèves recevraient de l’enseignement à distance. Pour les élèves vivant des difficultés scolaires et ceux qui ont des troubles de l’apprentissage, ainsi que pour les élèves de première secondaire qui feront leurs débuts au secondaire après une fin d’année scolaire chaotique en sixième année, le besoin d’être en classe est souvent plus important.

Rappelons que dans les écoles secondaires privées québécoises, plus de 18 % des élèves ont un plan d’intervention et ont besoin d’un accompagnement plus soutenu qui peut plus difficilement se faire à distance. Les recherches en éducation concluent de façon quasi unanime que le facteur le plus important de réussite des élèves est le lien affectif qu’ils développent avec leurs enseignants, ce qui est communément appelé l’effet enseignant. Ces mêmes recherches font état du fait qu’une longue pause scolaire est nocive pour la réussite des élèves.

Ces deux facteurs sont encore plus vrais pour les élèves en difficulté scolaire. Il est donc essentiel de ne pas prolonger encore davantage les impacts nuisibles de la crise de la COVID-19 sur la réussite et la persévérance de nos jeunes et, dans la mesure du possible, de trouver la solution optimale propre à chaque milieu pour assurer le bien-être et la réussite des élèves. Les écoles privées ont expérimenté depuis la mi-mars différentes formules d’enseignement à distance. Nous croyons, bien humblement, l’avoir fait de façon efficace, innovante et rigoureuse. Nous pouvons en retenir certains constats, dont l’importance absolument capitale que les enseignants puissent établir un lien avec les élèves et les accompagner directement, même dans un modèle d’enseignement à distance.

Par contre, l’ayant vécu depuis déjà plus de deux mois, nous sommes d’avis que pour les élèves du secondaire, tout particulièrement pour les élèves en difficulté qui pourraient se sentir démotivés et tentés de décrocher, il est primordial qu’ils puissent bénéficier d’un accompagnement direct, en personne, autant que cela est possible. S’il n’est pas possible en septembre d’accueillir tous les élèves à l’école en même temps, il faut nous permettre de mettre en œuvre des modèles flexibles. Cela est réalisable et plus que souhaitable. Il ne faut pas que cette crise sanitaire devienne une crise éducative et entraîne un taux élevé de décrochage. Cela serait, à notre avis, complètement inacceptable.